Le maire Pascal Bonin n'appuie pas le pacte fiscal

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«(...) Les villes vont porter l'odieux pour aller chercher l'argent d'une façon ou d'une autre», estime le maire de Granby, Pascal Bonin.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le maire de Granby, Pascal Bonin, n'appuie pas le pacte fiscal qui a reçu l'aval de 80% des maires membres de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), réunis mercredi en assemblée générale extraordinaire.

«Je me considère au service des citoyens. Et je pense que les citoyens du Québec ont laissé 300 millions$ sur la table. Je ne vois pas ce qu'ils ont gagné», a commenté hier le maire Bonin.

À l'origine, celui-ci devait lui aussi se rendre à Lévis pour prendre part à la rencontre de l'UMQ, mais il a choisi d'assister à un colloque de Vélo Québec, tenu à Montréal, sur les villes actives. «Dans le fond, si je ne suis pas allé à Québec, c'est parce que je considérais que le sort en était déjà jeté», reconnaît-il.

Le pacte fiscal présenté à l'UMQ prévoit des coupes récurrentes annuelles de 300 millions$. En contrepartie, les municipalités ont notamment la possibilité de décréter les conditions de travail de leurs employés dans certaines circonstances, rapporte La Presse Canadienne.

«Les maires ont hérité du pouvoir ultime de négociation. Mais je ne suis pas sûr que ce n'est pas plutôt l'odieux ultime. Ce n'est pas comme ça que j'aime travailler avec mes employés. J'aime mieux m'entendre avec eux. Et pour la majorité des conventions collectives, ça va bien», relève Pascal Bonin.

Les nouvelles dispositions du pacte fiscal pourraient cependant trouver écho auprès du maire, alors qu'il sort à peine d'un long processus d'arbitrage avec les policiers de la Ville et qu'il doit déjà se rasseoir avec eux pour négocier leur convention collective pour les années 2014 à 2016. Mais Pascal Bonin refuse de s'avancer sur ce point. «On ne sait pas si ça va s'appliquer aux policiers», souligne-t-il, préférant ne pas aborder ce dossier.

Projets perdus

Le maire affirme que Granby est une des seules villes qui ne s'est pas «servie de ses employés comme chair à canon pour libérer des sommes budgétaires», à la suite des compressions de 300 millions$ exercées dans le milieu municipal en 2015.

«Bien au contraire, lance Pascal Bonin. J'ai travaillé en équipe avec les employés. Il n'y a pas eu d'embauche, mais il n'y en a pas un (employé) qui a perdu son emploi.»

Le maire déplore que le débat éclipse un fait important à ses yeux. «Les gens ont oublié que les 300 millions$, c'étaient pour des projets communautaires, culturels et d'infrastructures. On ne les aura plus. Les villes vont porter l'odieux pour aller chercher l'argent d'une façon ou d'une autre», dit-il.

À Granby, les coupes annuelles avalisées par les maires de l'UMQ représentent un trou de 1 million$ dans le budget. «La Ville vient de perdre 4 millions$ sur quatre ans. Ce sont des projets que les gens ne verront pas, à moins que j'aille retaxer ou diminuer les conditions des employés», laisse-t-il tomber.

Tourner la page

Cela dit, même s'il affirme sans détour qu'il n'aurait pas voté en faveur du pacte fiscal proposé par le gouvernement du Québec, le maire Bonin déclare ne pas vouloir «faire de crise». «Je suis payé par les citoyens pour développer la ville et c'est ce que je vais faire, plutôt que de haïr le gouvernement et ruer dans les brancards. Je tourne la page et je continue de faire ce qui est important», laisse-t-il tomber.

Pascal Bonin affirme se considérer, dans les circonstances, «plus pro-citoyens» que «pro-maires».

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