L'effet papillon

Porte-parole du festival pour une seconde année consécutive,... (photo Catherine Trudeau)

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Porte-parole du festival pour une seconde année consécutive, l'entomologiste Georges Brossard a offert une démonstration de chasse aux papillons fort animée.

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La Voix de l'Est

Près de 2000 personnes ont envahi le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) dans le cadre du 11e Festival du monarque de Granby. Si les organisateurs n'ont finalement «vendu» que 300 des 500 papillons prévus pour l'envolée d'hier après-midi, ils dressent néanmoins un bilan positif de l'événement.

«Avec la météo d'hier (samedi), on est très satisfaits des gens qu'on a eus», se réjouit la responsable de l'éducation au CINLB, Laurence Cavitte. Mme Cavitte n'était toutefois pas en mesure de chiffrer les retombées du rendez-vous familial, qui contribueront au financement du parc.

Chose certaine, le site était bondé au moment de l'envolée des monarques, point culminant du festival, hier en fin d'après-midi. Émerveillés, plusieurs enfants n'avaient pas de mots pour décrire leur expérience. Quant à lui, le jeune Elliott n'était pas pressé de laisser filer les deux papillons collés à sa main. «On dirait qu'ils s'aiment», a remarqué le garçon.

Porte-parole du festival pour la deuxième année de suite, le célèbre entomologiste Georges Brossard souhaite justement que les enfants soient en étroit contact avec le monde qui les entoure, à commencer par les insectes. «Parlez-leur de l'entomologie. Parlez-leur des insectes [...] Achetez-leur un filet», a lancé M. Brossard à l'assistance. L'achalandage a été soutenu tout le week-end devant le kiosque d'interprétation tenu par le coloré scientifique. David Marenger, le survivant du cancer qui a inspiré le film Le Papillon bleu de Léa Pool, participait aussi à l'événement.

Au terme d'une démonstration de chasse aux papillons fort animée, Georges Brossard est revenu sur la relation qui unit le monarque à l'asclépiade. Très présente dans la région, cette plante herbacée vivace sert maintenant d'emblème floral à la ville de Granby. «L'asclépiade, c'est la plante hôte du monarque. Pas d'asclépiade, pas de monarque. Pas de monarque, pas d'asclépiade. C'est une relation très fusionnelle», a-t-il résumé.

Une alternative croustillante

M. Brossard milite également pour l'inclusion d'insectes aux régimes alimentaires plus «traditionnels». Les propriétaires de La ferme d'insectes, à Frelighsburg, tenaient d'ailleurs une dégustation durant le festival.

«On pense que c'est l'alternative la plus écologique pour le moment. C'est (les grillons) une protéine plus complète que bien d'autres qu'on peut acheter à l'épicerie. Il y a énormément de fer et de calcium», explique Étienne Normandin.

Vincent Dumont a accepté de se prêter au jeu. «J'ai mangé les deux. Les biscuits et les grillons (entiers). C'est bon, c'est très salé», décrit le jeune Granbyen. Mis au défi, l'auteur de ces lignes a pu découvrir des textures pour le moins... croustillantes.

Puisque les insectes pollinisateurs jouent un rôle important dans la culture de plusieurs aliments, un «marché des papilles» formé de producteurs locaux a été aménagé sur le site. Hier après-midi, l'organisation du festival a inauguré le tout nouveau jardin à papillons de la Fondation TD des amis de l'environnement, situé à l'avant du pavillon principal du CINBL.

La veille, les visiteurs ont notamment pu circuler dans un parcours animé aménagé dans les sentiers du parc.

Le monarque n'est pas en danger

Contrairement à la croyance répandue, le Granbyen Dave Clermont soutient que le monarque n'est pas en danger de disparition. Plus grand producteur de papillons au pays, le propriétaire de la ferme Gaïa Nature, à Granby, reconnaît toutefois que des conditions météorologiques arides aux États-Unis ont considérablement affecté les populations de monarques en Amérique du Nord ces dernières années. Mais il ne faudrait pas s'alarmer pour autant.

«Une femelle pond 700 oeufs. Chez les insectes, la reproduction, c'est exponentiel. On peut donc rapidement revenir à des populations très appréciables», rappelle M. Clermont, qui est associé au Festival du monarque depuis ses débuts.

Dave Clermont s'est récemment associé au programme Monarch Watch, qui vise à étudier les comportements migratoires de l'espèce. Une petite étiquette indiquant leur origine granbyenne a donc été placée sur chacun des papillons relâchés hier après-midi.

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