Bilan de la DPJ: les signalements en baisse dans la région

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Maryse Davreux, directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie-Est.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

La DPJ de la Montérégie-Est a traité en moyenne plus de trois signalements par jour en 2014-2015 dans la région des CSSS de la Haute-Yamaska et La Pommeraie. Il s'agit d'une baisse de 8 % comparativement à l'année précédente. Les cas de négligence et de violence corporelle envers les enfants constituent les deux motifs les plus dénoncés.

Bien qu'un cas d'enfant signalé à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en soit un de trop, Maryse Davreux, à la tête de l'organisation en Montérégie-Est, dresse un bilan positif des derniers mois. «De 2010 à 2013, on avait vu une hausse marquée de signalements en Montérégie. C'était au-dessus de 20 %, se remémore-t-elle. Depuis deux ans, ça tend à se stabiliser.»

La croissance des signalements ne revêt toutefois pas qu'un aspect négatif, fait-elle remarquer. «En Montérégie, dans les dernières années, on avait un taux plus bas d'enfants signalés par 1000 habitants qu'ailleurs au Québec. On tend à se rapprocher des autres régions.»

Selon Mme Davreux, la négligence et les sévices physiques à l'endroit des enfants demeurent parmi les plus préoccupants en raison de leur nombre élevé à l'échelle provinciale. En Haute-Yamaska, 130 cas de négligence ou de «risque sérieux de négligence» ont été déclarés en 2014-2015, tandis que 95 dénonciations pour des motifs similaires ont été enregistrées durant la même période à La Pommeraie. De même, 90 cas de violence corporelle ont été répertoriés en Haute-Yamaska, puis 44 à La Pommeraie. Dans l'ensemble, ces types de signalements sont restés plutôt stables depuis 2013.

CONSCIENTISATION

Selon Mme Davreux, l'amélioration des statistiques d'abus et de négligence envers les enfants passe par la réduction de «l'effritement du tissu social». La conscientisation de la population à propos de l'importance de dénoncer les situations de jeunes vulnérables est aussi en tête de liste. En ce sens, la directrice de la protection de la jeunesse estime que le «travail terrain» a porté ses fruits. «On ne le dira jamais assez. La protection des enfants, c'est l'affaire de tous. Au cours des dernières années, on a consulté les gens dans les écoles, le milieu policier. C'est important que tout le monde travaille dans le même sens. En ce qui concerne les cas de négligence, on a lancé le programme "Je tisse des liens gagnants" en collaboration avec les Centres jeunesse et les CSSS pour soutenir les enfants et les familles», a-t-elle cité en exemple.

Question de permettre aux enfants de s'exprimer, une vidéo présentant une série de témoignages portant sur leurs besoins fondamentaux sera lancée par la DPJ aujourd'hui.

Mme Davreux tient également à briser les tabous à propos des signalements plus nombreux chez les familles à revenus plus modestes. «Un niveau économique bas n'égale pas nécessairement une situation potentielle de problématique liée à la DPJ. Plusieurs ménages vivant, entre autres, de l'aide sociale ont accès à un réseau d'entraide très développé et les enfants y sont très bien traités. On ne peut pas faire cette équation [pauvreté égale maltraitance]», insiste-t-elle.

DÉRIVE

De nouvelles normes liées à la syndicalisation des familles d'accueil sont entrées en vigueur le 1er février. L'une d'elles prévoit que les proches parents qui hébergent un enfant, des familles d'accueil «de proximité» dans le jargon, ont droit à une enveloppe budgétaire plus substantielle de l'ordre de 24 000 à 38 000 $, comparativement à 9000 $ par année en 2014.

En janvier dernier, La Presse rapportait que «des intervenants commençaient déjà à constater les "dérives" du nouveau régime». «On a vu une grand-mère reconnue famille d'accueil parce que sa fille est inapte. Elle accueille donc son petit-fils, récolte les revenus, mais par la suite, sa fille vient vivre avec eux», avait relaté un intervenant sous le couvert de l'anonymat.

Selon Marie-Josée Audette, directrice adjointe du programme jeunesse - services psychosociaux dans la communauté et partenariat du CISSS de la Montérégie-Est, ce genre de situation est marginale, même si la hausse des sommes consenties aux familles d'accueil «est considérable». «On ne voit pas de "dérive" actuellement, assure-t-elle, même chez les familles d'accueil "de proximité". Elles doivent faire l'objet d'une évaluation par la protection de la jeunesse. S'il y a une anomalie [avec certains candidats], elle sera détectée rapidement, car il y a beaucoup de vigilance.»

«D'ailleurs, nous ne sommes pas en recrutement de familles d'accueil en ce moment, poursuit-elle. À ce chapitre, notre bassin est bien nanti.»

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