Procrastiner

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Désirée a beau être enceinte et dormir 14 heures par jour, elle est plus efficace que moi dans la maison. C'est tout dire.

Pas que je sois inutile. J'aime faire le lavage, un peu la cuisine, un peu moins la vaisselle, encore moins passer la balayeuse, mais j'ai vécu seul assez longtemps pour être «indépendant de ménage», comme on dit. Bref, c'est pas une soue à cochon quand s'absente ma maîtresse d'école favorite.

Je suis d'un naturel rangé... mais aussi très paresseux. C'est mon talon d'Achille. Je suis capable de rien faire en le faisant très bien. Surtout, je répugne à commencer quelque chose que je ne suis pas sûr de pouvoir terminer dans un temps raisonnable ou qui semble au-dessus de mes capacités, ce qui n'est pas rare.

Ma conjointe frisée et élancée n'a pas ces hésitations. S'il faut appeler dans six magasins pour trouver le meilleur prix, elle va le faire. (Je suis plus du genre à acheter au premier endroit simplement pour ne pas avoir à magasiner.)

S'il faut laver les vitres - y a-t-il une tâche plus plate que ça? - ça ne lui tente pas plus, mais un coup parti elle sera d'une efficacité déconcertante. (Je suis du genre à prendre des pauses pour jouer au jeu vidéo ou lire un livre qui ne m'aurait jamais intéressé sinon.)

Et surtout, contrairement à moi, elle n'a pas peur d'entreprendre des travaux qui dépassent, a priori, ses talents. Tenez, ça faisait des mois que le moustiquaire de la porte patio était dû pour être changé. L'installation d'une chatière s'était révélée un désastre et Vadorette avait inexplicablement fait ses griffes autour.

Je n'avais aucune idée de comment m'y prendre. Fallait-il changer la toile ou la porte au complet? Procrastinant comme s'il n'y avait pas de lendemain, je repoussais l'inévitable au plus profond de mon être comme si, par magie, le moustiquaire allait se réparer tout seul. Ou comme si Supergirl allait descendre du ciel pour le réparer avec sa baguette magique - oui oui, comme dans le film mal-aimé de 1984 que je semble être le seul à avoir vu (et apprécié).

Désirée a réglé ça en un avant-midi. Elle a googlé «comment changer un moustiquaire» sur internet, est allée acheter le matériel dans le genre de magasin à grande surface où je déteste aller parce que je ne sais jamais où sont les choses ni comment les utiliser, est revenue et a réparé le dit moustiquaire, qui a maintenant l'air d'un neuf, avec un outil qui ressemble à un couteau à pizza à deux bouts.

Par chance, je reste imbattable dans la tonte de gazon. Lignes horizontales, lignes verticales, en diagonale ou en spirale, je laisser aller ma folie créatrice. Il faut bien être bon à quelque chose dans la vie.

Prestation

Une collègue bien-aimée a aussi écrit cette semaine que les comédiens surclassaient les comédiennes dans la dernière pièce du théâtre de l'Ancien presbytère, C'est à ton tour.

Je ne suis pas d'accord. Les gars sont bons, oui, mais j'ai trouvé que c'était surtout les filles qui assuraient. Laurie Gagné est désopilante et chaque réplique de Mélissa Dion des Landes a l'air de lui venir tout naturellement. On ne peut qu'embarquer et, le cas échéant, rire à tout vent.

J'ai même eu l'insigne «honneur» d'embarquer sur scène pour participer à un sketch où je me trouvais à être le seul invité de l'anniversaire d'un personnage plutôt lent d'esprit joué par Patrick Golau. C'était intimidant et enivrant à la fois; j'ai songé à dire plusieurs niaiseries durant mon cinq minutes de gloire ancienpresbytérien, mais je ne voulais pas nuire à la prestation en cours. Et Martin Gougeon me surveillait à partir des coulisses.

À part ma prestation, donc, c'était une très bonne pièce!

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