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Le phénomène des mini-maisons

«Tout doit avoir deux fonctions dans une micro-maison,... (photo Alain Dion)

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«Tout doit avoir deux fonctions dans une micro-maison, explique Martin Bisson, propriétaire de Lumbec, qui a construit un prototype de micro-maison. Tout est pensé pour sauver plus d'espace.» Il faisait visiter le prototype de micro-maison de son entreprise avec Nathalie Rodrigue, directrice marketing et développement des affaires, lors de la Foire sur l'environnement et l'écohabitation, ce week-end à Brome.

photo Alain Dion

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Brome) Qui n'a pas déjà regardé avec étonnement les photos de mini-maisons partagées presque quotidiennement sur les réseaux sociaux? Véritable mouvement, les mini-maisons suscitent de plus en plus l'intérêt des Québécois. Mais c'est bien beau rêver d'une petite maison chaleureuse, encore faut-il pouvoir en construire une et s'y installer en conformité avec les règlements municipaux et le code du bâtiment.

En bas de 500 pieds carrés, on peut parler de mini-maisons. Les micro-maisons sont encore plus petites. Celle présentée par l'entreprise de Gatineau Lumbec à la Foire de l'environnement et de l'écohabitation ce week-end à Brome est sur roue et rencontre les normes pour passer sous les viaducs et ponts. Par contre, elle tombe entre deux chaises règlementaires.

«Il n'y a pas de normes au Canada, c'est un peu ça le problème, constate Martin Bisson, propriétaire de Lumbec. Ce n'est pas une maison mobile, parce que ça ne rencontre pas les normes d'une maison mobile, ce n'est pas une maison parce que ça ne rencontre pas le code national du bâtiment et ce n'est pas une roulotte parce que ce n'est pas certifié comme une roulotte. La micro-maison sur roues n'a pas d'entité légale encore. Ça n'existe pas, c'est comme un produit artisanal.»

Pour le constructeur, c'est compliqué, notamment en matière de responsabilité civile. Les assureurs n'ont pas cette catégorie, mais peuvent s'arranger avec des explications. Pour les acheteurs de ces habitations de taille modeste, il s'agit aussi d'un casse-tête en matière de zonage, par exemple.

«Mettons que tu la mets sur une terre agricole, tu ne te feras pas achaler. T'as le droit de stationner une roulotte dans ton arrière-cour, mais tu n'as pas le droit de l'habiter. C'est un marché encore en développement, ce n'est pas encore permis à beaucoup d'endroits. Il y a certains terrains de camping qui les toléraient, mais ils sont fermés l'hiver. Les municipalités vont tranquillement s'adapter, mais selon les demandes», estime M. Bisson.

Densifier le territoire

C'est le cas de la Ville d'Ottawa, qui fait une consultation publique pour changer son règlement et permettre une deuxième unité d'habitation sur un lot. Le propriétaire d'une maison et de son terrain pourrait donc construire dans sa cour une habitation de 550 pieds carrés et moins.

La municipalité demande les commentaires de ses citoyens par formulaire pendant un mois. Le changement au règlement lui permettrait d'être conforme aux exigences de l'Ontario, qui exige que les municipalités permettent les logements secondaires, peu importe leur forme.

Une bonne manière de densifier son territoire, croit M. Bisson. «C'est facile densifier le territoire. Tu mets une tour, mais c'est assez agressif pour les gens autour. Si tu commences à mettre des deuxièmes unités d'habitation, tranquillement tu densifies ton territoire. On a souvent l'impression que pour densifier il faut aller en hauteur, mais en fait, il faut occuper le territoire intelligemment.»

La municipalité de Lantier, dans les Laurentides, a déjà progressé en la matière et permet la construction de maisons, dont la superficie est de 350 pieds carrés et plus, et des développeurs voudraient faire accepter les micro-maisons sur roues.

Un mode de vie

M. Bisson reçoit environ 600 visites par mois sur le site web de son entreprise pour les constructions autres que les micro-maisons. Pour ce volet uniquement, on parle de 7000 visites par mois. Présent aussi au festival des mini-maisons de Lantier, il raconte que les gens faisaient la file pendant plus d'une heure pour visiter le prototype de son entreprise.

«C'est une explosion d'intérêt. C'est un mouvement. Aux États-Unis, ça existe depuis 2008. C'est un mode de vie. Quand tu habites dans 150 pieds carrés, tu changes tes habitudes. L'idée c'est de dire que je vis avec l'espace que j'ai besoin.»

Si le prototype présenté à Brome ce week-end était petit, il était toutefois bien organisé. Banquette, table, comptoirs et nécessaire de cuisine, toilette et douche sont aménagés au premier plancher, tandis que la mezzanine accueille le lit et un meuble de rangement.

«Tout doit avoir deux fonctions dans une micro-maison, confie Martin Bisson. Tout est pensé pour sauver plus d'espace.» C'est pourquoi la porte du panneau électrique est aussi un espace à épices, et le miroir à côté de l'évier s'ouvre à l'envers pour permettre à la personne qui sort de la douche de se préparer, en travers de la porte, par exemple.

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