La propriétaire d'une usine à chiots écope de 26 000 $ d'amendes

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Les P'tites pattes poilues, à Bonsecours, a fait l'objet d'une des plus grosses saisies au Québec en mai 2014.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) L'une des plus grosses saisies au Québec réalisées l'an dernier dans une usine à chiots de Bonsecours a connu son dénouement, hier au palais de justice de Cowansville. Joyce Powers Veilleux, propriétaire des P'tites pattes poilues, a été condamnée à des amendes totalisant 26 000 $, assorties d'une interdiction de posséder des chiens pour les 60 prochaines années, outre les trois qu'elle a déjà.

«C'est un jugement sans précédent. Mais il ne faut pas se le cacher, c'est une loi (P-42 sur la protection sanitaire des animaux) relativement récente, alors il n'y a pas eu beaucoup de jugements encore», a affirmé hier l'avocat de Mme Powers Veilleux, Me Jocelyn Belisle de Waterloo.

Sa cliente faisait face à 19 chefs d'accusation. Une vingtaine de chats et plus de 200 chiens, dont plusieurs femelles gestantes, avaient été trouvés à l'intérieur d'une grange dans des conditions de négligence générale sur sa propriété. Les lieux ne respectaient pas les normes prévues au Règlement sur la sécurité et le bien-être des chiens et des chats.

La propriétaire des P'tites pattes poilues avait à l'origine plaidé non coupable. Mais elle s'est ravisée et a finalement enregistré un plaidoyer de culpabilité. «Il n'y a pas eu de procès. Ma cliente, après avoir analysé la preuve, assez lourde, a décidé de minimiser les dommages et a plaidé coupable», explique Me Belisle.

Joyce Powers Veilleux s'exposait à des amendes qui auraient pu grimper jusqu'à 75 000 $. L'entente conclue avec la procureure de la Couronne, Me Julie Langlois, a été entérinée hier par la juge Monique Perron de la chambre pénale de la Cour du Québec.

Sans précédent

«C'est une première au Québec. C'est extraordinaire! Il n'y a pas d'autres mots. C'est du jamais vu», s'est pour sa part réjoui hier le directeur général de la Société protectrice des animaux (SPA) des Cantons, Carl Girard.

Ce dernier n'a pas été impliqué dans le dossier. La saisie avait été réalisée en mai 2014 par la SPA Estrie, en collaboration avec le MAPAQ, l'organisme Humane society International et la Sûreté du Québec.

Mais il n'en a pas moins suivi la cause. Hier matin, M. Girard était au palais de justice de Cowansville pour connaître le dénouement.

L'imposition d'une amende de 26 000 $ l'a laissé sans voix. «Je m'attendais à une amende de 3000 $, 4000 $. Là, 26 000 $, c'est du jamais vu. Pour une fois, c'est dissuasif. Avant ça, avec une peine de 1500 $, 2000 $, les gens vendaient trois ou quatre chiens et l'amende était payée. À 26 000 $, ce n'est plus la même chose. On ne peut pas demander mieux», affirme Carl Girard.

Pour ceux qui oeuvrent à la protection des animaux, c'est «toute une tape dans le dos», lance le DG de la SPA des Cantons. «Enfin, on voit que les gens sont condamnés à des peines qui ont du bon sens. C'est pris au sérieux», ajoute Carl Girard.

Ébranlée

Il a été impossible hier de parler à Joyce Powers Veilleux. Celle-ci est «très ébranlée par la situation», affirme son avocat.

«Sans excuser son geste, et ça serait malhonnête de dire que ça justifie toute la situation, mais ma cliente a été un peu victime de son bon coeur», dit Me Jocelyn Belisle.

Selon lui, Mme Powers Veilleux a accueilli plusieurs animaux qui lui étaient confiés parce que leurs propriétaires refusaient de payer des frais de vétérinaire ou auprès de la SPA.

«Souvent, les animaux étaient dans un état déplorable. Elle les accueillait. Mais elle était toute seule pour s'en occuper. Et il est arrivé ce qui est arrivé», conclut Me Belisle.

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