La MRC abandonne son projet d'usine de traitement des matières résiduelles

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Comme la Ville de Bromont l'a fait cette année, la MRC de la Haute-Yamaska implantera un système de bacs bruns pour recueillir les matières organiques de ses citoyens.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Le projet de la MRC de la Haute-Yamaska de construire une usine de 45 millions de dollars pour traiter les déchets de ses citoyens prend le chemin de la poubelle. En lieu et place, comme le font de nombreuses municipalités à travers le Québec, la MRC mettra sur pied une collecte de bacs bruns pour recueillir les matières organiques.

Cette décision survient au terme d'une série d'intenses discussions entre les maires ces dernières semaines, a appris La Voix de l'Est. «C'était un projet intéressant il y a quelques années, mais on a cheminé depuis et on est rendu ailleurs», a indiqué Paul Sarrazin. «Il existe maintenant d'autres solutions moins chères et plus simples pour traiter nos matières résiduelles. On peut oublier l'usine», a affirmé le maire de Sainte-Cécile-de-Milton.

Trois éléments ont mené à l'abandon définitif du projet d'usine de traitement: ses coûts de construction, ses coûts de gestion évalués à 177 millions sur 20 ans et la complexité du contrat liant la MRC à l'entreprise qui construirait et opérerait les installations, ont expliqué des maires en entrevue.

Ce dernier élément agaçait certains élus. La MRC a versé 711 652 $ à la firme Dunton Rainville pour que des avocats rédigent les documents légaux à signer entre les parties. Il incluait le document d'appel d'offres balisant les responsabilités de tout un chacun dans la construction et la gestion de la future usine en mode privé, une brique de plus de 1000 pages. Il appert que la firme d'avocats ne possédait pas l'expertise pour conseiller l'organisme pour un tel projet, ont déploré des maires. «On a payé des milliers de dollars pour se faire dire "On est comme vous, on apprend". Tabarouette! On s'attendait à plus que ça», soutient M. Sarrazin.

En début d'année, La Voix de l'Est révélait que la MRC avait dépensé 1 747 292 $ depuis 2007 pour faire progresser son projet. Différentes études et rapports ont été produits à cette fin. La facture dépasserait les 2,4 millions de dollars, selon nos sources.

Les professionnels retenus pour accompagner la MRC dans le projet ne sont pas à blâmer, soutient Pascal Russell, préfet de la MRC. Il critique plutôt les gouvernements qui ont maintes fois changé les règles régissant ce type d'usine. «On ne passait notre temps qu'à répondre à leurs exigences et questions. C'est ça qui a retardé toute notre démarche», soutient-il.

Le fait que la Ville de Granby revalorise maintenant à des fins agricoles les boues usées de son usine d'épuration a également convaincu les maires de faire marche arrière. Les 24 000 tonnes métriques produites dans le processus d'épuration des eaux usées à Granby auraient été acheminées vers la future usine de traitement des matières résiduelles. C'est pour cette raison que la construction de l'usine était projetée à côté de celle d'épuration des eaux usées dans le parc industriel.

Trouver un débouché

Toutefois, la Ville de Granby a trouvé un autre débouché en 2014 pour ses boues usées: au lieu de les enfouir, elles les acheminent au Centre de traitement de la biomasse de la Montérégie à Saint-Pie, qui les transforment en engrais agricoles. Cette façon de disposer de ses boues usées coûte 1,7 million de dollars à la Ville. C'est 500 000 $ de moins que de les envoyer à un site d'enfouissement. «On devait trouver une solution pour nos boues usées. On l'a trouvée. C'est une solution simple. Pourquoi on construirait une usine pour revaloriser nos boues? On n'en a plus besoin», tranche le maire Pascal Bonin.

D'ici 2020, a décrété le gouvernement du Québec, aucune municipalité, entreprise ou institution ne pourra enfouir des matières organiques. Ça veut dire que tous les restes de table, les feuilles, le gazon, les boues de fosses septiques en plus de celles des usines municipales d'épuration des eaux usées devront être revalorisés.

Deux possibilités s'offrent aux entités municipales pour mettre un terme à l'enfouissement des matières organiques: la biométhanisation (captation des biogaz pour les utiliser comme sources d'énergie) et le compostage. Par sa décision d'abandonner son projet d'usine, la MRC de la Haute-Yamaska choisit le compostage.

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