Un encan couru à Glen Sutton

La spécialité d'Henrietta Antony, selon son frère Henry... (photo Julie Catudal)

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La spécialité d'Henrietta Antony, selon son frère Henry Nesvadba, était les lustres. Sa cuisine de Montréal en avait d'ailleurs un immense qu'on peut voir sur l'affiche, dont M. Nesvadba a fait une reproduction.

photo Julie Catudal

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Sutton) Un autre lieu, une autre époque. Plus de 200 personnes ont fait un bond dans le temps, ce week-end, à l'occasion de l'encan visant à liquider l'imposante collection d'antiquités de la défunte propriétaire du vignoble Chapelle Ste-Agnès, Henrietta Antony, à Glen Sutton. Six mois après son décès, sa famille s'est vue dans l'obligation de se départir de ses trésors.

«C'est un peu triste, parce que son rêve a toujours été de construire un château ici», observe Henry Nesvadba, le frère de Mme Antony. Le tracé en avait même été fait, juste à côté de ce qui est aujourd'hui une salle de réception. Beaucoup d'objets de valeur avaient été achetés en vue de s'y retrouver.

«Des objets proviennent de son magasin en ville (Montréal) qu'elle a fermé il y a deux ans, mais la plupart sont des objets personnels qu'elle gardait dans la maison, dans les placards, le garage, le grenier, raconte M. Nesvadba. Parce qu'elle achetait tout ce qu'elle pensait qui avait une âme, même quand ça n'avait pas une grande valeur. Elle voyait un objet qui était intéressant, fait avec de l'amour.»

Depuis la dernière décennie, l'intérêt envers les antiquités a décru, relève-t-il. «Elles ne sont pas à la mode, les prix sont beaucoup plus bas qu'il y a dix ans. Tous les marchands le remarquent.»

N'empêche que l'événement a eu une résonnance dans le milieu. Des gens sont venus de partout pour faire des trouvailles à cet encan hors du commun.

Collection hors du commun

Dans une bâtisse sont exposés les lustres, la spécialité d'Henrietta Antony selon son frère, qui a travaillé à la boutique de Montréal à ses côtés. Le plus précieux à ses yeux? Un lustre datant de l'époque Louis XV, donc de 1780, fait de bronze possédant encore tous ses cristaux d'origine. La dame en avait également un de l'époque de Napoléon III, plus ornementé.

En faisant l'inventaire des possessions de sa soeur, M. Nesvadba a découvert des colonnes fabriquées probablement au 18e siècle. «Elle les avait cachées. Je les ai découvertes dans le garage dans la boue, raconte-t-il, encore stupéfait. Parce qu'avec le poids, elles ont descendu. Elles étaient sales, sales, sales et toutes grises! Avec la pluie, elles sont redevenues propres et très belles.»

Dans la salle de réception - qui devait au départ être la piscine du château - on aperçoit une pièce de grande valeur: le trio, une garniture Christophe composée de deux chandeliers et d'un bol ornementé d'anges, trônait sur la table de William Van Horne, l'un des pionniers du transport ferroviaire en Amérique du Nord.

En redescendant, une vue imprenable est libérée par des ouvertures dans les murs de pierre de la terrasse. Pour accéder aux caves, les visiteurs passent ensuite par une salle commune typique de l'Europe centrale, d'où venait Henrietta Antony. Le premier sous-sol est époustouflant avec sa voute de pierre de style français. «Les pièces n'avaient pas de fonction pratique, indique M. Nesvadba, soulignant qu'aucune pièce de cette cave ne peut accueillir de gros groupes pour des réceptions. Elle voulait mettre ses objets en valeur.»

Le deuxième sous-sol est dessiné de sorte que les bouteilles de vin du vignoble peuvent y être entreposées dans des conditions parfaites.

1, 2, 3... adjugé!

À l'extérieur, sous le grand chapiteau, des visiteurs lèvent leur carton pour faire grimper les enchères. Sur un écran géant défilent les objets mis à l'encan. Tout autour, des objets datant du 17e, 18e et 19e siècle sont étalés pour être vus et achetés. Dans un édifice, les lustres de la collectionneuse; sur la terrasse pavée, des chaises. À l'intérieur de la salle de réception, des meubles. Et mêmes des raquettes...

L'encanteur propose une mise de base, doit parfois la baisser avant qu'elle ne remonte, et chante pratiquement les montants. «Je sais que c'est un peu chaud pour des raquettes...» lance-t-il en riant avant que le jeu des enchères recommence.

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