La Ville craint un drame à Saint-Paul-d'Abbotsford

Pierre Paquette, président et chef de la direction... (photo Alain Dion)

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Pierre Paquette, président et chef de la direction de la Pépinière Abbotsford, ne s'explique pas pourquoi le ministère des Transports refuse d'abaisser la vitesse devant son commerce.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) La municipalité de Saint-Paul-d'Abbotsford vient d'essuyer un nouveau refus du ministère des Transports du Québec (MTQ) pour faire abaisser la limite de vitesse du tronçon de la route 112 passant notamment devant la Pépinière Abbotsford. Pour justifier le rejet de cette demande, Québec allègue que les automobilistes roulent déjà... trop vite.

À la suite de commentaires de citoyens, le conseil municipal avait adopté en mai dernier une résolution unanime pour réclamer du ministère des Transports d'allonger la zone de vitesse à 50 km/h sur une distance d'environ 700 mètres. On souhaitait ainsi étirer celle-ci jusqu'à l'endroit où la vitesse permise passe à 90 km/h. En outre, la limite de vitesse imposée à la section restante de la route 112, jusqu'à son intersection avec la route 235, devrait passer de 90 à 70 km/h, y jugeait-on.

Cette demande n'a pas été accueillie favorablement par le MTQ, qui reconnaît néanmoins que les automobilistes circulent trop rapidement dans le secteur et outrepassent déjà les limites de vitesse. C'est en fait pour cette raison qu'il refuse d'accéder à la requête de la municipalité.

Dans une lettre adressée au directeur général Daniel-Éric St-Onge le mois dernier, le ministère, qui rappelle qu'en juin 2013, la vitesse sur le tronçon concerné avait déjà été abaissée de 90 à 70 km/h, indique qu'il «ne suffit pas d'abaisser une limite de vitesse affichée pour que les conducteurs diminuent de façon significative la vitesse à laquelle ils circulent. Il faut que la limite imposée corresponde au milieu environnant.»

«Les relevés de vitesse effectués au début de juin dernier démontrent que la limite de vitesse de 70 km/h ne rencontre toujours pas l'adhésion d'une majorité des usagers de la route 112», peut-on aussi lire dans le document signé par le directeur Alain M. Dubé, qui stipule que selon les études ministérielles sur le terrain, au moins 85% des automobilistes circulent à 85 km/h ou plus devant la pépinière.

Déclic

De son côté, la Sûreté du Québec aurait elle aussi mené une étude sur le terrain. Selon nos informations, les automobilistes qui pénétraient la zone de 70 km/h en direction de Saint-Césaire ne dépassaient pas de beaucoup la limite de vitesse aux abords du chemin de fer. Cependant, en mesurant leur vitesse au bout du stationnement de la pépinière, on s'apercevait qu'ils dépassaient grandement la limite, et cela, même s'il reste plusieurs mètres à franchir avant d'arriver dans la zone où la vitesse est permise à 90 km/h.

«Le chemin de fer, c'est le déclic. On dirait que quand ils arrivent là, les gens accélèrent immédiatement parce qu'ils voient la pancarte de 90 km/h devant», affirme Pierre Paquette, président et chef de la direction de la Pépinière Abbotsford.

Son entreprise est située directement à l'endroit problématique. Il est risqué pour sa clientèle de se stationner dans l'entrée de son commerce, et l'endroit est dangereux pour ses employés, qui traversent la route provinciale avec des tracteurs chargés de plantes.

L'homme d'affaires ne s'explique pas le refus du ministère. «Pourquoi faire tant de drame et s'obstiner pour une si petite dépense? Ce n'est pas une affaire qui coûte cher, une pancarte!» lance-t-il.

Surveillance accrue

«Considérant le taux élevé de délinquance constaté», le ministère compte plutôt demander à la Sûreté du Québec d'accroître sa surveillance du secteur, indique la correspondance acheminée à Saint-Paul-d'Abbotsford. Une missive a d'ailleurs été envoyée à la direction du poste de la MRC de Rouville en ce sens.

Mais les patrouilleurs avaient déjà pris les devants. «On avait commencé bien avant, quand la vitesse avait été réduite en 2013, a fait savoir le sergent Michel Campbell. On va peut-être en faire un peu plus.»

Selon lui, le secteur demeure rural, c'est pourquoi le ministère s'entête à maintenir la limite de vitesse telle quelle. «Pour qu'il y ait de gros changements, il faut que des événements le justifient», indique-t-il.

Une attitude que déplore Pierre Paquette. «Le ministère n'a pas l'air de saisir le gros bon sens. On dirait qu'il attend qu'il y ait un accident», laisse-t-il tomber, ajoutant que la situation empire en raison du développement, des travaux sur l'autoroute 10 et de l'achalandage au Zoo de Granby. «Les gens savent que ça sera congestionné alors ils passent par la 112.»

La municipalité déçue

La municipalité se dit très déçue de cette fin de non-recevoir. «Le conseil est conscient des dangers, insiste le maire Jacques Viens, récemment nommé président du comité de sécurité publique de la MRC de Rouville. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'arrive quelque chose de dramatique.»

Le tout est d'autant plus frustrant que l'an dernier, des employés du ministère avaient remplacé, par mégarde, les pancartes indicatrices de vitesse. «On pensait que la limite était passée à 50 km/h, on était contents, raconte M. Viens. Mais ils sont venus les remplacer quelques jours après en disant que c'était une erreur.»

Saint-Paul se penchera sur les recours qu'il lui reste pour obtenir gain de cause. Une rencontre est prévue avec la députée caquiste Claire Samson au courant de la semaine prochaine. Entre autres sujets à l'ordre du jour, le maire entend aborder la question de la vitesse sur la rue Principale.

En début de soirée hier, la direction de l'Ouest de la Montérégie du ministère des Transports n'avait pas donné suite à nos demandes d'entrevue.

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