Un vent de changement sur l'Église

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On voit ici Mgr Lapierre en compagnie de la responsable des communications du diocèse de Saint-Hyacinthe, Catherine Marcoux.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Alors que le pape François amorce la dernière ligne droite d'un voyage inédit aux États-Unis, l'évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, se dit interpellé par le «vent de changement» insufflé par le souverain pontife.

«En choisissant un nouveau nom, ça indique un tournant. Ça montre [que le pape] souhaite apporter un certain changement», avait indiqué à La Voix de l'Est Mgr Lapierre lors de l'élection de l'Argentin Jorge Mario Bergoglio en mars 2013. L'évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe croit plus que jamais que le Saint-Père est un homme «visionnaire». «Je trouve le pape François courageux. Il est certain qu'il veut faire tomber le mur entre les riches et les pauvres, tout en privilégiant une économie de solidarité. Il parle aussi d'écologie intégrale. Il a une vision globale sur plusieurs enjeux importants de notre société», a-t-il indiqué en entrevue, citant en exemple le rôle qu'a joué le chef du Vatican dans les rapprochements entre Cuba et les États-Unis.

À ce propos, Mgr Lapierre estime que la première visite du Saint-Père en sol américain depuis son élection marquera une page d'histoire. Rappelons qu'après son passage au coeur de l'État cubain, le pape François a rencontré le président Obama à Washington, mardi. Il doit s'adresser aux deux chambres du Congrès, aujourd'hui, à la Maison-Blanche. Puis, il doit faire une allocution devant l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) à New York, demain. «C'est un pape rassembleur, énergique. Il veut définitivement faire bouger les choses dans plusieurs sphères», a mentionné l'évêque.

Divergence

Durant sa visite aux États-Unis, le pape a démontré de façon explicite qu'il souhaite demeurer «près du peuple». Le fait de se déplacer pour l'occasion dans une petite voiture de marque Fiat est un exemple frappant. Bien qu'il approuve la vision de son supérieur, Mgr Lapierre a souligné que les prises de position et les gestes que pose l'homme ne font pas l'unanimité. «[Le comportement du pape] choque certaines personnes. Des gens se demandent ce qu'il veut prouver. Vous savez, il y a des gens qui ont une vision trop pieuse de la foi, même à l'intérieur de l'Église. Je crois qu'il cherche simplement à être cohérent, conséquent. Mais c'est évident qu'il est capable de brasser.»

Ouverture

Selon Mgr Lapierre, la volonté du pape d'alléger le processus «d'annulation» d'un mariage catholique pour en célébrer un nouveau n'est qu'un aperçu des changements qui s'opèrent au Vatican. «Malheureusement, beaucoup de gens ont pris une distance avec l'Église [à cause de règles strictes]. Le pape veut mettre l'accent sur la miséricorde. Il ne faut pas que les personnes aient l'impression de se lancer dans un procès où on accuse [l'ex-conjoint] pour se libérer d'une union qui n'a pas fonctionné», a-t-il mentionné.

En fait, les textes juridiques présentés récemment par le pape François prévoient que la procédure d'attestation de nullité d'un mariage catholique sera simplifiée. Auparavant, un tribunal de première instance devait trancher. «Dans le processus abrégé, l'évêque diocésain décidera si un mariage n'est plus valide», a précisé Mgr Lapierre, qui voit d'un bon oeil cette nouvelle norme dans son ensemble. Le souverain pontife compte également introduire la gratuité de la démarche, question de la rendre encore plus accessible.

L'Église... et les femmes

Le pape François est-il favorable à ce que des femmes accèdent à de plus grandes responsabilités au sein de l'Église catholique, notamment en étant ordonnées prêtres? Sans vouloir se prononcer trop avant, Mgr Lapierre s'est dit convaincu que Jorge Mario Bergoglio ne veut pas d'une Église «coulée dans le béton». «Définitivement, le pape désire qu'il y ait une plus grande participation des femmes [dans l'Église]. C'est un modèle en évolution, a-t-il dit. La vérité ne nous est pas tombée sur la tête. Évidemment, il y a une grande tradition et on ne veut pas que ça devienne du "n'importe quoi". Les gens ont un grand besoin de spiritualité, de sens à la vie. Il ne s'agit pas de rêver d'une Église toute puissante, mais je crois qu'on peut apporter une contribution à la société.»

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