Vols et méfaits en milieu agricole : «Un fléau», dénonce Yvon Boucher

Le producteur maraîcher, Gino Maynard, s'est fait voler... (photo Alain Dion)

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Le producteur maraîcher, Gino Maynard, s'est fait voler trois valves du système d'irrigation qu'il a installé dans un champs de fraises. «C'est insultant», lance-t-il.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) En voulant arroser un de ses champs de fraises lundi, Gino Maynard, un producteur maraîcher de Saint-Paul-d'Abbotsford, a constaté qu'il s'était fait voler des pièces de son système d'irrigation. Un incident qui serait loin d'être isolé. Car les vols en milieu agricole sont «un fléau», a dénoncé hier le président du syndicat de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de Rouville, Yvon Boucher.

«Je me suis fait voler à quatre reprises mon pick-up de ferme sur une période de dix ans. J'en ai acheté des neufs, des usagés. Mais j'achète des diesels et c'est très recherché», affirme M. Boucher, un producteur laitier de Saint-Césaire.

La liste des méfaits dont il a été victime ne s'arrête pas là. Le printemps dernier, il dit s'être fait voler le nouveau système de «flashers» qu'il avait installé sur le toit de son tracteur. «Le lendemain matin, il n'était plus là. Ils (les voleurs) ont coupé les fils et sont partis avec», laisse tomber Yvon Boucher avec dépit. Il a aussi vu disparaître une soudeuse, un coffre à outils, un tracteur à gazon. «On ne peut rien laisser dehors, loin des maisons. Si on laisse un tracteur dans un champ isolé, il va avoir les vitres cassées quand on va arriver le matin», ajoute-t-il.

Selon le président du syndicat de l'UPA dans Rouville, la majorité des agriculteurs ont des histoires du genre à raconter. L'un d'entre eux a retrouvé sa herse chez le ferrailleur du coin. Un autre s'est même déjà fait voler quatre génisses dans son étable, lance Yvon Boucher.

Dans le champ

Gino Maynard, lui, s'est fait voler trois valves du système d'irrigation qu'il a installé le printemps dernier dans un de ses champs. Lundi, sous le coup de la chaleur accablante, il a voulu arroser ses plants assoiffés. C'est à ce moment qu'il s'est aperçu du vol. Heureusement, l'impact n'a pas été trop grand, car il avait des pièces de rechange. N'empêche, l'histoire lui laisse un goût amer. «C'est plus insultant que d'autres choses», estime-t-il. La valeur à neuf de chacune des pièces en aluminium galvanisé, dit-il, est d'environ 400$.

Un des proches du producteur maraîcher a publié un message sur la page Facebook Saint-Césaire, Rougemont, Farnham et Saint-Paul-d'Abbotsford pour retrouver les pièces dérobées. En moins de 24 heures, le message a été partagé par 90 personnes. Gino Maynard, qui s'est aussi fait voler un tracteur «flambant neuf» il y a deux ans, dit vouloir inciter les agriculteurs à la prudence. «Je ne laisse plus rien dans les champs. On ramène tout le soir. Ce n'est pas drôle. C'est rendu qu'il faut attacher nos affaires», glisse-t-il.

«On met des caméras, des systèmes d'alarme, des chiens. Plus l'économie va mal, plus on est susceptibles de se faire voler à peu près n'importe quoi», renchérit Yvon Boucher. Selon lui, le matériel dérobé est revendu pour le métal ou pour répondre à des commandes précises.

Agressifs

Le Bureau d'assurances du Canada a dit hier ne pas disposer de statistiques au sujet des vols dans le secteur agricole. Au poste de la Sûreté du Québec de la MRC de Rouville, le sergent Michel Campbell a indiqué que ce genre d'événement demeurait isolé dans la région.

Mais le président du syndicat de l'UPA dans Rouville fait une autre lecture de la situation. «Ça ne vaut pas la peine d'appeler la police. Ils ne font absolument rien. Ils ne font pas d'enquête. Ils nous disent d'appeler nos assurances», lance M. Boucher.

Mais souvent, dit-il, les agriculteurs ne font pas de réclamations à leurs assureurs pour éviter de se retrouver avec des «primes exorbitantes». «On endure notre mal et on passe à autre chose», affirme le producteur agricole.

Ces vols et méfaits à répétition rendent cependant certains agriculteurs «agressifs». «Certains voleurs, je ne donne pas cher de leur peau s'ils se font attraper. Quand on parle de vols aux agriculteurs, la pression monte très vite. Pour eux, ce sont des pertes nettes, en plus de tous les inconvénients que ça peut causer», fait valoir Yvon Boucher.

À ses yeux, au-delà de tous les systèmes de sécurité, il n'y a qu'une façon de mettre un frein au phénomène. «Il faut que les gens arrêtent d'acheter des affaires à des prix ridicules. Il faut arrêter d'encourager le recel qui se fait. C'est la seule façon d'arrêter ça», tranche-t-il.

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