Canons effaroucheurs : un projet-pilote pour la saison

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«C'est très positif pour nous. Je suis super content, a déclaré Francis Lavoie, du vignoble le Domaine de Lavoie. »

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Rougemont) La municipalité de Rougemont a coupé la pomme en deux en ce qui a trait aux canons effaroucheurs utilisés par certains producteurs agricoles et dont le bruit incommode bon nombre de citoyens. La solution prend la forme d'un projet-pilote qui sera en vigueur jusqu'à la fin de la saison.

Lors de la séance ordinaire du conseil municipal de lundi dernier, les grandes lignes du projet ont été dévoilées à l'assemblée. La Voix de l'Est a obtenu copie de ladite politique, dans laquelle la municipalité reconnaît que les inconvénients «causés par les oiseaux constituent un problème aux agriculteurs qui doivent trouver des solutions pour effaroucher ces animaux nuisibles, mais [que] les pratiques utilisées ne sont pas sans conséquence pour la population non agricultrice qui occupe aussi la zone agricole [de Rougemont]». Celle-ci représenterait près de 95 % de son territoire.

Utilisation encadrée

La politique encadre rigoureusement l'utilisation des canons, qui devra être jumelée à d'autres techniques pour effrayer les oiseaux qui se nourrissent à même les récoltes.

Entre autres conditions, les canons effaroucheurs ne devront servir qu'à protéger les cultures des attaques d'oiseaux et devront être utilisés conformément aux consignes du fabricant.

Rougemont limite par ailleurs leur nombre à un canon par cinq hectares de terres, et l'augmentation de ce plafond devra faire l'objet d'une étude réalisée par un agronome du MAPAQ. Chaque canon devra se trouver à un minimum de 150 mètres d'un autre et ne pourra faire directement face à une résidence. Les canons devront être régulièrement déplacés pour ne pas accoutumer les oiseaux à leur présence.

En outre, on impose aux agriculteurs de respecter une distance de 200 mètres entre un canon et une habitation voisine n'appartenant pas à l'agriculteur qui les utilise.

La Ville devra pour sa part être avisée de la localisation et de la durée de fonctionnement de chaque canon, comme les voisins demeurant à 300 mètres et moins d'un de ces dispositifs. Les citoyens pourront alors contacter le producteur dont le canon semble défectueux pour que celui-ci le répare rapidement. Des inspections régulières seront recommandées.

L'utilisation des appareils sera limitée à la période déterminée par le lever et le coucher du soleil; l'installation d'un capteur photosensible pour en assurer l'arrêt automatique durant la nuit est ainsi imposée. Les détonations devront par ailleurs se produire à des intervalles supérieurs à quatre minutes.

Enfin, les agriculteurs sont invités à partager des canons pour protéger des cultures distinctes, mais adjacentes, pour limiter le nombre d'appareils et les nuisances associées.

«On va tout faire pour respecter ça»

Selon la municipalité, seul le vignoble le Domaine de Lavoie utiliserait des canons effaroucheurs actuellement, mais d'autres envisageraient de le faire pour protéger leur récolte.

Le principal intéressé est cependant très heureux de cette entente, qu'il compte honorer. «C'est très positif pour nous. Je suis super content, a déclaré Francis Lavoie. On s'est engagés à travailler le plus possible à effaroucher les oiseaux sans utiliser nos canons, sauf en cas d'urgence, et on va tout faire pour respecter ça.»

«On devra être innovateurs», ajoute-t-il ensuite, mentionnant que l'idée lancée en pleine assemblée d'avoir recours à des drones n'est pas aussi loufoque qu'elle ne le semble. «Peut-être qu'on va faire des essais là-dessus. Il ne faut pas éliminer aucune bonne idée.»

En novembre, les producteurs et la municipalité se rencontreront à nouveau pour dresser un bilan du projet. «Si on a bien travaillé, le projet-pilote va devenir une politique. Sinon, ça va aller dans le règlement sur les nuisances», calcule M. Lavoie.

De son côté, si elle enregistre toujours beaucoup de plaintes, la Ville de Rougemont s'est engagée à tenir une autre rencontre citoyenne pour trouver de nouvelles solutions au problème.

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