Pour l'élève, nous sommes plus qu'attachants

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Pour les personnes qui ne le sauraient pas encore, sachez que la commission scolaire du Val-des-Cerfs coupe des postes de professionnelles et de professionnels de l'éducation dans les écoles de vos quartiers (psychologue, psychoéducateur, conseiller pédagogique, conseiller d'orientation et animateur à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire). Le ministère de l'Éducation des loisirs et du sport (MELS) demande à cette dernière d'économiser 7,4 millions d'ici trois ans. Les conséquences seront dévastatrices. Couper dans les services aux élèves c'est infliger à l'élève en difficulté ou en souffrance une difficulté de plus ou une souffrance supplémentaire.

Saviez-vous qu'environ 35% des élèves éprouvent un style d'attachement insécurisant (environ 2 élèves dans une classe de 7) (Gautier, 2009)? L'attachement sécurisant est le lien privilégié qui se construit tranquillement et progressivement entre le parent et l'enfant, et ce, dès la naissance de ce dernier. Non seulement il a un impact sur son bien-être, mais aussi sur le développement de son cerveau c'est-à-dire sur l'image qu'il se fait de lui-même (estime de soi) et de sa vision du monde (intelligence relationnelle.) Donc, l'attachement insécurisant est la résultante d'une faille dans le développement de l'enfant.

Selon la loi canadienne, le rôle de l'enseignante et de l'enseignant, et j'ajoute la professionnelle et le professionnel, est d'être le prolongement du parent donc non seulement nous devons protéger l'enfant, mais aussi lui apprendre à s'attacher. (Robillard et Boutet, 2012 cours APR845)

Comme vous pouvez le constater, l'école est un lieu propice non seulement au développement intellectuel et manuel de l'élève, mais il est aussi un milieu privilégié pour le développement de l'attachement sécurisant avec d'autres adultes de l'école qu'il côtoie au quotidien.

Au final, supprimer des postes de professionnelles et de professionnels, c'est, en même temps, supprimer le lien d'attachement sécurisant que l'élève développe au quotidien avec ces derniers. Parce que ce lien est sécurisant pour l'élève, cela permet aux enseignantes et aux enseignants, aux professionnelles et aux professionnels de l'éducation d'influencer l'élève de manière positive afin qu'il gagne en estime de soi, et en habileté relationnelle.

Le lien d'attachement sécurisant est plus susceptible d'outiller l'enfant pour faire face aux conflits et à faire des choix plus judicieux pour lui (se laisser moins entraîner par les autres.) À l'inverse, un lien d'attachement insécurisant peut mener l'enfant à développer une faible estime de soi, voire des troubles de comportement ou l'anxiété, souffrir de la dépression, etc.

Vous aurez compris que l'élève qui souffre du trouble de l'attachement a besoin d'aide, de soutien et surtout de rencontrer, à l'école, un adulte signifiant et attachant pour le préparer à développer son autonomie, sa socialisation et lui apprendre à résoudre les conflits avec moins de colères parfois excessives.

Tous les jours, dans le cadre de mon travail, je suis confronté à des élèves souffrant du trouble de l'attachement. Très souvent, une enseignante, un enseignant, une professionnelle, un professionnel devient la figure représentative qu'un enfant a besoin pour grandir en toute sécurité.

Ne coupez pas...le fil est mince pour l'élève qui cherche le fil conducteur.

Entretenez, avec son école, un lien d'attachement sécurisant tout comme avec votre enfant.

Parents: soyez indignés et mobilisez-vous.

Merci!

Robert Huard

Président, Syndicat des professionnelles et professionnels des commissions scolaires de Richelieu-Yamaska

Granby

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer