Trop malade pour la prison?

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Armand Jacob (photo) souffre de problèmes cardiaques et ne bénéficierait pas d'une surveillance suffisante en prison, a plaidé son avocat.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Armand Jacob mérite la prison, mais son état de santé pose problème, a déclaré hier son avocat.

«Est-ce que c'est 100% nécessaire? Je vous soumets que non», a indiqué Me Nicolas Cossette lors des observations sur la peine à imposer à son client, un homme de 52 ans de Bromont. «La dénonciation et la dissuasion doivent primer, mais il ne faut pas ignorer les autres principes.»

M. Jacob a plaidé coupable à une accusation d'agression sexuelle contre une fillette de huit ans envers laquelle il était en position d'autorité. Les gestes reprochés sont survenus en 2005. En quelques occasions, l'ex-travailleur de la construction l'a embrassée sur la bouche et a touché son pubis et ses seins.

«Il lui disait que c'est comme ça qu'ils pousseraient, a fait valoir Me Élise Côté-LeBrun, du ministère public. Qu'il l'aimait, qu'il allait la marier. Il lui avait même acheté une bague.» L'accusé a tenté de pénétrer sa victime en voulant singer un film porno qu'ils regardaient. Il a cessé quand la fillette s'est plainte d'avoir mal.

Problèmes cardiaques

Des faits qui commandent une peine de prison, reconnaît la défense. Or, M. Jacob est mal en point: il souffre de problèmes cardiaques, prend plusieurs médicaments et doit limiter ses mouvements au minimum. Il est aussi astreint à une diète sévère et porte un appareil qui mesure son arythmie et avertit l'hôpital en cas d'anomalie.

Cet appareil doit être relié à une ligne téléphonique, ce qui est impossible en incarcération. «Physiquement parlant, il n'a plus d'option», a dit Me Cossette. Dans un établissement provincial, M. Jacob serait obligé d'être presque tout le temps «au trou» afin de bénéficier d'une surveillance permanente.

Pour ces raisons, la défense suggère au tribunal de condamner son client à une peine non précisée de prison à domicile. Me Cossette a rappelé que son client avait plaidé coupable à l'aube du procès, qu'il n'y avait pas de violence d'impliquée et que son risque de récidive était faible.

«Un public bien informé considérerait qu'une telle peine est appropriée.»

Pas de regrets

La Couronne n'est pas de cet avis. Me Côté-Lebrun a souligné que M. Jacob ne reconnaît pas les faits et n'a entamé aucune thérapie. «Il n'a pas de regrets et je trouve particulièrement dérangeant qu'il dise que le père et la mère de l'enfant cherchent à lui nuire et que la victime voudrait se venger de lui», a dit la procureure.

L'âge de la victime, son lien de confiance envers l'accusé et le fait que les événements se soient produits sur une longue période sont aussi à prendre en considération. Une analyse psychologique indique aussi que M. Jacob se considère comme un sauveur et présente une personnalité narcissique alliée à de l'insécurité.

«Vous pouvez tenir compte de son état de santé, mais ça ne doit pas occulter la gravité objective du crime pour lequel le législateur impose une peine minimale d'un an», a rappelé Me Côté-Lebrun, qui demande une peine de prison ferme de 18 à 24 mois de prison.

Armand Jacob possède des antécédents criminels, mais pas en semblable matière. Le juge Serge Champoux doit rendre sa sentence le 29 septembre.

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