Un Farnhamien attaqué: l'homme qui a survécu à l'ourse

L'ourse enragée a déchiré les bottes et une... (photo fournie par Daniel Blanchard)

Agrandir

L'ourse enragée a déchiré les bottes et une partie du pantalon du Farnhamien avec ses grosses pattes et sa mâchoire. -

photo fournie par Daniel Blanchard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Antoine Lacroix
La Voix de l'Est

(Granby) Le chasseur farnhamien Daniel Blanchard peut se considérer chanceux: il a survécu à l'attaque d'une ourse féroce cherchant à protéger ses petits. Maintenant chez lui, il panse tranquillement ses plaies, ayant subi une cinquantaine de points de suture sur l'ensemble de son corps.

Il y a une semaine, vers 21 h, dans la Zone d'exploitation contrôlée (ZEC) du Chapeau-de-paille, à plus de 100 kilomètres au nord-ouest de Shawinigan, Daniel Blanchard s'affaire à ramasser son équipement, alors qu'il a passé la journée à photographier des ours. Une ourse accompagnée de ses deux petits s'est approchée de l'appât, composé de victuailles diverses, non loin de la plateforme d'observation de M. Blanchard. Bien qu'il soit présent pour chasser, ce n'est pas ces cibles qui l'intéressent. «Je n'abats pas les femelles avec ses petits», précise-t-il, se contentant des gros ours massifs.

Le chasseur expérimenté s'emploie à faire du vacarme en faisant tomber son sac, dans l'espoir qu'ils s'enfuient, comme il arrive d'habitude, mais c'est plutôt l'inverse qui se produit. «La mère a dû avoir peur que je sois un autre ours voulant manger ses petits, elle a donc voulu les protéger en m'attaquant», dit-il comme hypothèse.

L'ourse noire fonce alors à toute vitesse vers M. Blanchard et son perchoir, bien décidée à le défier. Elle grimpe le tronc d'arbre et fonce vers l'homme de 63 ans, les crocs acérés et les griffes pointues prêtes à être utilisés. La bête enragée déchire les bottes et une partie du pantalon du Farnhamien avec ses grosses pattes et sa mâchoire. L'homme se débat, assénant le plus de coups possible pour faire lâcher prise à l'animal. L'ourse perd... patte et retourne au pied de l'arbre.

M. Blanchard, conservant tout de même son sang-froid, tente de remonter son sac pour avoir un objet pour se défendre, comme son poivre de cayenne, mais sans succès. L'ourse, déjà de retour, tente maintenant de viser la gorge du pauvre homme. «J'ai bien vu ce qu'elle tentait de faire, donc je n'ai pas eu le choix, j'ai utilisé mon bras pour me défendre... pour survivre», laisse-t-il tomber.

Le bras tendu tel un bouclier, l'homme avec plus de 40 ans d'expérience de chasse se défend tant bien que mal sous les assauts de la bête. Il subit de nombreuses morsures et lacérations. «Et là, je ne sais pas d'où j'ai trouvé la force, mais j'ai pu faire chuter l'ourse, qui est tombée lourdement sur le sol. Après ça, malgré la douleur, j'ai réussi à faire monter mon sac sans faire de bruit. J'ai sorti mon poivre de cayenne et je l'attendais de pied ferme», narre-t-il, dans la lignée des bonnes vieilles légendes de chasse. Sauf que cette fois-ci, c'est la réalité.

L'ourse revient à la charge et Daniel Blanchard l'asperge abondamment de poivre de cayenne. La bête retourne choir sur le sol, désorientée, et s'enfuit après un long silence.

«Amoché»

«Là, je me suis rendu compte que j'étais pas mal amoché. J'ai rejoint mon ami par la radio, il ne croyait pas que je m'étais fait attaquer», raconte Daniel Blanchard.

Par la suite, ce n'est qu'une course contre la montre pour se rendre à l'hôpital de Shawinigan, où il subit une cinquantaine de points de suture.

Il fut un temps où le chasseur se promenait avec le poivre de cayenne et un couteau accrochés à sa ceinture, ainsi qu'un «douze coupé» en bandoulière, par prudence. «Mais plus ça avance, plus on se dit: "Ah! Il ne m'arrivera rien!" Mais un accident peut toujours se produire. Tu vois, j'avoue que j'ai été imprudent cette fois-ci», concède-t-il.

Le Farnhamien espère donc que la communauté de chasseurs apprendra de sa mésaventure et redoublera de prudence. Il ne compte pas raccrocher son arc, lui qui prévoit tout de même retourner à la chasse l'an prochain. Et non, il n'espère pas se venger de l'ourse noire, comme dans les films d'action. «C'est naturel ce qu'elle a fait, je ne peux pas lui en vouloir», conclut-il.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer