Le DG de Farnham poursuit un citoyen pour 50 000$

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François Giasson.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Farnham) Le directeur général de la Ville de Farnham, François Giasson, poursuit un citoyen pour 50 000$ pour avoir tenu des propos diffamatoires à son endroit.

M. Giasson reproche à Bertrand Naud d'avoir dit à trois élus de Farnham qu'il aurait fraudé la municipalité de Roxton Pond, son ancien employeur, pour un million de dollars et qu'il l'aurait fait payer les frais d'avocat de son divorce. Il aurait également propagé ces informations via le réseau Facebook.

Des «accusations absurdes», soutient M. Giasson. Directeur général et secrétaire-trésorier de Roxton Pond de 1998 à avril 2011 avant d'aller travailler à la Ville de Farnham, M. Giasson les dément avec force. «Le budget de Roxton Pond est de 4 millions de dollars. Comment aurais-je pu en frauder le quart? C'est impossible. Il aurait fallu que je fasse ça pendant des années sans que ça paraisse. Et je n'ai jamais été marié», affirme-t-il en entrevue à La Voix de l'Est.

Ces accusations ont ébranlé toute sa famille, dit-il, en plus de lui causer un stress énorme et de nuire à sa réputation. «Ça prend des années et des années à se bâtir une bonne réputation dans le monde municipal. Mais ça ne prend que des accusations sans fondement pour la détruire. Je ne peux pas laisser ça aller sans rien faire. Il faut aller au fond des choses pour qu'on rétablisse ma réputation. Je n'ai rien à cacher.»

Il est clair, soutient M. Giasson, que M. Naud l'utilise pour attaquer l'administration municipale. Il a indiqué que l'intimé a formé un groupe de citoyens pour critiquer le travail du conseil. «Il peut être en désaccord avec mes décisions, mon style de gestion ou avec ce que fait le conseil, mais ça ne lui donne pas le droit de lancer des accusations comme ça.»

Le conseil en otage

Le maire Hüsler a encouragé le directeur général à poursuivre M. Naud. «C'est débile d'accuser les gens comme ça, sans preuve. Vous savez, à quelque part, c'est comme s'il cherchait, en nous racontant ces choses-là, de prendre le conseil en otage pour qu'on enquête sur nos propres employés. On ne le fera pas; on a pleinement confiance en M. Giasson», a-t-il dit lorsque joint jeudi.

Les citoyens peuvent rencontrer les élus pour discuter de dossiers publics, souligne M. Hüsler. Ça ne leur donne cependant pas le droit de lancer des accusations à l'égard des employés sans être capables de les prouver, ajoute-t-il.

Selon M. Hüsler, le but de M. Naud est de discréditer l'ensemble de l'administration municipale. Il utilise le comité des citoyens pour parvenir à ses fins, a-t-il dit.

«Ça n'a rien de sérieux comme organisation s'ils se mettent à salir des gens comme ça. On essaie de tout faire pour les citoyens. Mais il y en a trois ou quatre qui nous emmerdent, qui essaient de tout bloquer. On pense que la population s'en rend compte et qu'elle nous fait confiance.»

Des informations « très sérieuses », assure Bertrand Naud

Bertrand Naud reconnaît avoir informé le maire Josef Hüsler ainsi que les conseillers Pauline Mercier et André Claveau de choses entendues de gens de Roxton Pond. Il parle « d'informations très sérieuses » provenant de « gens en position ».

Il n'a pas voulu identifier ces personnes ni dire s'il s'agissait d'élus ou de membres du personnel de la petite municipalité. « Je ne veux pas donner de noms, mais ma démarche était sérieuse », précise-t-il. Pas question non plus d'aller voir les policiers avec ces informations. « Ce n'est pas ma responsabilité », dit-il.

En entrevue hier, M. Naud s'est dit étonné que les élus de Farnham aient informé M. Giasson de ses propos. Il dit leur avoir exposé « discrètement et confidentiellement » la situation pensant qu'ils allaient faire enquête. « C'est la responsabilité du maire et des conseillers de sécuriser la population. Le maire a mal agi en parlant à M. Giasson. Il devait prendre ce que je lui ai dit au sérieux et agir », soutient-il.

Depuis 2007, M. Naud et l'administration municipale sont dans un bras de fer sur l'utilisation de son domicile sur la rue Principale pour produire du lactosérum fabriqué avec du lait de chèvre. M. Naud en produit depuis 2001, mais la Ville estime qu'il n'a pas le droit de le faire en raison du zonage. Les deux parties n'ont jamais réussi à s'entendre.

Il ne faut y voir aucun lien, a insisté M. Naud, entre ce litige qui l'oppose à la Ville et sa démarche entreprise auprès d'élus concernant le directeur général. Cela dit, il « soupçonne un comportement malhonnête » de membres de la direction de la Ville dans son dossier.

« Mon projet n'a jamais été accepté par le maire », dit-il. Il affirme que la Ville ne lui a jamais offert de l'aide ou une compensation pour qu'il relocalise ses activités dans un autre secteur.

Du comité de citoyens formé cet été et dont il assume la présidence, M. Naud le décrit comme un comité d'analyse des dossiers, décisions et activités du conseil municipal. Le comité compterait environ 75 membres, selon M. Naud.

« On veut protéger les intérêts économiques des citoyens. Notre endettement a beaucoup augmenté ces dernières années. Ce sont tous les citoyens qui vont devoir payer ça », fait-il remarquer.

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