Houblon de Dunham: à la croisée des chemins

Déric Hamelin, Julie Corry et leurs enfants, Adrian,... (photo Julie Catudal)

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Déric Hamelin, Julie Corry et leurs enfants, Adrian, 5 ans, et Alexander, qui aura bientôt 3 ans, posent entre deux rangs de houblon. Leur houblonnière, située à Dunham, a ouvert il y a cinq ans et les plants sont maintenant à maturité.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Dunham) La saison était pourtant bien partie pour les producteurs de houblon Déric Hamelin et Julie Corry, de Dunham. L'arrivée soudaine de la chaleur après un hiver froid était de bon augure. Les propriétaires de Houblon de Dunham font toutefois face depuis quelque temps à un problème qui compromet une partie de leur production.

Pour visiter la plantation de houblon, les représentantes de La Voix de l'Est ont marché avec la famille de Déric et Julie dans un secteur boisé, un lac à leur droite, avant d'aboutir dans un champ. De longues tiges feuillues y montent au ciel, offrant un paysage à couper le souffle. En s'approchant des tiges, M. Hamelin en montre quelques-unes qui sont mortes.

«On aimerait ça faire de l'expansion, raconte-t-il. Mais ça va dépendre si on peut mettre le doigt sur c'est quoi, la problématique qu'on a eue cette année. Il y a plusieurs, plusieurs, plusieurs branches qui sont mortes. C'est la première fois que ça nous arrive. Les tiges ont cassé. Ça se pourrait que ce soit dû à une maladie qui s'appelle le fusarium (NDLR: un genre de champignon qui infecte de nombreuses céréales, graminées et autres plantes).»

«Probablement que la pluie est une cause. Et on a eu beaucoup de gros vents cette année, poursuit le producteur. On a attaché les plants ici pour éviter que les plants se promènent trop avec les grands vents. Peut-être que les tiges dans le sol ont commencé à se déchirer. Le fusarium est une maladie d'opportunité et elle aurait profité de la blessure de la tige pour aller s'infiltrer dans le plant.»

Questions

Les propriétaires de Houblon de Dunham consulteront leur agronome dans les prochains jours afin de savoir si c'est bel et bien cette maladie qui s'est invitée et s'il y a quelque chose à faire. Autre question qui sera posée au professionnel: la maladie survit-elle à l'hiver?

«Si la maladie est pognée dans le sol, dans les couronnes et que ça revient l'année prochaine, on va peut-être essayer de trouver une autre culture. Ce serait soit ça, où tout déterrer, sortir les plants et planter de nouveaux plants, recommencer à zéro. Et là, est-ce que la même problématique va revenir avec les nouvelles variétés?», se questionnent-ils.

Le couple, qui projetait une expansion de sa houblonnière, n'a pas encore perdu espoir. Mme Corry et M. Hamelin avaient décidé de consacrer seulement un acre de leurs terres à tester ce type de production, disparu dans les années 1950 en raison de l'industrialisation et de la maladie dans les plants, surtout celle du mildiou.

Maintenant, une trentaine de fermes cultivent du houblon au Québec. «Ce qui change aujourd'hui, c'est qu'on peut combattre le mildiou avec des produits, note Julie Corry. Donc, on jongle un peu avec ça. J'ai toujours idée que si c'est trop difficile dans un climat humide, on fera autre chose. Si c'est pas une culture qui est propice à notre climat, pourquoi insister avec plein de chimiques?»

Pour le moment, M. Hamelin estime entre 20 et 30% ses pertes en houblon. Les fleurs se transformeront dans les prochaines semaines en cocottes qui seront cueillies. Les tiges seront coupées dans le bas et dans le haut pour être transportées à la ferme où, grâce à de l'équipement, les cocottes seront séparées des plants. Tout un processus s'enclenchera ensuite pour que le houblon soit vendu en entier ou en pastilles de poudre aux brasseurs de bière.

Depuis cinq ans, le couple s'est bâti une bonne clientèle, qui compte notamment dans ses rangs la Brasserie Dunham. Les plants sont rendus à maturité depuis l'an dernier et produisent un houblon de qualité, s'attirant les commentaires positifs des brasseurs, observent-ils. Houblon de Dunham a maintenant sa place sur le web afin de satisfaire la curiosité du public.

Les propriétaires étudient d'ailleurs la possibilité de trouver un jumelage grâce aux services de la Banque de terre agricole. «Ça jumelle des propriétaires de terre agricole avec des gens qui veulent faire des projets, mais qui n'ont pas de terre, explique Mme Corry. On a rencontré deux personnes qui ont des projets et ça serait une autre façon de cultiver les terres. Ça se fait en location. Il s'agit de trouver le bon jumelage.»

La petite famille habite la terre familiale des Corry, qui n'était plus cultivée depuis belle lurette avant qu'un acre soit consacré au houblon. Sur les 113 acres, 70% sont boisés.

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