Perte d'un projet de 12 millions de dollars : pas de centre de compostage à Cowansville

«On ne veut pas de problèmes avec des... (photo Alain Dion, archives la voix de l'est)

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«On ne veut pas de problèmes avec des voisins. On préfère aller ailleurs. On cherche un autre terrain où on va pouvoir avoir notre centre de compostage», a indiqué Agnesh Marsonia, directeur général de Champag.

photo Alain Dion, archives la voix de l'est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) La compagnie Champag ne construira finalement pas son centre de compostage à Cowansville. Les règlements environnementaux en vigueur empêchent l'entreprise de Verchères de s'installer sur les terrains du site d'enfouissement de la Régie intermunicipale d'élimination de déchets solides de Brome-Missisquoi sur le chemin Saint-Joseph. Le problème: la proximité de maisons.

Une distance minimale de 1 kilomètre est exigée entre un centre de compostage dont la production hebdomadaire est de 75 000 tonnes et plus et des secteurs résidentiels, explique Agnesh Marsonia, directeur général de Champag. Le terrain ciblé se trouve à 750 mètres d'une maison, ajoute-t-il. Il s'agirait de la seule maison dans un périmètre de 1 kilomètre. Des discussions avec le propriétaire de la maison n'ont pas permis de conclure une transaction, a-t-il dit. «On ne veut pas de problèmes avec des voisins. On préfère aller ailleurs. On cherche un autre terrain où on va pouvoir avoir notre centre de compostage», a-t-il dit hier en entrevue avec La Voix de l'Est.

Champag aurait pu demander une dérogation du ministère de l'Environnement pour s'implanter à côté de la Régie intermunicipale. Ça n'a pas été fait, les chances de l'obtenir étant minces, a dit M. Marsonia. Les consultants mandatés pour l'aider l'ont convaincu de regarder ailleurs pour un autre terrain, a-t-il dit.

Des démarches sont en cours avec Investissements Québec pour dénicher un terrain propice à la production de compost à cette échelle. Les recherches sont orientées dans les secteurs de Châteauguay, Bécancour et d'autres municipalités de la Rive-Sud. La MRC Brome-Missisquoi n'est toutefois pas exclue, a dit M. Marsonia. «On ne veut pas limiter nos options.»

Terrain parfait

Le terrain de la Régie est parfait pour ce type de production, pense Benoit Lévesque, conseiller industriel au CLD Brome-Missisquoi. «C'est un site où on regrouperait les mêmes contraintes d'odeurs et de transport», note-t-il.

Des bienfaits environnementaux seraient en plus obtenus, rappelle-t-il, avec l'utilisation des biogaz qui se dégagent du site d'enfouissement. Champag avait l'intention de les utiliser pour alimenter en énergie son centre de compostage. Pour l'heure, les biogaz sont brûlés.

Le CLD poursuivra son travail d'accompagnement de l'entreprise. «Nous sommes très dédiés au projet», assure M. Lévesque.

Impact sur les champignonnières

L'investissement prévu pour construire le centre de compostage était de 12 millions de dollars et allait permettre la création d'une quinzaine d'emplois. En outre, l'abandon du projet a également une conséquence directe sur l'autre projet de Champag au Québec, soit la construction de deux champignonnières dans le parc industriel de Farnham.

Le compost produit à Cowansville, environ 108 000 tonnes par semaine, devait en effet servir à la production de champignons dans la municipalité voisine. Cet investissement est maintenant sur la glace le temps de trouver un autre terrain pour le centre de compostage et de le construire, indique M. Marsonia. «Ça va arriver (les deux champignonnières), mais ça va prendre plus de temps qu'on pensait.»

Le producteur de champignons planifie toujours d'augmenter sa production à court terme. Depuis février, des travaux sont en cours sur ses terrains à Newmarket en Ontario pour construire une champignonnière. Les plans de Champag prévoyaient que cette usine allait être construite après celles de Farnham. Les règles environnementales québécoises ont forcé les dirigeants de l'entreprise à revoir le tout. Dans la province voisine, les permis et autorisations ont pris trois mois à obtenir, a dit M. Marsonia. «C'est la nature des choses ici», a-t-il affirmé pour décrire la situation au Québec.

La champignonnière de Newmark entrera en production en mai l'année prochaine. Elle produira chaque semaine 90 000 tonnes de champignons de Paris (agaricus bisporus).

Tous les détails dans notre édition de samedi

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