Partir avant: le premier album «de jeune femme» de Rosie Valland

«Je suis inspirée par ce qui m'arrive. Je... (photo Jean-Philippe Sansfaçon)

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«Je suis inspirée par ce qui m'arrive. Je ne me pose aucune question quand j'écris, c'est incarné...», affirme Rosie Valland.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Rosie Valland a mûri depuis son passage à l'École nationale de la chanson et à la finale du Festival de la chanson de Granby en 2012. Il y a eu des spectacles à gauche et à droite, un mini-album éponyme, la sortie de la pièce Rebound et un passage remarqué aux Francouvertes plus tôt cette année. Mais depuis hier, Rosie porte bien haut son premier véritable opus, Partir avant, ou son «premier album de jeune femme», dixit elle-même.

«J'en suis vraiment fière, car il me ressemble. Je me sens bien, je me sens sur mon X, comme on dit. Ça sonne comme le début de quelque chose», confiait-elle cette semaine, à la veille de son  lancement montréalais.

À seulement 23 ans, il s'agit là d'une belle réussite. «Ça s'est fait de façon naturelle. J'ai pris mon temps, j'ai mis deux ans à me faire des repères à Montréal. Mais je savais que ça allait arriver. Et j'avais hâte à ce moment», dit celle qui a grandi à Saint-Césaire avant de déménager à Granby durant son adolescence.

«Ma mère habite toujours à Granby et je viens faire mon tour, car j'ai un sentiment d'appartenance face à la ville. Pour mon équilibre, j'ai besoin de l'étourdissement de Montréal et du calme de la région.»

L'appel de la guitare

C'est au piano que Rosie a fait son entrée à l'École de la chanson de Granby. Mais l'appel de la guitare s'est imposé, plus fort que tout. «J'ai commencé à gratouiller la guitare en autodidacte. Alors qu'au piano, je me restreins et je me juge plus, avec la guitare, j'étais complètement libre. Je revenais à mes influences premières (Cat Power, Feist). Je revenais dans mes souliers. C'est comme si je m'étais trouvée.»

Et en se trouvant, tout a coulé de source. La guitare a mené l'auteure-compositrice-interprète plus loin dans sa musique et son inspiration.

L'instrument l'a bien sûr accompagnée dans la création de Partir avant. «Je l'ai écrit l'été passé en deux mois. C'était comme une urgence, il fallait que ça sorte», raconte-t-elle.

Il faut dire que le contexte s'y prêtait. Rosie vivait alors une douloureuse rupture amoureuse; les mots et la musique ont alors fusé d'eux-mêmes. «C'est comme un dialogue qui n'a jamais eu lieu», glisse-t-elle.

Entre les quatre murs de sa chambre, les mélodies sont nées. «C'est ce que j'aime. Je remplis la pièce avec les sons. Je me berce en composant et ça me fait du bien.»

Quand on lui demande si le malheur l'inspire davantage que le bonheur, l'artiste apporte une nuance. «Je suis inspirée par ce qui m'arrive. Je ne me pose aucune question quand j'écris, c'est incarné... Et je suis encore super inspirée, maintenant que les choses vont bien!»

Encore une fois, c'est avec le musicien Jesse Mac Cormack qu'elle a fait équipe pour concrétiser Partir avant. De cet ami très cher qu'elle a rencontré à Granby, «en pleine rue», elle ne dit que du bien. «Il a changé ma vie, il m'a donné des outils. Sa rencontre a été pour moi un tournant.» Avec Jean-Philippe Levac (Pandaléon), qui apparaît aussi sur l'album, ils forment un trio tissé serré. «Entre nous, c'est de l'amitié pure. Pour la création, c'est nous trois», dit-elle.

100% musique

Rosie a toujours eu la musique dans le sang. Le piano, la guitare, la basse, la chanson, la composition... tout lui est venu de façon innée. Elle ne s'est jamais demandé ce qu'elle allait faire dans la vie; c'était une évidence. «Je viens d'une famille très artistique, mais je suis la première à en faire un métier. La musique c'est 100% de ma vie.»

Ce qui est aussi sûr à 100%, c'est que Rosie Valland a trouvé le son et le style qui lui ressemblent. «En fait, j'ai trouvé ce que je suis dans la vie. Mais j'ai envie d'être libre de faire autre chose si je veux.»

Elle a d'ailleurs un peu de difficulté avec les étiquettes qu'on appose aux musiciens. Elle préfère jouer «assez large», histoire de ne pas se mettre trop de barrières. Disons qu'elle décrit sa musique comme «pop alternative». «Ce n'est pas du folk... Et il y a des textures indie...», décrit-elle simplement.

Le résultat de tout cela est un bel album d'ambiance et d'émotions composé de neuf pièces. «J'en avais d'autres, mais je voulais un album homogène - sans être linéaire! - qui s'écoute bien. J'ai choisi des chansons qui fittaient bien ensemble. Certaines autres auraient brisé cet esprit», explique-t-elle.

Sa pièce préférée sur Partir avant? «Je les aime toutes, mais Oublier est la première que j'ai écrite. C'est elle qui m'a guidée vers le reste.»

Une tournée de lancement est prévue dans les prochaines semaines. En octobre et novembre, Rosie assurera la première partie de plusieurs spectacles d'Ariane Moffatt.

Et nous dans tout cela? Un spectacle est-il prévu dans la région bientôt? «C'est en discussion!»

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