Val-des-Cerfs blâmée

L'ex-directeur général de la commission scolaire, André Messier.... (photo archives La Voix de l'Est)

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L'ex-directeur général de la commission scolaire, André Messier.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Val-des-Cerfs doit dédommager le syndicat des enseignants et son président, Éric Bédard, à la suite de résolutions adoptées puis diffusées dans les journaux en 2011.

La commission scolaire réagissait à la publication de reportages faisant état d'un climat malsain au sein de sa direction. La Voix de l'Est avait rapporté qu'une douzaine de cadres et d'employés avaient démissionné ou changé de poste depuis l'arrivée, un an plus tôt, du directeur général André Messier. Plusieurs avaient invoqué son attitude dictatoriale.

En réplique, le conseil des commissaires avait voté, le 25 octobre 2011, deux résolutions condamnant ces reportages et réitérant sa confiance envers le directeur général. Ces résolutions ont ensuite été publiées en pages pleines dans le Granby Express et La Voix de l'Est, accompagnées d'une photo du président de l'époque, Guy Vincent.

L'une des résolutions affirmait que les articles contenaient «de nombreuses inexactitudes, faussetés et erreurs manifestes» qui ont porté atteinte à l'intégrité de Val-des-Cerfs et à son directeur général. Elle dénonçait nommément trois des personnes citées: l'ex-coordonnatrice aux communications Sandra Thibodeau, le commissaire Guy Gaudord et le président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Éric Bédard, parce qu'elles avaient «soutenu les allégations de l'existence d'un climat malsain».

Par grief, M. Bédard a fait valoir que la commission scolaire avait agi de façon disproportionnée et que ses actions avaient porté atteinte à sa réputation ainsi qu'au syndicat. Un récent jugement du Tribunal d'arbitrage lui donne raison.

«Faute civile»

«Le fait de publier sur plusieurs supports et dans les médias une résolution laissant croire aux lecteurs que M. Bédard a tenu des propos [mensongers] constitue une faute civile», indique l'arbitre Nathalie Faucher dans sa décision du 14 août, évoquant le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne.

La commission scolaire «aurait pu simplement rectifier les affirmations qu'elle jugeait fausses, inexactes ou erronées sans jeter l'opprobre sur les demandeurs», ajoute l'arbitre. Elle disposait «d'une panoplie de moyens pour intervenir en toute légalité». «L'on ne doit pas, sous prétexte de rétablir sa réputation, appliquer la Loi du talion et se faire justice soi-même. De plus, cette mention n'était d'aucun intérêt public.»

Par conséquent «le plaignant a vu sa réputation ternie non seulement dans son milieu de travail mais aussi dans son milieu de vie et sur la place publique. Des dommages lui ont été causés et il mérite réparation.»

À la faveur des témoignages entendus, l'arbitre reconnaît aussi qu'à Val-des-Cerfs «il n'y a jamais eu autant de démissions de cadres de services que durant la période 2010-2012» et que plusieurs «gravitaient près de la direction».

«La méthode Messier»

Joint par La Voix de l'Est, Éric Bédard soutient que ce jugement prouve que l'ancienne direction de la commission scolaire a cherché à «casser le syndicat» et «s'attaquait à toute personne qui posait des questions sur leurs administrateurs».

«Dans leur tête, c'étaient des êtres suprêmes, dit-il. Ceux qui les ont critiqués y ont goûté. C'était la méthode Messier. Les employés devaient lui obéir au doigt et à l'oeil, le tout cautionné par l'ancien conseil des commissaires.» André Messier a été suspendu en avril par le nouveau conseil des commissaires. Éric Racine assure l'intérim.

Le président du SEHY déplore aussi que toute cette histoire ait coûté «au moins 100 000$» à Val-des-Cerfs en frais d'avocat et d'arbitrage pour 12 jours d'audience, sans compter les éventuels dédommagements dont les montants n'ont pas été fixés.

Il indique que bien que les communications se soient améliorées avec la commission scolaire, les relations avec le département des ressources humaines sont toujours pénibles.

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