Le retour d'un grand, notent nos bloquistes

«Je suis content que M. Duceppe rentre au bercail.... (photo archives La Voix de l'Est)

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«Je suis content que M. Duceppe rentre au bercail. Il va travailler avec Mario. Ils sont tous les deux les gens de la situation, affirme Patrick Melchior, candidat dans Brome-Missisquoi. Plus nous sommes alliés, plus il y a de forces pour aider notre cause. L'annonce d'aujourd'hui démontre une réelle volonté de rallier tout le monde.»

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) La confirmation du retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois est signe de réjouissances pour plusieurs candidats et anciens candidats du parti, qui y voient l'occasion de regagner des appuis.

«C'est comme Mario Lemieux qui revient au jeu pour gagner une autre Coupe Stanley!» s'exclame Michel Filion, candidat dans Saint-Hyacinthe-Bagot.

Tous reconnaissent les atouts de M. Duceppe, qui seront fort utiles au cours de la campagne électorale qui s'amorcera sous peu avec la fin des travaux parlementaires. «C'est la personne la plus adéquate pour diriger le parti, la plus habile à faire le débat des chefs», estime le conseiller municipal Robert Vincent, qui a porté les couleurs du Bloc dans Shefford de 2004 à 2011.

«Il a la capacité de débattre, il connaît le milieu, il a l'expérience. M. Duceppe est l'homme de la situation, il a toujours été d'excellent service pour la cause, il nous a amenés à des sommets», ajoute M. Filion.

Pas à l'agonie

Il ne faut pas voir dans ce retour un parti agonisant cherchant à mourir de sa belle mort, préviennent ces messieurs. «La vague orange a fait mal à tous les partis. Il ne fallait pas la prendre personnelle. Et n'oublions pas quand M. Bourassa a été défait, tout le monde pensait que c'était fini, et pourtant il est revenu et est rentré plus fort que jamais», rappelle Robert Vincent.

La cuisante défaite électorale de 2011 n'aura été qu'un accident de parcours, estiment-ils. «Ce qu'il y a de changé en quatre ans, c'est que le Québec a fait le pari d'un parti fédéraliste à Ottawa, note M. Filion. On a pu constater que le NPD n'a pas joué le rôle du bon gardien de but. Le NPD ne peut pas défendre nos intérêts comme nous on peut le faire.»

Au contraire, le retour de l'ancien député de Laurier-Sainte-Marie ne fera que renforcer les appuis au parti.

«Je suis content que M. Duceppe rentre au bercail. Il va travailler avec Mario. Ils sont tous les deux les gens de la situation, affirme Patrick Melchior, candidat dans Brome-Missisquoi. Plus nous sommes alliés, plus il y a de forces pour aider notre cause. L'annonce d'aujourd'hui démontre une réelle volonté de rallier tout le monde.»

Une observation qui réjouit Jocelyn Beaudoin. «Gilles Duceppe reste le politicien le plus apprécié au Québec et il jouit d'une belle notoriété, dit-il. Tout ça replace l'indépendance au coeur du message, et c'est pour ça que je suis là. Je suis au Bloc pour qu'on travaille toutes ensemble, les instances souverainistes. On l'a encore vu dans les partielles [ndlr<saxo:ch value="226 128 137"/>: dans Chauveau et Jean-Talon]; il y a une division du vote qui nous fait perdre des sièges.»

L'opposition salue

Les adversaires politiques des candidats ont eux aussi salué le retour de Gilles Duceppe en politique active.

«C'est la preuve que tu peux enlever un homme de la politique, mais que tu ne peux pas enlever la politique dans l'homme! J'ai un respect pour ça», souligne Sylvie Fontaine, candidate pour le Parti conservateur dans Shefford.

Un constat que partage le libéral Denis Paradis, qui souhaite reconquérir la circonscription de Brome-Missisquoi. Il ne voit d'ailleurs pas dans ce coup de théâtre un geste désespéré pour la survie du parti étant donné qu'il a lui-même fait un retour dans l'arène politique après une pause. «On dirait que quand on a cette espèce de piqûre politique, c'est dur de s'en débarrasser, reconnaît-il. À la base, il y a toujours eu un intérêt pour la politique chez M. Duceppe. Il n'avait pas perdu son ardeur.»

Pour ces deux candidats, la situation ne nuira pas à leur propre campagne. «Que ce soit M. Duceppe ou un autre, bienvenue! poursuit M. Paradis. Moi, ce que je constate, c'est que quand je parle aux plus jeunes, le Bloc ne leur dit pas grand-chose. Ça ne les rejoint plus. Les jeunes sont davantage des citoyens internationalistes que nationalistes.»

«M. Duceppe a dit revenir pour la survie du parti: à mes yeux, c'est signe qu'il vit avec un poumon artificiel, renchérit Mme Fontaine. [...] Je ne comprends pas ce que le Bloc fait à Ottawa, ça va à l'encontre des valeurs canadiennes. Ils ne pourront jamais prendre le pouvoir. On verra bien le 19 octobre ce que la population en pensera.»

Au contraire, croit la conservatrice, une hausse de popularité du Bloc québécois pourrait jouer en sa faveur. «Ça peut avoir un impact sur ma campagne; plus il y a de joueurs, plus le vote se divise. À la dernière élection, beaucoup [d'électeurs bloquistes] se sont tournés vers le NPD. Ils vont peut-être revenir aux sources. À quatre joueurs, tout est possible. Ça va être intéressant.»

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