Maison Au Diapason: une nouvelle salle pour les enfants endeuillés

Flora, Noé et Mélodie Millette-Lamoureux étaient heureux d'assister... (photo Janick Marois)

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Flora, Noé et Mélodie Millette-Lamoureux étaient heureux d'assister à l'inauguration de la nouvelle salle des Petites voix Au Diapason, qui leur ont permis de mieux vivre la perte de leur père.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Bromont) «La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre», a dit un jour Albert Einstein. Cette citation illustre parfaitement le processus de deuil et figure sur l'un des murs de la toute nouvelle salle pour les Petites voix Au Diapason, inaugurée lundi.

En plus de sa principale mission, qui est d'accompagner les gens en fin de vie, la maison Au Diapason, de Bromont, offre depuis deux ans de l'aide aux enfants qui vivent un deuil.

Grâce à de généreux donateurs, la maison a pu se doter d'une salle, au sous-sol, entièrement réservée à ces enfants. On y trouve un mur où les six enfants qui apprennent actuellement à vivre leur deuil ont dessiné, de grands placards où sont rangés des bacs pleins de jouets et de matériel de bricolage, et un théâtre de marionnettes.

«Mon père est décédé quand j'avais 7 ans. Les Petites voix m'ont aidée à voir le deuil d'une autre façon, raconte Flora Millette-Lamoureux, aujourd'hui âgé de 10 ans, venue témoigner de son expérience. Ça m'a permis de me libérer et de m'exprimer tout en bricolant», ajoute-t-elle en montrant son journal de bord, remis aux enfants qui doivent vivre avec la perte d'un être cher.

Pour aider les enfants qui se présentent au programme, qui consiste en deux rencontres hebdomadaires de deux heures pendant dix semaines, des bénévoles proposent diverses activités. Celles-ci vont du simple bricolage à la lettre adressée à la personne décédée, en passant par le théâtre de marionnettes afin de permettre à l'enfant de s'exprimer avec lucidité et d'évacuer sa colère.

Instigatrices du programme, les bénévoles Michelle Brouillette et Ginette Tardif ont mis plus de 1000 heures de leur temps pour étudier le processus de deuil chez l'enfant, trouver les jeux par lesquels il peut le vivre et élaborer le programme. Un programme sanctionné par des professionnels de la santé qu'elles voudraient offrir à d'autres ressources spécialisées dans le deuil, à condition que l'aide soit donnée gratuitement.

Évacuer la rage

Noé, le frère aîné de Flora, a montré la taie d'oreiller qu'il a créé et qui représente bien toute la colère qu'il ressentait lors de son parcours de deuil. En recouvrant un oreiller avec sa taie, il peut frapper dedans pour évacuer la rage.

L'aînée de la famille, Mélodie, âgée de 14 ans, a dessiné une image qui la hantait avant de la déchirer et ne plus y penser. Les trois frères et soeurs ont appris, grâce aux Petites voix Au Diapason, à vivre leur deuil et à se sortir la tête de l'eau.

Leur mère, Josianne Millette, se rappelle avoir fait plusieurs démarches auprès de diverses ressources pour que ses enfants puissent obtenir de l'aide, mais aucune ne répondait aux besoins. Après avoir baissé les bras, elle a rencontré par le plus pur des hasards la directrice des bénévoles qui lui a parlé du programme. «On a été accueilli à bras et à coeur ouverts, sans aucun jugement, indique-t-elle. Et tout ce qu'ils vivent, ils ont le droit de le dire. Quand nos enfants vont mieux, on va mieux aussi.»

Depuis deux ans, une cinquantaine d'enfants ont été aidés dans leur deuil. «C'est un lieu où on vient pour mourir dans la paix et le respect, mais c'est aussi un endroit pour renaître», conclut Josianne Millette.

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