ATTENTAT EN TUNISIE : une destination à éviter... pour l'instant

Des touristes prennent un bain de soleil sur... (photo Associated Press)

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Des touristes prennent un bain de soleil sur la plage à Sousse en Tunisie, quelques jours après l'attentat qui a fait 39 morts, dont au moins 30 Britanniques, vendredi dernier.

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Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) Le secteur du tourisme de la Tunisie risque d'être sérieusement ébranlé par l'attentat perpétré la semaine dernière sur la plage d'un hôtel touristique à Sousse, une ville portuaire qui longe la mer Méditerranée.

Habillé comme un vacancier, Seifeddine Rezgui, un étudiant tunisien inconnu de la police, est débarqué sur les lieux avec un kalachnikov dissimulé dans un parasol avant de sortir son arme et d'ouvrir le feu sur les nombreux touristes se trouvant sur place.

Le dernier bilan officiel fait état de 39 morts, dont au moins 30 touristes britanniques. Un décompte qui donne froid dans le dos et qui risque certainement de refroidir les ardeurs des Québécois qui planifiaient de visiter ce pays lors de leurs prochaines vacances. «C'est une destination très, très populaire auprès des Québécois. Ça va sûrement avoir un impact, ça c'est certain», note Lucie Coupal, conseillère chez l'agence Voyages Granby Inc.

Celui-ci est toutefois difficile à mesurer pour l'instant puisque c'est au printemps et à l'automne, moment où les prix sont plus bas, que les Québécois s'envolent habituellement pour la Tunisie.

«On n'a pas eu de demandes pour cette destination au cours des deux semaines qui ont précédé l'attentat. Présentement, on n'a donc pas vu de changement drastique, mais j'imagine que ça va sûrement affecter les demandes pour cet automne», indique Mme Coupal.

Les divers voyagistes de la région contactés ont tous abondé dans le même sens. «C'est moins couru pour nous à ce temps-ci de l'année alors c'est dur à évaluer à l'heure actuelle», a souligné la propriétaire de l'agence granbyenne, Voyage à tout prix, Danielle Hébert.

La conseillère à la succursale granbyenne de Voyages Escapade 2000, Danielle Desjardins, dit néanmoins avoir observé une baisse d'intérêt pour l'Afrique du Nord depuis deux ou trois ans.

«On n'a eu aucune demande pour la Tunisie récemment. L'Égypte et la Tunisie, ce n'est pas des endroits où les gens veulent aller en ce moment parce qu'ils savent que ça va mal et que ça brasse là-bas», affirme-t-elle.

une deuxième attaqueen quatre mois

Témoin d'une hausse de la menace djihadiste depuis sa révolution en 2011, la Tunisie a subi ce deuxième attentat seulement quatre mois après l'attaque contre le musée du Bardo à Tunis qui avait fait 22 morts, dont 21 touristes.

Après cette première tragédie, une campagne intitulée «I will come to Tunisia» avait été lancée à travers le monde, question de rassurer les vacanciers désireux de poser leurs valises sur place. Mais ce nouveau geste, qui fait en sorte qu'il est plus difficile de croire en un acte isolé, pourrait bien compromettre leur décision d'aller visiter le pays au cours des prochains mois.

Les voyagistes d'ici ont d'ailleurs admis qu'ils ne suggéreraient pas cette destination à leurs clients cet été à la lumière des derniers événements.

«C'est sûr que le gouvernement tunisien a adopté plein de mesures pour renforcer la sécurité, mais je recommanderais probablement d'éviter la Tunisie pour l'instant. Il faut pouvoir se sentir en sécurité en voyage, question de partir avec la tête tranquille», fait valoir Mme Hébert.

Malgré la récente visite d'une représentante du consulat de la Tunisie venue les rassurer quant à la vente de forfaits de voyage, Mme Desjardins tient le même discours. Elle a avoué être elle-même un peu inquiète pour sa nièce qui se trouve présentement à Sousse où elle effectue un stage en journalisme. «Elle a écrit à ma cousine pour dire qu'elle était correcte. Elle n'était pas à l'hôtel en question, un petit peu en dehors, mais quand même pas loin du lieu de l'attentat. Pour l'instant, il n'y a pas de rapatriement, mais c'est inquiétant. Je ne prendrais pas le risque d'aller là-bas tout de suite», estime-t-elle.

Mieux vaut attendre que les choses se replacent un peu, croit aussi Mme Coupal, qui suggère aux voyageurs de se référer aux avertissements en vigueur sur le site web du gouvernement du Canada.

«C'est certain que je déconseillerai d'aller dans cette région-là dans les semaines à venir. Les gens vont peut-être opter pour une autre destination. Par contre, il n'y a rien d'assuré nulle part. Il y a toujours des menaces un peu partout. Il ne faut pas s'empêcher de voyager pour autant. Il s'agit juste de prendre les précautions qui s'imposent.»

Elle précise que comme toujours, la poussière risque de retomber dans les prochains mois et qu'à ce moment, les gens recommenceront à opter pour la Tunisie. D'ici là, l'économie de la Tunisie sera certainement affectée par ce dernier attentat alors que le tourisme pèse pour 7,4 % du PIB national. En tout, ce sont quelque 473 000 emplois qui dépendent de près ou de loin de ce secteur, soit 13,9 % de la population active, selon un récent rapport du World Travel and Tourism Council.

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