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Un groupe réclame la création d'un point de service pour la pratique des sages-femmes dans la région

Julie Couture, une sage-femme originaire de Granby, milite... (photo Janick Marois)

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Julie Couture, une sage-femme originaire de Granby, milite pour l'implantation d'un point de service afin de desservir la population de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi.

photo Janick Marois

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Les deux maisons de naissance les plus près des territoires de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi sont situées à Sherbrooke puis à Richelieu. De quoi décourager plusieurs couples d'ici d'opter pour cette pratique. Une pétition vient donc d'être lancée afin d'obtenir un point de service dans la région.

«La demande pour accoucher avec une sage-femme est bien présente à Granby et dans les environs. Mais on veut pouvoir quantifier tout ça en ayant le support du plus de gens possible pour pouvoir implanter des services sur le territoire», indique Caroline Jacob, l'instigatrice de la pétition, qui souhaite elle-même étudier dans ce domaine.

La démarche est chapeautée par le Regroupement Les sages-femmes du Québec. L'objectif est d'amasser 3500 signatures d'ici 2016. Le document final sera ensuite remis à la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie, Patricia Gauthier.

Julie Couture, une sage-femme originaire de Granby, milite également pour l'essor de cette pratique dans la région. Selon elle, l'inertie bureaucratique a fait en sorte que la population de la Haute-Yamaska n'a pas eu droit à une maison de naissance.

«Granby a été une des premières villes à demander une maison de naissance. Mais il faut croire que les astres n'étaient pas alignés. Pourtant, tout est en place pour que ça fonctionne. Les gens veulent ce genre de service et on a deux hôpitaux à proximité (BMP et CHG). Mais il ne faut pas rêver en couleur. C'est un établissement qui coûte plus d'un million de dollars à construire. Alors dans le contexte actuel, on voudrait au moins que les femmes enceintes n'aient pas à rouler des kilomètres pour avoir un suivi et pour accoucher», explique-t-elle.

Tabous et méconnaissance

Bien que la pratique des sages-femmes connaisse un certain essor depuis quelques années, des tabous demeurent bien enracinés, constate Julie Couture.

«Quand je parle avec les gens de ce que je fais dans la vie, plusieurs avouent qu'ils en savent très peu à propos des sages-femmes. Ils ne sont pas au courant que l'on est régi par un ordre professionnel (Ordre des sages-femmes du Québec). Qu'on a une formation universitaire de quatre ans et demi. Et on privilégie l'accouchement naturel, mais si une femme veut avoir une anesthésie péridurale en cours de route, ça peut se faire. La personne demeure au coeur de nos priorités du début à la fin du processus.»

«Alors je crois que la pétition peut aussi aider à ce que la population considère les sages-femmes comme une option dans le système de santé», fait valoir celle qui est affiliée à la maison de naissance de Richelieu, ouverte en octobre 2012.

En fait, celles qui ont recours à une sage-femme ont plusieurs options. Elles peuvent entre autres accoucher à domicile ou à l'hôpital. Toutefois, selon Mme Couture, près des trois quarts des futures mères choisissent la maison de naissance. La jeune professionnelle souligne que les sages-femmes aident à «désengorger» le système de santé.

Par contre, les imposteurs sont aussi nombreux à brouiller les cartes, fait remarquer Mme Couture. «J'ai entendu parler de plusieurs personnes approchées par des gens qui se disaient sage-femme, mais qui ne font pas partie de l'Ordre. Pourtant, c'est impossible. Alors, la prudence est de mise.»

Ouverture

Johanne Fleurant, directrice adjointe des programmes jeunesse au CIUSSS, a confirmé à La Voix de l'Est que des discussions ont récemment été amorcées avec des membres du Regroupement Les sages-femmes du Québec au sujet d'un éventuel point de service dans la région.

«Définitivement, il y a une ouverture à ce que les femmes qui souhaitent accoucher avec une sage-femme puissent le faire sur notre territoire», a-t-elle mentionné, citant en exemple le «cadre de référence pour le déploiement des services de sage-femme au Québec».

Le document émis par Québec en mars dernier stipule que d'ici 2019, 10% des Québécoises pourront recevoir un suivi périnatal et être assistées par une sage-femme. Selon Mme Fleurant, cette cible est déjà atteinte en Estrie. Ainsi, 306 accouchements ont été réalisés par les 11 sages-femmes affiliées à la maison de naissance du territoire (60% dans l'établissement, 20% à domicile et 20% en centre hospitalier.)

La récente fusion des CSSS La Pommeraie et de la Haute-Yamaska à l'Estrie a toutefois changé la donne. «Les chiffres [des naissances] vont changer, alors nous devons réévaluer les données pour avoir un portrait de la situation», a fait valoir Mme Fleurant. Depuis avril, une dizaine de personnes de la région ont fait une demande au CIUSSS pour avoir recours aux services d'une sage-femme.

Pour de plus amples renseignements au sujet de la pétition, il suffit de consulter l'adresse suivante sur internet: secure.avaaz.org/fr/petition/Des_services_de_sagefemme_pour_la_Haute Yamaska_et_BromeMissisquoi_Presidente_Directrice_Generale_du_CIUSSS_de_lEstrie

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