L'accès au sentier clandestin de vélo de montagne sera détruit

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Le président de Ski Bromont Immobilier, Charles Désourdy

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) Tout porte à croire que les amateurs de vélo de montagne devront faire leur deuil d'une des pistes de vélo de montagne clandestines les plus fréquentées du site projeté du Val 8.

Vers la fin de la semaine dernière, des utilisateurs fréquents de la piste montagnarde «No Name» ont eu vent que Ski Bromont Immobilier, qui possède le versant, allait en détruire l'accès. Cela a rapidement soulevé un tollé sur les médias sociaux de la part de plusieurs usagers, dont bon nombre ont écrit leur insatisfaction à l'endroit du promoteur.

Le grand patron de Ski Bromont, Charles Désourdy, a confirmé que les travaux étaient prévus hier, mais qu'ils ont été reportés en raison de la pluie et auront lieu à une date ultérieure.

Ceux-ci s'inscrivent dans le cadre de travaux de revitalisation environnementale pour lesquels il possède tous les permis nécessaires du ministère de l'Environnement. «Beaucoup de pistes illégales construites à notre insu seront réaménagées et revitalisées dans les zones écosensibles et près des ruisseaux, explique-t-il. On va les remettre à leur état naturel et on commence dans ce secteur-là parce que c'est là qu'il y a eu des transplantations d'espèces menacées. Les biologistes ont des frissons chaque fois qu'ils voient un vélo passer à cet endroit-là.»

Il déplore que plusieurs internautes fassent campagne sur les médias sociaux, particulièrement parce que la montagne n'est pas, contrairement à une idée largement répandue, accessible à tous. «C'est assez ironique qu'on se fasse dire qu'on détruit l'environnement alors qu'on est chez nous, que c'est un terrain privé», a-t-il rappelé à maintes reprises lors d'un entretien téléphonique avec La Voix de l'Est.

«incohérence»

Même s'ils reconnaissent empiéter sur un terrain privé, les utilisateurs de la piste n'achètent pas cet argumentaire. «Une trail, ça endommage encore moins que d'y aller avec une pépine», affirme Benoit Dal Castello.

«Son projet immobilier, avec le dynamitage et la machinerie lourde, ça ne préservera pas plus la nature. [...] Si c'était pour protéger l'environnement, eh bien du ski avec du développement à outrance, ce n'est pas l'idéal non plus», renchérit Émilie Audet.

La Bromontoise dit noter beaucoup d'incohérence entre le discours de Ski Bromont Immobilier, qui vend un accès à la montagne à travers ses développements, et les gestes qui pourraient être posés. «Si finalement, il y a un achat de terrain [ndlr<saxo:ch value="226 128 137"/>: par Conservation de la nature Canada] et que les pistes ne sont plus préservées, on va avoir perdu notre terrain de jeu, ajoute-t-elle. La montagne ne m'appartient pas, mais ça devrait faire partie du bien public.»

De son côté, l'organisme Les Amis des sentiers de Bromont croit que les cyclistes n'auront d'autre choix que de respecter la volonté de l'entreprise, à moins d'une entente. «C'est un terrain privé; le propriétaire peut faire ce qu'il veut, selon son bon vouloir», clarifie son président Michel Matteau.

«La "No Name" est une piste de 2,4 kilomètres que la communauté connaît très bien. Elle est là depuis une dizaine, peut-être une douzaine d'années. [Elle] a déjà fait son empreinte écologique, ça ne changerait rien [de la fermer]. Ce ne serait pas la même chose si on décidait d'ouvrir un nouveau sentier», ajoute-t-il en contrepartie.

Le Val 8 au coeur du litige

Tant Ski Bromont Immobilier que les adeptes de vélo de montagne situent au début de la saga du Val 8 les origines de la discorde.

D'un côté, M. Désourdy soutient que de plus en plus de pistes «pirates» sont aménagées illégalement depuis deux ans. «Ça fait six ou sept ans que le vélo est interdit dans ce secteur-là; la marche, ça doit faire 12 ans, indique l'homme d'affaires. C'est depuis que le projet est annoncé que ce sport-là s'est intensifié. Dans les derniers deux ans, il y a un groupe qui a créé des pistes illégales avec des pics, des pelles et des râteaux. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut tolérer.»

De l'autre côté, on allègue que les pistes sont présentes depuis beaucoup plus longtemps, et qu'il existait jusqu'à tout récemment un genre de consentement tacite à les utiliser. «Ce sont des pistes qui sont là depuis au moins cinq ans et qui sont utilisées autant par des gens qui font du vélo de montagne que des randonneurs, toute l'année, affirme pour sa part Mme Audet. Ça a toujours été toléré implicitement. C'est vraiment avec le projet du Val 8 qu'il a commencé à y avoir des tensions.»

«Depuis le Val 8, on a une interdiction de rouler, mais comme rien ne s'est passé depuis, les gens ont recommencé à y retourner», explique M. Dal Castello.

Quelques-uns s'estiment instrumentalisés dans un bras de fer entre l'entreprise et les protecteurs de la montagne. «On va peut-être servir de chair à canon, craint Émilie Audet. On se sert des cyclistes pour faire un moyen de pression afin de faire avancer les tractations du Val 8.»

Les opposants à la destruction se sont donné rendez-vous à la prochaine séance du conseil municipal, lundi prochain. «C'est important de faire entendre nos voix et de faire valoir nos intérêts, rappelle Mme Audet. Il y aurait moyen de trouver un terrain d'entente.»

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