Jeunes et politisés

Florence-Olivia Genesse et Maxime Grondin... (photo Janick Marois)

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Florence-Olivia Genesse et Maxime Grondin

photo Janick Marois

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

Qui a dit que les jeunes ne s'intéressaient pas à la sphère politique? Alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, La Voix de l'Est a interviewé quatre bénévoles qui n'ont pas franchi le cap de la mi-vingtaine et oeuvrent déjà au sein des principaux partis représentés dans la région. Voici un résumé de leur parcours et de leurs aspirations dans cet univers en constante effervescence.

Une question de valeurs

La politique fait partie de la vie d'Élizabeth Longpré depuis son enfance. La jeune Granbyenne décrit cet univers comme une façon différente de voir le monde, de le faire évoluer tous azimuts. «J'étais au primaire et déjà, dès qu'on ouvrait la télévision à la maison et qu'il était question de politique internationale, ça piquait ma curiosité. Je voulais en apprendre plus», se remémore-t-elle.

Le désir de comprendre les rouages derrière les organisations politiques s'est toutefois manifesté vers l'âge de 18 ans. La jeune femme amorçait alors une technique d'éducation à l'enfance au Cégep de Granby. «C'est en étudiant au niveau collégial que j'ai développé mon sens critique, dit-elle. J'ai aussi vu que j'avais les aptitudes pour aider un parti.»

Le grand saut

C'est par «pur hasard» que la néophyte a fait le grand saut. «Je faisais un peu de bénévolat pour le bureau de circonscription du NPD dans Shefford. J'accueillais les gens et j'aidais l'équipe dans toutes sortes de tâches. Un jour, j'ai décidé d'aller à l'assemblée annuelle du parti ici. On m'a proposé un poste de secrétaire et j'ai accepté sans hésiter», se souvient-elle.

Puis, la jeune femme a gravi les échelons. Si bien qu'elle agit à titre de présidente de l'association néo-démocrate dans Shefford depuis juin dernier.

Ouverture et authenticité

Dès qu'on lui demande pourquoi elle a choisi de s'investir au sein du NPD, Élizabeth répond du tac au tac que c'est «une question de valeurs». «Le NPD est une organisation très ouverte, qui prône un avenir plus juste et plus vert. Les candidats et les personnes élus qui en font partie sont authentiques. Ils veulent faire la différence dans la société, tout en ayant un pays plus prospère. Ce sont des choses qui me parlent, qui me motivent à continuer à m'investir», indique-t-elle.

Bien qu'elle souhaite faire carrière comme enseignante au primaire, Élizabeth compte poursuivre son cheminement au sein de l'organisation néo-démocrate dans Shefford «le plus longtemps possible».

«Toutes les rencontres que je fais grâce à mon implication en politique sont des atouts énormes pour le futur. Le NPD est un parti solide et je suis fière de contribuer à ma manière à ce que la population adhère à ses valeurs.» 

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Baigner dans l'univers politique

Bien qu'il n'ait pas encore franchi le cap de la mi-vingtaine, Marc-Antoine Morin a déjà passablement d'expérience dans le monde de la politique fédérale. En fait, il baigne dans cet univers depuis qu'il est tout jeune.

«Ma famille est très politisée. Mes parents m'ont toujours demandé de poser des réflexions politiques sur l'actualité. Je me souviens encore de la victoire de Diane St-Jacques sur la couverture de La Voix de l'Est [en 2000]», relate le Granbyen d'origine.

Il avait même décidé de faire le saut en militant auprès de l'association du Parti libéral du Canada de sa localité dans le cadre de la campagne de 2008. Il avait alors 16 ans. Ses plans sont toutefois demeurés vains, car l'organisation politique a refusé sa candidature. C'est en discutant avec le père d'un ami de classe au secondaire que ses allégeances politiques ont migré vers le Parti conservateur.

«Je me suis rendu compte que les valeurs conservatrices étaient plus proches de moi que celles du PLC, surtout au niveau de l'économie et de la gestion des finances publiques», raconte-t-il.

Un pas de plus

Celui qui oeuvre comme gestionnaire marketing dans le domaine pharmaceutique a donc renoué pour de bon avec la politique en 2012, en obtenant sa carte de membre du Parti conservateur. Il a ensuite été président de l'association conservatrice dans Shefford. Il agit désormais comme bénévole pour la campagne de la candidate de la circonscription, Sylvie Fontaine ainsi qu'auprès d'Alupa Clarke dans Beauport-Limoilou, car il réside maintenant à Québec.

Le jeune homme considère que faire partie de l'équipe conservatrice a façonné son parcours. «Peu importe notre background, le PCC est pleinement à l'écoute de ses membres. On sait lorsqu'on va en congrès avec d'autres associations, qu'on a un pouvoir réel dans les discussions internes du parti et on nous écoute vraiment», mentionne-t-il.

