Logement saccagé: le cauchemar d'un propriétaire

En vingt-cinq ans, c'est la première fois qu'un... (photo Alain Dion)

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En vingt-cinq ans, c'est la première fois qu'un locataire d'Yvon Poulin quittait les lieux en les laissant dans un état aussi lamentable.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) «J'ai été longtemps producteur de porcs; même mes cochons étaient plus propres que ça.»

Yvon Poulin est propriétaire de six logements dans la région. Il en a déjà possédé quatre fois plus, mais au fil du temps, il a choisi de s'en défaire, fatigué d'être confronté à de mauvais payeurs. En vingt-cinq ans, c'est pourtant la première fois qu'un de ses locataires quittait les lieux en les laissant dans un état aussi lamentable.

À la fin mai, un couple qui vivait dans sa maison du chemin Gagné, à Saint-Alphonse, a déguerpi sans avoir payé un seul mois de loyer pour 2015, allègue M. Poulin.

Ce dernier a eu toute une surprise en se rendant sur place pour constater l'état des lieux. Des portes brisées, voire arrachées, des planchers craqués, pourris ou imbibés d'urine animale, des débris et des détritus laissés partout à la traîne, une clôture arrachée, un garage rempli de déchets, une vitre cassée, des tapis et des murs tachés, un terrain jamais entretenu, des armoires aux prises avec des moisissures et des excréments de chien et de chat partout, malgré l'interdiction d'animaux bien écrite dans le bail: un véritable cauchemar.

«Ça sentait l'humidité et la pisse. La galerie a pourri parce qu'ils laissaient leurs vidanges dessus, ça a poigné l'humidité», renchérit le propriétaire, qui a également constaté que ses locataires s'étaient adonnés à des travaux de plomberie artisanale dans le sous-sol. «Est-ce que c'était parce qu'ils faisaient pousser quelque chose? Je ne le sais pas, mais ils ont voulu amener de l'eau en bas.»

«C'est déjà arrivé qu'un locataire ne repeinture pas ou qu'il parte sans laver les planchers, poursuit M. Poulin, encore en colère contre ses anciens locataires. Mais comme ça, jamais.»

Une responsabilité non partagée

Tout nettoyer a pris plus d'un mois et coûté plusieurs milliers de dollars au propriétaire, qui a également dû se débarrasser de toutes les ordures laissées sur place par les occupants. Plusieurs voyages en camionnette ont été nécessaires, allègue-t-il.

«À la Ville, on m'a averti que je pourrais avoir une amende si je n'enlevais pas tout ce qui traînait au bord du chemin. On considère que je suis responsable du locataire», affirme M. Poulin.

Celui-ci déplore le manque de ressources offertes aux propriétaires qui se retrouvent dans une telle situation.

«Quand c'est malpropre, ça devrait être la responsabilité du locataire. Comme c'est là, c'est toujours le propriétaire qui paie; les locataires s'en lavent les mains», se désole-t-il.

L'homme souhaiterait que les délais d'audition pour se présenter à la Régie du logement soient moins longs, car la situation est à la défaveur du propriétaire. «Des fois, j'ai l'impression que la régie du logement, c'est la régie des locataires, déplore-t-il. Il faudrait que la Régie puisse forcer les locataires à rembourser pour les dommages dès qu'ils ont causés, ou qu'on puisse les expulser dès qu'ils arrêtent de payer.»

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