Il était une fois... Palmer Cox et les Brownies

Marie-Christine Bonneau et Cecilia Capocchi devant quelques pièces... (photo Janick Marois)

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Marie-Christine Bonneau et Cecilia Capocchi devant quelques pièces de l'exposition Palmer Cox et les Brownies.

photo Janick Marois

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Les brownies ne sont pas que d'appétissantes pâtisseries. Ce sont aussi - et surtout - les petits personnages popularisés par le plus illustre des Granbyens, Palmer Cox. Des passionnés d'histoire viennent enfin de dépoussiérer l'oeuvre de cet artiste prolifique et de ses Brownies, qui ont fait la pluie et le beau temps en Amérique du Nord au tournant du 20e siècle. Résultat: une exposition permanente et gratuite présentée dans les locaux de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska.

Pour de nombreux Granbyens, Palmer Cox est d'abord associé au Château Brownie - avec sa tour octogonale distinctive -, qu'il a fait construire en 1906 et qui s'élève encore aujourd'hui dans la rue Elgin. Bien peu, cependant, connaissent l'ampleur de la notoriété du personnage au Canada, aux États-Unis et même en Europe.

L'équipe de la Société d'histoire a voulu remédier à la situation, en élaborant cette exposition intitulée simplement Palmer Cox et les Brownies. «C'est une belle collection, un trésor caché, qui méritait qu'on le sorte des boîtes. C'est bien de redonner à Palmer Cox la place qui lui revient», mentionne la technicienne en muséologie, Marie-Christine Bonneau, qui a réalisé l'exposition.

Sa collègue, l'historienne Cecilia Capocchi, est du même avis. «M. Cox est le Granbyen qui a fait le plus dans l'histoire de la ville. C'est un personnage vraiment intéressant qu'on voulait mettre en valeur.»

La dame a été à ce point fascinée par l'auteur/illustrateur qu'elle vient de publier Palmer Cox, les Brownies et l'Amérique qui aborde la vie de l'homme et s'attarde sur sa trentaine de petits farfadets. «J'ai commencé la recherche il y a deux ans. C'était un sujet très riche. Il s'agit du tout premier ouvrage écrit en français sur lui.»

L'idée de l'exposition était une suite logique à cette publication, laissent entendre les deux femmes, en soulignant la contribution de Johanne Rochon et de Mario Gendron dans l'aventure.

Au fil de la visite, on peut notamment y contempler des livres d'époque, des clichés de l'artiste chez lui et dans son atelier new-yorkais, ainsi que des dessins originaux.

L'histoire

Né en 1840 à Granby, Cox a vécu aux États-Unis de l'âge de 17 à 64 ans, avant de revenir dans sa ville natale où il est décédé à 84 ans. D'abord poète et caricaturiste, il migre ensuite vers la littérature jeunesse. En s'inspirant du folklore écossais, il crée les Brownies - de petites créatures «serviables, curieuses et maladroites», illustre Mme Capocchi - dont les aventures sont publiées dans des revues pour enfants.

Palmer Cox lui-même les décrivait ainsi: «Les Brownies ressemblent à des fées et à des farfadets; ce sont des petits êtres fabuleux taquins qui se délectent de gamineries inoffensives et de bonnes actions utiles. Ils se mettent à l'oeuvre et batifolent pendant que la maisonnée, lasse, dort. Ils ne se laissent jamais voir par les yeux des mortels.»

Leurs histoires sont ensuite regroupées dans des livres, publiés sous forme de poèmes en vers, écrits et illustrés par lui. Ces recueils ont été adaptés en plusieurs langues.

Cecilia Capocchi explique le succès des Brownies par leur côté amusant et leurs nombreuses péripéties, mais aussi par le volet pédagogique que Palmer Cox partageait dans ses histoires. «Même à cette époque, il mettait beaucoup l'accent sur les nouvelles technologies et l'activité physique.»

Comme Walt Disney

Bien avant l'ère Walt Disney, Palmer Cox a également été à l'origine de la «Browniemanie», incarnée par une multitude de produits dérivés à l'effigie des Brownies. Les visiteurs de l'exposition ont la chance de revoir certains de ces objets de collection, aussi variés que colorés. De la vaisselle, des savons, de la cire, des boîtes à café, des poupées, des tapis et même des cigares ont, un jour ou l'autre, porté l'image des Brownies, sans oublier les fameux appareils-photo Brownies vendus par Eastman-Kodak.

«À ma connaissance, c'était le premier cas de "merchandising" du genre en Amérique du Nord», constate Mme Capocchi.

Encore aujourd'hui, on trouve de nombreuses reliques des Brownies sur les sites de transactions virtuelles, parfois à prix fort.

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