Projet du Val 8 : l'étau se resserre

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Les élus bromontois trancheront le 20 juillet au sujet de l'octroi de permis de construction au promoteur du projet domicilaire du Val 8.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le projet domiciliaire du Val 8 et l'option de parc protégé ont soulevé les passions durant la séance du conseil de Bromont, lundi. La saga franchira une étape déterminante le 20 juillet dans le cadre d'une rencontre extraordinaire. Les élus trancheront alors au sujet de l'octroi au promoteur de permis de construction sur le vaste site.

C'est devant une salle bondée qu'une vingtaine de citoyens ont tour à tour pris la parole lors de la période de questions. L'épineux dossier de la huitième phase du projet Val des Irlandais, piloté par Ski Bromont immobilier (SBI), a monopolisé une bonne partie des échanges entre le public et les élus pendant près d'une heure et demie. La majorité des intervenants ont fait valoir leur intérêt pour le projet de parc dans le massif du mont Brome, chapeauté par Protégeons Bromont.

André Martin était du nombre. Son allocution a été l'une de celles ayant suscité le plus de réactions dans la foule. Le Bromontois avait fait un travail de recherche poussé, étayant les retombées économiques considérables d'un éventuel projet de parc intégral, tout en prenant en compte l'investissement de la Ville. «On parle d'un projet de parc, comme Protégeons Bromont le présente, de 385 acres. D'une pétition de 4100 noms, dont 1805 résidants qui représentent 25 % de la population totale [de Bromont]. D'un million de dollars consentis par la municipalité. Si la communauté avance le même montant, on parle d'une contribution pour la Ville de 63 ¢ le mètre carré pour un parc multidisciplinaire, quatre saisons», a-t-il indiqué sous des applaudissements nourris. Appuyant ses propos de nombreuses statistiques, l'homme a également souligné la hausse d'achalandage marquée, au cours des dernières années, qu'a connue ce type de sentiers au Québec puis aux États-Unis, citant notamment en exemple le réseau Kingdom Trails au Vermont.

L'intervention de Chantal Croteau allait dans le même sens. «Ça fait deux ans que des gens travaillent d'arrache-pied sur le projet [de parc]. Il y a clairement une volonté des citoyens de préserver [le site]. C'est dans l'avantage de tout le monde d'aller de l'avant avec cette option!», a-t-elle lancé.

Échéancier

Un grand parc nature à l'abri de l'étalement urbain, un vaste développement immobilier ou un amalgame des deux? Les conseillers municipaux auront à statuer sur la question.

Le 27 mars, l'entreprise bromontoise avait lancé une offensive pour faire contrepoids au projet de parc de Protégeons Bromont. Il s'agissait d'une offre de vente du mont Bernard à la Ville au montant d'un million de dollars. La municipalité devait se prononcer au plus tard le 27 juin. L'échéance a ensuite été reportée au 6 juillet.

Rappelons que la Ville a embauché trois spécialistes indépendants, il y a quelques mois, en raison des rapports divergents du biologiste du promoteur et de ceux du ministère des Ressources naturelles. Ces documents concernaient entre autres la présence d'écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) sur le site du Val 8. Le trio, un avocat-conseil spécialisé en droit de l'environnement puis en droit municipal, un biologiste et un ingénieur forestier, a corroboré que l'évaluation de la flore effectuée par la firme engagée par SBI était bel et bien erronée.

Un suivi du dossier du Val 8 était à l'ordre du jour en deux points, lundi soir. Le directeur général, Jean Langevin, a donc dressé un portrait de la situation, avant de repousser la date butoir décisionnelle au 20 juillet. «Le projet de résolution est de ne pas se prononcer sur l'offre de vente avant que le conseil ait adopté une résolution favorable sur la demande de délivrance des permis d'ouverture de rues et du lotissement», a-t-il mentionné. Le promoteur a jusqu'à aujourd'hui pour soumettre au Comité consultatif d'urbanisme (CCU) de nouveaux documents relatifs au projet. Ceux-ci devront ensuite être étudiés par le CCU d'ici le 17 juillet.

Consultation

Durant la séance ordinaire, plusieurs citoyens ont réclamé une consultation publique sur le dossier du Val 8 avant le 20 juillet. Les conseillers municipaux Louis Villeneuve et Diane Perron ont abondé en ce sens, confirmant avoir demandé une telle séance lors de la rencontre préparatoire des élus. «Les gens ont le droit de connaître tous les détails du dossier [du Val 8] avant que nous prenions notre décision, a-t-il indiqué à La Voix de l'Est. Ça devrait se faire à 19 h, juste avant le début de la séance extraordinaire. Là-dessus, je vais tenir mon bout.»

Transparence

Un document résumant les recommandations des Amis des sentiers de Bromont à propos du dossier du Val 8 a fait grand bruit lors de la séance du conseil, lundi.

Le président de l'organisation, Michel Matteau, a pris la parole durant la période de questions. Il a notamment mentionné qu'un compte-rendu a été remis au service d'urbanisme puis à la direction générale de Bromont. Le conseiller municipal Louis Villeneuve a pris la balle au bond. « Un rapport remis à la Ville ? Je ne l'ai jamais vu. Quand l'avez-vous reçu ? Ce serait normal qu'on l'ait, non ? », a-t-il lancé. « Ça a été déposé le 25 mai au service d'urbanisme, à Jean Langevin (directeur général) et à Réal Brunelle (conseiller municipal responsable des sentiers) », a répondu M. Matteau avant de déposer officiellement le document de 24 pages. On y dresse notamment le bilan des sentiers existants et potentiels sur le vaste site du Val 8, selon les trois options sur la table. « Plus de 900 heures de travail bénévole ont été nécessaires pour bien connaître le terrain et formuler nos recommandations », a indiqué M. Matteau à La Voix de l'Est.

Voici un résumé des conclusions du rapport : « L'addition du mont Bernard, voisin de la propriété municipale du mont Horizon, à l'ensemble du réseau de sentiers municipaux, garantira l'accès à un attrait touristique régional de grande qualité. Les points de vue sur les Montérégiennes et les Appalaches à partir des sommets attireraient la clientèle de randonneurs pédestres en grand nombre. » Selon le compte-rendu de l'organisation, seul le projet de parc intégral respecterait tous les critères émis en juillet 2011 par les Amis des sentiers, « dans le cadre du dépôt du projet municipal de PIIA en montagne ».

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