Retour aux sources : de jeunes tortues-molles à épines retournent à la nature

La tortue-molle à épines est l'une des huit...

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La tortue-molle à épines est l'une des huit espèces de tortues d'eau douce présentes au Québec, mais on ne la retrouve que dans la région du Lac Champlain, ce qui en fait un animal emblématique de la région.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Pike River) Hier était un grand jour. Après avoir été incubées et élevées pendant près d'un an dans le laboratoire du Zoo de Granby, 22 tortues-molles à épines ont été relâchées par une trentaine d'élèves dans la Rivière-aux-Brochets, à Pike River.

La tortue-molle à épines est l'une des huit espèces de tortues d'eau douce présentes au Québec, mais on ne la retrouve que dans la région du Lac Champlain, ce qui en fait un animal emblématique de la région.

La relâche d'hier est l'aboutissement d'un long projet de quinze ans. En effet, la tortue-molle à épines a reçu le statut d'espèce menacée en mars 2000.

Dès lors, et même auparavant, les chercheurs se sont mis à observer le mode de vie de l'animal afin de comprendre comment les adultes vivent. À l'aide d'émetteurs, ils ont suivi, pendant quelques années, les mouvements des reptiles, qui peuvent parcourir plusieurs kilomètres par jour. Ils ont ainsi découvert à quel endroit les femelles pondaient leurs oeufs.

Depuis 2009, on recueille ceux-ci pour les incuber au Zoo de Granby. Des 800 oeufs amassés, on a assisté à 625 naissances, un taux de réussite de 87% dont Patrick Paré est très fier. «Dans la nature, le taux d'éclosion est de 27% seulement», note le biologiste et responsable du volet recherche et conservation au zoo.

Normalement, les tortues sont relâchées dans la nature après une ou deux journées de vie. Hier, celles qui ont été mises à l'eau étaient âgées d'une dizaine de mois, ce qui augmente leurs chances de survie dans leur habitat naturel. «En nature, les oeufs sont la cible de prédateurs, notamment les ratons-laveurs, explique M. Paré. La crue des eaux est aussi une menace. Quand il pleut, le niveau d'eau de la rivière a tendance à augmenter rapidement, ce qui inonde les sites de ponte et détruit les oeufs.»

Une expérience enrichissante

Entre 2002 et 2010, des programmes d'éducation en milieu scolaire ont par ailleurs été mis en place dans la région.

Ainsi, pendant six semaines, les classes de Nancy Francoeur et de Sarah Trooper, enseignantes à l'école primaire Saint-Joseph de Notre-Dame-de-Stanbridge, ont accueilli deux tortues, Oliveau et Billy. Un biologiste du Zoo de Granby est pour sa part venu les visiter chaque semaine.

«Les élèves ont eu à les nourrir, à les peser, à observer leur comportement et ils ont aussi appris sur le mode de vie et l'habitat des tortues», explique Mme Tropper.

«Ça les a aussi sensibilisés sur les animaux en voie d'extinction. Ils ont vraiment apprécié leur expérience», renchérit Mme Francoeur.

Pour les deux groupes, la libération des bébés tortues était le point culminant d'une expérience des plus enrichissantes, alors que leurs deux protégés, désormais domestiqués, reprendront plutôt la route du Zoo à la fin des classes.

Travail d'équipe

Le projet est appuyé financièrement par la Fondation de la faune du Québec, et est également porté par l'Organisme du bassin versant de la Baie Missisquoi, pour qui la sauvegarde des tortues s'inscrit naturellement dans la mission.

«C'est extraordinaire le travail que le zoo fait actuellement au niveau de l'incubation des oeufs, souligne Johanne Bérubé, directrice générale. Pour l'organisme de bassin versant, ça veut dire un travail d'équipe et un travail concerté. La tortue fréquente la baie, dans une eau très dégradée. L'amélioration de la qualité de l'eau s'intègre dans ce programme-là et fait partie de notre champ d'action.»

Une centaine d'oeufs a déjà été recueillie cette année et attend d'éclore. Le programme devrait se poursuivre jusqu'en 2020.

Des 800 oeufs amassés, on a assisté à 625 naissances, un taux de réussite de 87% dont Patrick Paré est très fier. «Dans la nature, le taux d'éclosion est de 27% seulement», note le biologiste et responsable du volet recherche et conservation au zoo. - Photos Catherine Trudeau

Pendant six semaines, deux classes de l'école primaire Saint-Joseph de Notre-Dame-de-Stanbridge, ont accueilli les tortues Oliveau et Billy. Un biologiste du Zoo de Granby est pour sa part venu les visiter chaque semaine.

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