Centre d'art F'artham : un rêve brisé

Guy Bonneau devant l'édifice qui abritait jadis le... (photo Janick Marois)

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Guy Bonneau devant l'édifice qui abritait jadis le centre d'art le F'artham. L'artiste et entrepreneur général reproche à son ancien mécène d'avoir saboté le projet. «J'avais une vibe, j'ai embarqué, dit-il. Lui, il ne s'est concentré qu'à faire de l'argent.»

photo Janick Marois

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Farnham) Un bâtiment patrimonial. Des artistes. Plusieurs disciplines. C'était le rêve de Guy Bonneau de gérer un centre d'art. Son rêve n'aura finalement duré que sept mois.

L'artiste et entrepreneur général accuse son ancien mécène d'avoir saboté son projet, malhabilement baptisé F'artham, en 2010. Selon M. Bonneau, le propriétaire a profité de ses talents pour faire rénover à peu de frais l'ancien poste des douanes situé au coin des rues Principale Est et Saint-Vincent.

En échange, Marcel Guindon lui permettait de loger à l'étage et acquittait plusieurs frais. L'endroit devait devenir un lieu de création et d'apprentissage. Mais une fois les travaux bien avancés, le propriétaire a refusé d'investir davantage «parce que ce n'était pas rentable», affirme M. Bonneau.

«La bâtisse était inoccupée depuis 17 ans. Avec ma conjointe de l'époque, on a travaillé comme des chiens là-dedans. J'ai passé des nuits blanches. On a réparé tous les planchers de bois franc, décapé des vieilles portes pour pas que ça coûte cher, on a même récupéré la vieille cuisine d'un Subway.»

«J'avais une vibe»

Il ajoute que «des artistes de renom devaient venir s'installer». «J'avais une vibe, j'ai embarqué, dit M. Bonneau. Lui, il ne s'est concentré qu'à faire de l'argent. À une semaine de préavis, il m'a dit: tu déménages!»

Peu fortuné, l'artiste a toutefois habité la bâtisse jusqu'en 2013 en tant qu'homme à tout faire. Ses liens avec M. Guindon se sont définitivement rompus lorsque celui-ci, selon M. Bonneau, s'est emparé de 16 toiles d'une valeur de 12 000 $ qu'il avait peintes.

«Il disait que c'était les siennes parce que ça avait été peinturé avec son matériel, ce qui est faux», dit Guy Bonneau, qui vit aujourd'hui de menus contrats de construction.

«Je suis triste que ça n'ait pas fonctionné. C'était bon pour la ville et ça a relancé le centre-ville.»

Le dossier de vol s'est clos lundi, au palais de justice de Granby, alors que Marcel Guindon a plaidé coupable à une accusation réduite de vol de moins de 5000 $ en échange d'une absolution inconditionnelle et d'un dédommagement de 500 $. Neuf peintures ont aussi été restituées à l'artiste.

«Profiteur»

Joint mardi, M. Guindon rejette les accusations en bloc. «Ses peintures, il les avait laissées là», dit le commerçant. Il attribue son plaidoyer de culpabilité au système de justice «fait pour protéger les trous de cul comme lui qui sont sur le B.S. et qui profitent de tout le monde».

«J'ai fait ce que j'avais à faire, j'ai acheté la paix, dit-il. Tout simplement pour ne pas payer d'avocat. J'étais à 100 % dans mes droits.»

M. Guindon reproche à son ancien protégé d'avoir fait de l'argent sur son dos, soulignant qu'il a été payé pour le travail fait... et inachevé.

«Ce trou de cul là? Il m'a coûté 175 000 $ à peu près, je l'ai fait vivre pendant cinq ans dans mes appartements. Puis j'ai fait 1500 $ de vente pendant sept mois, faque j'ai fermé la place.»

Il soutient que M. Bonneau ne doit pas être pris au sérieux. «Il est connu des policiers, c'est un gars de Farnham», dit M. Guindon.

L'ex-F'artham fait aujourd'hui place à un bar et à un centre d'esthétisme. Pourquoi avait-il un nom aussi farfelu? «Marcel aimait ça, moi je ne parle pas anglais, dit Guy Bonneau. Je ne savais pas que ça voulait dire "pet de cochon".»

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