«L'élastique est tiré au maximum» à Val-des-Cerfs

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Éric Racine et Paul Sarrazin, directeur général par intérim et président de la commission scolaire.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Confrontée à de nouvelles compressions, la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) a adopté son cinquième budget déficitaire consécutif hier soir. C'est également à contrecoeur qu'elle haussera le taux de taxe scolaire de 1,5% pour la prochaine année.

«C'est presque à reculons que nous avons entériné le budget 2015-2016. L'administration et le conseil de Val-des-Cerfs ont fait un travail colossal pour revoir leurs façons de faire et diminuer au maximum ses dépenses», a laissé tomber Paul Sarrazin, président de la CSVDC. Un «exercice de longue haleine», a renchéri le directeur général par intérim, Éric Racine.

Depuis 2011, la commission scolaire a épongé des compressions de 7,858 millions de dollars. À cela s'ajoute une nouvelle coupe de 1,524 million$ pour la prochaine année scolaire. De plus, elle doit composer avec la perte imprévue d'une subvention de Québec visant à compenser le plafond de la taxe scolaire. En 2014, cette subvention était de 1,625 M$.

Déficit de 2,637 millions

La commission scolaire s'est vue contrainte d'adopter un budget dont le déficit autorisé sera de 2,637 millions, et ce, malgré des économies récurrentes annuelles de 7,4 millions attribuables aux mesures d'optimisation adoptées il y a quelques mois.

Ces dernières excluaient toute hausse de la taxe scolaire et touchaient notamment les frais de service de garde, le transport scolaire hors secteurs, certains programmes et activités parascolaires et la surveillance à l'heure du dîner, qui eux, ne seront pas majorés à nouveau, a-t-on assuré.

Mais la situation est telle que Val-des-Cerfs n'a pas eu le choix de revoir son taux de taxation pour atteindre le déficit autorisé. Les services aux élèves pourraient écoper si un effort supplémentaire était à nouveau exigé des commissions scolaires. «On ne peut pas aller jouer là», prévient M. Sarrazin.

Ce faisant, le taux de taxation uniforme passe de 0,26 041$ à 0,26 431$ par tranche de 100$ d'évaluation, une majoration de 1,5%. «Pour une maison qui vaut 250 000$, par exemple, on a calculé que ça représente 9,75$ par année», illustre le président.

La hausse de l'évaluation foncière fait en sorte que la CSVDC peut dégager un maximum de 36,645 millions$ en taxes scolaires. Le ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche impose en effet un plafond de taxation aux commissions scolaires, que ce soit par un taux de taxation ne pouvant pas dépasser 0,35$ du 100$ d'évaluation ou par un montant maximal pouvant être prélevé sur le territoire. Le premier de ces deux paramètres atteints constitue la limite permise.

Peu de place aux imprévus

En raison du plafonnement de la taxation et de la diminution de l'aide gouvernementale, les seules méthodes de financement des commissions scolaires, celles-ci n'ont pour seul levier que la limitation des dépenses. Résultat, plus de la moitié des commissions scolaires québécoises accusent un déficit cette année. «Rendu là, c'est devenu un enjeu du gouvernement», souligne M. Sarrazin.

Pour des revenus de plus de 175,6 millions, Val-des-Cerfs devra composer avec des dépenses de l'ordre de 178,3 millions, dont 4,43% sont attribuables à l'administration. Un peu plus de 49% des dépenses sont directement liées à l'enseignement, une proportion qui atteint 72% si on inclut le soutien à l'enseignement. Les dépenses d'appoint, qui incluent notamment les services de garde et le transport scolaire, comptent pour 10,5% de la tarte budgétaire. Si on aborde la situation d'un autre angle, on observe que 75% de ces 178,3 millions$ sont investis dans la rémunération du personnel.

Un budget qui laisse donc peu de place aux imprévus. «L'élastique est tiré au maximum. [...] C'est comme l'achat des instruments de l'Académie de musique de Massey-Vanier, illustre le président. Ce n'était pas prévu, mais on va devoir trouver de l'argent pour payer tout ça.»

Grâce à son plan d'optimisation, la commission scolaire espérait un retour à l'équilibre budgétaire dans un horizon de trois ans. Il serait encore réaliste d'y parvenir à court ou moyen terme, à condition de ne pas avoir de bâton supplémentaire dans les roues. «On a toujours bon espoir de retrouver l'équilibre éventuellement, mais on n'est pas à l'abri d'autres compressions», note le DG par intérim.

Les commissaires scolaires ont adopté le budget 2015-2016 à l'unanimité, hier soir, et Val-des-Cerfs expédiera ses comptes de taxes le 9 septembre. Les propriétaires pourront s'en acquitter en deux versements dont les échéances respectives sont au 13 octobre et au 8 janvier prochains.

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