« Le sadomasochisme est une pratique saine »

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La sexologue clinicienne Pascale Robitaille est d'avis que les adeptes de BDSM ont en général un très bon imaginaire.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

La sexologue clinicienne Pascale Robitaille connaît bien le spectre BDSM ainsi que ses diverses ramifications. La spécialiste est d'avis que dans la majorité des cas, ce type de relation ne pose pas problème. Même lorsqu'il s'agit d'avoir du plaisir par le biais de la douleur.

Selon Pascale Robitaille, plusieurs adeptes de BDSM (bondage, discipline, domination, soumission, sadisme et masochisme) vivent leur sexualité « hors norme » dans le plus grand secret, les deux membres du couple n'étant pas sur la même longueur d'onde à ce sujet. « Ce n'est pas toujours facile de trouver un partenaire qui accepte d'adhérer à une sexualité BDSM, indique l'expérimentée sexologue. Dans certains cas, les pulsions sont si grandes que l'infidélité devient la seule porte de sortie, ce qui fait en sorte que plusieurs couples éclatent. »

Quel est le déclencheur qui pousse un individu à faire le grand saut ? « C'est extrêmement varié. Par exemple, les motifs pour lesquels des gens développent leur côté "dominateur" peuvent remonter jusqu'à l'enfance. Même chose en ce qui concerne l'humiliation. Les personnes peuvent notamment reproduire ce qui les a le plus marquées étant jeunes pour conférer à ces actes un aspect érotique », explique celle qui se spécialise dans les communautés sexuelles stigmatisées ainsi que dans la sexualité compulsive.

Confiance

Dans le BDSM, la relation dominateur/esclave demeure une des plus taboues. « Dans le BDSM, la notion de jeu de confiance est très présente. Même sile soumis veut se faire prendre en charge, ce qu'il est important de se rappeler, c'est qu'il a toujours le dernier mot. C'est lui qui reçoit la tension sexuelle. Il y a des gens qui sont volontairement des esclaves 24 heures sur 24. Certains ont même hâte à leur retraite pour vivre le BDSM à temps plein. C'est vraiment un monde à part entière et quand on entre dans cette "bulle", c'est parfois difficile de tracer la ligne et d'en sortir. »

Et qu'en est-il du sadomasochisme ? Est-ce une preuve de déviance ? « Le sadomasochisme est une pratique saine à la base. Tant que ça ne verse pas dans l'obsession, ça va. Il y a aussi des codes de sécurité préétablis à respecter entre les participants. C'est primordial. Évidemment, il peut y avoir des côtés négatifs. Chose certaine, l'aspect fantaisie, le fait de créer des personnages et des scénarios, c'est bien. Les adeptes de BDSM ont en général un très bon imaginaire et laissent une place importante à la sexualité dans leur vie. »

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