La force de la collectivité

Depuis le début du mois de juin, un... (photo Julie Catudal)

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Depuis le début du mois de juin, un appartement de la rue Pine s'est transformé en local pour tous, à Sutton. Rafi Allaouirdian et Bruno Gagnon sont derrière ce nouveau projet de société, l'Espace 100 noms, grandement inspiré d'un lieu du même nom existant à Lennoxville.

photo Julie Catudal

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Sutton) Une bibliothèque d'outils, des produits partagés et maintenant, un espace collectif appelé Espace 100 noms. Les projets de coopération et de communauté ne manquent pas à Sutton, par les temps qui courent. Depuis le début du mois de juin, un appartement de la rue Pine s'est transformé en local pour tous. Les Suttonnais Rafi Allaouirdian et Bruno Gagnon sont derrière ce nouveau projet de société, grandement inspiré d'un lieu du même nom existant à Lennoxville.

Après une visite de l'Espace 100 noms de Lennoxville, le premier au Québec, les deux hommes se sont mis à rêver d'un tel endroit à Sutton. Déjà, ils se rencontraient fréquemment depuis plusieurs mois pour élaborer d'autres projets de collectivité. Bruno Gagnon, musicien et compositeur, croyait que celui-ci verrait le jour dans deux ou trois ans. Cinq mois plus tard, la place ouvrait ses portes.

«Rafi, un matin, s'est levé et s'est dit "je le fais parce que je le sens"», raconte celui qui a aussitôt embarqué dans le navire.

Le duo a adhéré au mouvement de la Give Box, qui consiste à donner un objet qui ne nous sert plus ou à en prendre un qui nous serait utile. Il y a ainsi un roulement d'articles sur la galerie de bois devant l'immeuble qui abrite l'Espace 100 noms. Devant le succès de l'initiative, un cabanon avec des tablettes et plus de rangement prendra le relais.

À l'intérieur, tout a été pensé pour que la personne qui entre se sente chez elle. Un espace est réservé à la coiffure dans ce qui était autrefois le salon. La salle à manger s'est transformée en salle de jeux de société, une chambre en lieu de repos, et les grandes pièces du fond en salle multifonctionnelle.

La cuisine, elle, est toujours une cuisine. N'importe qui peut venir s'y préparer un repas, se servir dans le réfrigérateur et même le remplir de nourriture. Utile lorsqu'un Suttonnais part en vacances et ne veut pas jeter des produits frais.

La richesse humaine

«La force, la richesse des ressources humaines qu'on a, pas seulement à Sutton, c'est énorme! Mais on n'a pas l'espace, l'occasion, l'opportunité, la vision, la conscience, le courage de sortir tout ça, remarque M. Allaouirdian. Une fois que ça commence à sortir, c'est illimité quasiment. Ce que l'humain peut faire, c'est incroyable. On veut amener cette opportunité-là. C'est juste une étape parmi d'autres qui vont venir.»

Ainsi, une coiffeuse vient passer quelques journées par mois pour offrir ses services. Des conférenciers réunissent des citoyens pour des discussions. Une table à massothérapie est disponible pour un professionnel qui veut détendre les muscles dans l'Espace coeur, ou Espace 100 thérapies. Des films portant à réflexion sont projetés pour les enfants et le seront bientôt pour les adultes.

Il y a également des ateliers. Vendredi, par exemple, quelqu'un en a donné un de réparation. Les participants sont arrivés avec leur matériel à réparer et il les a aidés à procéder. Les activités sont d'ailleurs inscrites dans un calendrier sur le site d'Action Sutton.

Un babillard occupe un mur de la maison où des espaces sont prévus pour annoncer les activités à venir dans les locaux, les activités culturelles dans la ville, les choses à vendre ou à louer. Il y a aussi un espace central pour le mouvement Produit partagé.

«Ce qui prédomine ici, c'est que le "nous" doit être respecté, constate M. Allaouirdian. Le collectif doit être respecté. Ce n'est pas mon besoin versus le besoin de tout le monde. Tout ce que je fais, je le fais pour le "nous", et je suis inclus dans le "nous". C'est dans cette philosophie qu'on veut faire fonctionner la place.»

Des «supporteurs»de coeur

Les porteurs du projet ne sont pas seuls. Un des premiers «supporteurs» du projet a été le propriétaire de l'endroit, qui est d'ailleurs le propriétaire du local où loge la cordonnerie de M. Allaouirdian. «Il m'a fait visiter la place, on a parlé finances. Je lui ai expliqué c'était quoi, le projet de local communautaire et ça lui a beaucoup parlé. À partir de ce moment-là, il a commencé à investir des milliers de dollars ici sans augmenter le loyer. C'était sa grande contribution», dit-il avec reconnaissance.

Le sous-sol abrite déjà la bibliothèque d'outils que ce dernier a lancée l'été dernier. «On avait une buanderie qui a fermé récemment à Sutton et les gens doivent aller à Cowansville pour aller laver leurs vêtements, ajoute-t-il. Ils sont mal pris. On pense à mettre laveuse et sécheuse pour les aider.»

MM. Allaouirdian et Gagnon veulent aussi amener dans le local le projet de Magasin 100 prix, qui consiste à donner un article encore neuf que le prochain visiteur pourra prendre et utiliser. Un peu dans le même concept que Produit partagé et de Donnez au suivant. Tant pour le Magasin 100 prix que pour la Give Box, les livres et les vêtements ne sont pas acceptés, notamment pour une question d'espace.

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