Le militant est d'avis que le cynisme des jeunes envers la politique tend à s'estomper peu à peu. «Avec internet et les réseaux sociaux, c'est beaucoup plus facile pour les jeunes de rejoindre le débat politique. C'est évident que ma génération est plus à l'écoute des actions politiques.»

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Carburer aux défis

Florence-Olivia Genesse est une jeune femme qui carbure aux défis. Pour celle qui étudie en relations internationales puis en arts libéraux à l'Université Bishop, la politique constitue un «atout majeur» dans son bagage de connaissances déjà bien garni.

La jeune Bromontoise a donc plongé dans l'univers de la politique fédérale il y a un peu plus d'un an et demi avec l'équipe du Parti libéral du Canada (PLC).

«Pour moi, la politique est un très bon véhicule de changement dans la société. Je suis impliquée auprès d'Oxfam depuis déjà quelques années. J'aime le contact humain, faire bouger les choses pour laisser une trace tangible dans le quotidien des gens. La politique peut sembler souvent abstraite, mais les retombées sont bien réelles», explique-t-elle.

Immersion

Au cours des derniers mois, Florence-Olivia a monté la barre d'un cran concernant son implication au sein du PLC. Elle agit maintenant à titre de vice-présidente de l'aile jeunesse du parti. Comme un défi n'arrive jamais seul, elle travaille également au sein de l'équipe de David Lametti, candidat du PLC dans la circonscription LaSalle-Émard-Verdun.

«Plus j'apprends à connaître le Parti libéral, plus j'ai la piqûre pour la politique. Je ne pensais jamais qu'il y avait autant de possibilités de faire la différence pour les jeunes dans ce monde. Je suis agréablement surprise», concède celle qui a poursuivi ses études en droit cet été à la célèbre institution Harvard.

Économie et environnement

Pourquoi avoir choisi le Parti libéral? «C'est une organisation qui rejoint directement mes valeurs. Et il faut avouer que Justin Trudeau, comme chef, il fait pour beaucoup, dit-elle. Il donne une voix aux jeunes. Il prône aussi une économie saine et la sauvegarde de l'environnement. C'est le meilleur des deux mondes pour la croissance du Canada et pour les générations à venir.»

Comptes-tu demeurer active au sein du PLC à long terme? «Je mène toujours plusieurs projets de front. Celui de la politique m'attire vraiment, mais je devrai peut-être faire un choix d'ici quelques années. Une chose est certaine, la politique restera toujours au coeur de ma vie.»

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Combattre le cynisme

Pour Maxime Grondin, la politique est en lien direct avec sa façon d'être, de penser. Il raconte que le «déclic» s'est fait alors qu'il était en quatrième secondaire. «À cette période, on parlait beaucoup du virus H1N1. C'est mon professeur qui m'a fait prendre conscience de l'importance des messages lancés à la population par les politiciens. De la portée que ça avait. À ce moment-là, ça m'a ouvert les yeux», mentionne-t-il.

Le jeune résidant de Saint-Césaire venait de choisir sa voie. Celui qui étudie au baccalauréat en politique appliquée à l'Université de Sherbrooke explique avoir saisi l'ampleur du ressac «qui guette les Québécois» si un coup de barre n'est pas donné pour contrer le cynisme de la population envers la sphère politique en général.

«Malheureusement, il y a un désintéressement des gens envers la politique depuis plusieurs années, dit-il. Notre société a construit un système démocratique et je constate qu'il est sous-utilisé. Alors je veux m'impliquer pour faire changer les choses.»

Terrain

Au-delà des notions apprises «sur les bancs d'école», Maxime souhaite accroître ses connaissances à propos de la sphère politique en étant sur le terrain, avec quelqu'un qui partage sa «vision». «Je suis souverainiste, alors ça allait de soi que le Bloc était la bonne organisation pour moi. Ça me rapproche de mes idéologies. Faire du Québec un pays, mais aussi avoir un système de droit plus performant et une sécurité pour les gens d'ici», fait-il valoir.

Ainsi, l'immersion du jeune homme dans les coulisses de la politique a commencé dès le lancement de la présente campagne électorale fédérale. Pour Maxime, il s'agit d'un «bon test» pour évaluer si son choix de carrière tient la route.

«Même si j'aime la politique, je ne pense pas que je me présenterais comme candidat aux élections. Mon idéal, ce serait de devenir attaché de presse. En ce moment, je suis Jocelyn Beaudoin [candidat du Bloc dans Shefford] dans ses déplacements. Je le présente aux gens et j'aide dans le local électoral. Je suis la preuve que les jeunes ne sont pas déconnectés de la politique.»

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