La fin pour PolyOne à Granby

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Les activités de l'entreprise à Granby ont été suspendues pour la journée, après que les employés eurent été rencontrés vers 8h30, hier matin, à l'hôtel Castel Spa & Confort, pour apprendre qu'ils perdraient leur emploi d'ici deux mois.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Les jours de PolyOne sont comptés à Granby. Hier, l'entreprise spécialisée dans l'extrusion de feuilles de plastique a fait savoir que son installation granbyenne cesserait ses activités d'ici huit semaines. Quelque 70 employés sont touchés par cette fermeture.

«Aujourd'hui, PolyOne a débuté la fermeture de son installation de Granby, au Québec, et transférera la production dans d'autres installations dans le réseau manufacturier de l'entreprise», peut-on lire dans un communiqué diffusé en matinée, où l'on annonçait des investissements dans d'autres usines. En 2014, PolyOne Corporation, qui exploite 80 usines dans les Amériques, en Europe, en Asie et en Afrique, a généré des revenus de 3,8 milliards de dollars.

«Nous nous attendons à ce que la fermeture soit complétée d'ici la fin de 2015. Les employés seront avisés de la suite des choses au fur et à mesure», a fait savoir par courriel Kyle Rose, directeur des communications corporatives au siège social de l'entreprise américaine situé en Ohio.

70 emplois touchés

Les activités de l'entreprise de la rue Robinson Sud ont été suspendues pour la journée, après que les employés eurent été rencontrés vers 8 h 30 à l'hôtel Castel Spa&Confort, pour apprendre qu'ils perdraient leur emploi d'ici deux mois. Des travailleurs ayant été licenciés plus tôt cette année auraient également été convoqués à cette rencontre.

Le président du syndicat, Sébastien Bessette, n'a pas été surpris par la nouvelle. «On l'a vue venir avec certaines de leurs décisions», a-t-il laissé tomber, ajoutant que la situation est «dure sur le moral» des quelque 70 employés touchés.

Du nombre, une vingtaine de cadres et une cinquantaine de salariés, qui bénéficiaient d'excellentes conditions de travail. «C'étaient de bons emplois. Ce ne sont vraiment pas les conditions qui étaient un problème, dit-il. Il y a des gens là depuis très longtemps. Le plus vieux a 46 ans d'ancienneté.»

Avant même d'annoncer la mauvaise nouvelle aux employés, PolyOne avait commencé à rapatrier certains équipements au cours des derniers jours, a-t-on appris.

«Mauvaises décisions»

PolyOne est l'une des plus vieilles usines de Granby, et la plus ancienne usine de plastique au Canada. En activité depuis 1908, elle est surtout connue pour avoir abrité les opérations de GM Plastiques, puis de Spartech. En 2012, PolyOne a annoncé l'achat de l'usine, transaction qui s'est concrétisée l'année suivante.

Selon M. Bessette, depuis l'acquisition, il s'est produit une «succession de mauvaises décisions administratives», qui ont porté un dur coup à la productivité de l'usine. «J'ai rencontré les Américains quand ils sont venus à Granby, raconte-t-il. Ils ont dit qu'en termes de qualité, mais aussi de santé et de sécurité au travail, c'est à Granby qu'on était les meilleurs.»

«Mais les ventes n'étaient pas au rendez-vous, poursuit le représentant syndical. Quand ils ont acheté Spartech, la compagnie a changé la stratégie de ventes et c'est là que la production a commencé à baisser. Avant, on roulait à pleine capacité, ça n'arrêtait pas.»

«En deux ans, ils sont venus chercher nos clients, nos commandes et notre expertise, qu'ils ont ramenés aux États-Unis. Et voilà, ici on met la clé sous la porte. Fini, merci bonsoir!» a lancé Stéphane Beaudry, un des employés ayant contacté La Voix de l'Est au terme de la rencontre, hier matin.

Transition

Lors de la signature de la dernière convention collective, M. Bessette avait réussi à négocier des primes aux employés advenant la fermeture de l'entreprise. «Ils doivent respecter la convention et offrir du reclassement», soutient celui qui rencontrera à nouveau des représentants de PolyOne aujourd'hui.

La direction affirme pour sa part qu'elle offrira des mesures de transition aux employés. «Nous comprenons l'impact de cette décision sur les employés et leur famille, et nous comptons gérer la transition avec le plus grand soin», écrit Kyle Rose.

Il s'agit de la deuxième entreprise de Granby à annoncer depuis deux mois la relocalisation d'une partie ou de la totalité de ses activités. À la fin juin, le Groupe DATA avait fait savoir qu'en raison du déclin du marché de l'imprimerie, l'usine de Granby serait transformée en centre de distribution et ne conserverait que son entrepôt à compter du 15 septembre, menaçant du coup plusieurs emplois.

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