Cidre de glace du Québec: la nouvelle appellation IGP fait son apparition

Michel Jodoin, de Rougemont, est un des cidriculteurs... (photo Janick Marois)

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Michel Jodoin, de Rougemont, est un des cidriculteurs à pouvoir commercialiser ses cidres de glace sous la nouvelle appellation IGP (Indication géographique protégée).

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les premières bouteilles de cidre de glace à porter la nouvelle appellation IGP (Indication géographique protégée) commencent à peine à faire leur apparition sur le marché québécois qu'elles traverseront déjà l'océan à destination de la France. Michel Jodoin, de Rougemont, en enverra 50 caisses à Paris au cours des prochains jours.

«On peut commercialiser l'IGP depuis quelques jours. Et on avait déjà une commande à envoyer en France. Ça adonne qu'on va être les premiers à envoyer des bouteilles avec le timbre de l'appellation», s'est réjoui le cidriculteur hier.

Ce type d'appellation réservée, plus commune en Europe, est un vieux rêve de l'Association des cidriculteurs du Québec. Cela faisait plusieurs années qu'il était dans ses cartons. En décembre dernier, les IGP «Cidre de glace du Québec» et «Vin de glace du Québec» ont été reconnues par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Et le processus s'est enclenché.

«C'est une assurance pour les consommateurs que ces produits répondent aux normes d'un cahier de charges», a souligné Catherine St-Georges, coordonnatrice de l'association des cidriculteurs qui compte 55 membres. Selon elle, il s'agit d'une démarche volontaire à laquelle une dizaine de cidreries ont, pour le moment, soumis leur candidature.

Encadré

Selon Michel Jodoin, les formalités auxquelles il a dû se plier au cours des derniers mois sont multiples et assez complexes. Mais, à ses yeux, le jeu en vaut la chandelle. «Ça évite les fraudes. Ça certifie que le cidre de glace a été fait selon les règles de l'art et que les pommes sont soit gelées dans l'arbre ou à l'extérieur et non dans un congélateur», dit-il.

Catherine St-Georges relève que la production de cidre de glace était déjà encadrée par un règlement; l'appellation IGP est, selon elle, «une étape de plus». «Ça encadre de façon encore plus serrée la provenance des pommes, les manipulations qui sont faites, l'étiquetage des produits, la dégustation du produit. Il y a aussi des analyses chimiques qui sont faites», fait valoir la coordonnatrice.

Les entreprises qui désirent l'appellation IGP doivent être auditées par un organisme de certification qui s'assure du respect des normes du cahier de charges et relève du Conseil des appellations réservées.

Les premiers certificats de conformité ont été émis au cours des derniers jours, dit Mme St-Georges. Pour l'heure, les produits sont offerts à la ferme et le seront au cours des prochains mois dans les SAQ.

Un plus

L'appellation IGP apportera un plus aux produits, croit Hans Cova de la Cave à Tolbiac, l'établissement parisien à l'origine de la commande de 50 caisses de cidre de glace de la Cidrerie Michel Jodoin. Cela va rehausser l'image du produit, a-t-il avancé lors d'une entrevue téléphonique.

Mais à la Cave à Tolbiac, les cidres rougemontois sont déjà bien connus. Ils y sont offerts depuis quelques années. Et Michel Jodoin y va une fois par année pour y offrir des dégustations. «C'est un produit qui a son originalité, son succès», assure Hans Cova. Un succès qui nécessite d'ailleurs une commande de l'importance de celle qui traversera bientôt outre-mer.

La nouvelle appellation IGP aura-t-elle un impact sur les ventes? «Je ne sais pas parce qu'on le vend déjà beaucoup. Mais ça ajoute un argument supplémentaire au produit», estime le caviste français.

L'automne est ainsi porteur de bonnes nouvelles pour Michel Jodoin. Outre la nouvelle appellation de ses cidres de glace, le cidriculteur affirme que la récolte de pommes, actuellement en cours, est bonne cette année. Les fruits sont abondants et colorés, laisse-t-il savoir.

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