Velan perd une vingtaine d'emplois à Granby

Velan a annoncé hier le licenciement de 110... (photo Alain Dion)

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Velan a annoncé hier le licenciement de 110 employés en Amérique du Nord, ce qui représente 5% de son effectif mondial. De ce nombre, au moins 21 postes seront coupés à l'usine de Granby.

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Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) L'usine granbyenne de Velan perd une vingtaine d'emplois. La crise du secteur pétrolier et gazier a fait mal à l'entreprise canadienne spécialisée dans la robinetterie industrielle.

La compagnie a annoncé hier le licenciement de 110 employés en Amérique du Nord, ce qui représente 5% de son effectif mondial. Environ 75% des réductions se feront à Montréal, 20% à Granby et le reste à Williston au Vermont.

La moitié des employés visés par cette restructuration sont syndiqués. Le plus gros coup survient dans la métropole, où le fabricant de valves industrielles et nucléaires transférera les activités de son usine la plus ancienne à celle adjacente au siège social de l'entreprise.

À Granby, 15 syndiqués et six employés occupant des postes administratifs seront mis à pied. Une décision rendue nécessaire par le ralentissement affectant le secteur pétrolier et gazier au niveau mondial, selon le président de Velan, Yves Leduc.

Comme plusieurs autres, l'entreprise fait ainsi les frais de la baisse des prix du pétrole dans un contexte où la concurrence devient encore plus féroce.

«C'est le gros facteur. Quand ça arrive, les gros projets, que ce soit de maintenance ou de nouvelles rafineries à être construites un peu partout dans le monde, sont soit reportés ou cancelés. On peut ajouter à ça un contexte économique global qui est faible en ce moment. Tout ça affecte nos commandes directement», a expliqué hier M. Leduc.

Des employés pourraient être rappelés

Quelques employés touchés par la restructuration prendront leur retraite tandis que d'autres sont mis à pied temporairement.

«Parmi les postes syndiqués, on ne sait pas encore exactement combien vont être affectés de façon permanente, mais il va y avoir des rappels après un certain temps. Ça va dépendre évidemment des commandes qu'on aura au cours des prochains mois», indique M. Leduc.

Ceux-ci risquent toutefois de patienter un bon moment avant de possiblement pouvoir retrouver leur emploi. «Je prends pour acquis que la fin de la période difficile n'est pas en vue, donc c'est n'est pas pour du court terme. On réduit nos effectifs, mais on va aussi réduire l'ensemble de nos dépenses. Il y a un plan qui va être mis en place», affirme M. Leduc.

Les coûts de la restructuration dévoilée hier sont estimés à 2,5 millions$ US, d'après M. Leduc qui a déjà occupé le poste de vice-président chez Bombardier Produits Récréatifs (BRP).

«Je pense que le message le plus important pour les employés, c'est qu'on travaille sur le futur. On a un environnement économique qui nous force à agir tout de suite, mais Velan a des grandes forces. C'est une industrie dans laquelle on veut continuer de bien se positionner.»

«On le voyait venir»

L'usine de Granby comptait 107 employés syndiqués et 52 postes administratifs avant les coupes annoncées hier. Des employés croisés hier à la sortie de l'usine ont avoué ne pas être surpris outre mesure, disant avoir vu venir le coup.

«On le savait que ça allait finir par arriver. Ça fait deux ans qu'ils nous en parlent. Ils ont étiré l'élastique, mais peut-être qu'ils s'attendaient à avoir des contrats qui ne sont pas rentrés. Quand il y a moins d'argent, il faut qu'ils coupent à quelque part», a indiqué un employé qui a préféré conserver l'anonymat.

Le président du syndicat de l'usine de Granby, Pierre Paquette, a tenu sensiblement le même discours. Il précise que la fabrication de valves industrielles a été transférée en Corée ces dernières années en raison de leurs coûts de production moins élevés.

En contrepartie, les installations granbyennes se spécialisent maintenant dans les valves sur mesure. Si celles-ci se vendent plus cher, l'entreprise en produit cependant beaucoup moins.

«On le voyait venir, dit-il. Si ça prenait dix assembleurs avant, aujourd'hui, ça nous en prend juste un. Ils n'ont jamais embarqué dans les mises à pied avant, mais c'est sûr que le temps était pour nous rattraper. On est aussi obligés de se battre plus avec le marché actuel du pétole.»

M. Paquette est rassuré de voir Velan tenter de relancer l'entreprise, mais s'inquiète un peu du fait que la restructuration débute avec des mises à pied.

«Ils ne peuvent pas nous faire de promesses pour le futur. Ils disent que c'est ça qui va sauver la compagnie. Si c'est pour garder le plus d'emplois possible, c'est sûr que le syndicat de Granby va accepter de travailler avec la compagnie», note-t-il.

«Ça commence là, mais s'ils ne se relancent pas et que les contrats continuent de se faire attendre, est-ce que ça va continuer comme ça? C'est sûr que ça rend le monde nerveux», conclut M. Paquette.

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