Entre espoir et amertume

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La Voix de l'Est

Vendredi soir dernier, je demandais à un proche, plutôt fédéraliste, ce que la mort de Jacques Parizeau lui inspirait. Il me répondit: «c'est un grand personnage québécois, j'ai même failli lui pardonner les paroles malheureuses qu'il a dites le soir du référendum (...l'argent puis des votes ethniques ...)». J'ai souligné que, incidemment, Jean-François Lisée avait demandé dans le Journal de Montréal, le 3 juin, aux Québécois blessés de lui pardonner compte tenu de l'immensité de son oeuvre pour le Québec.

Mais quoi qu'il en soit, lui ai-je dit, ces paroles ont été rappelées et répétées mainte et mainte fois dans les médias ces derniers jours. Elles sont incrustées dans notre histoire et des fédéralistes les répéteront encore et encore pour stigmatiser et culpabiliser les souverainistes et, surtout, pour éviter d'admettre que leur camp a triché en 1995, sans égard pour la démocratie québécoise. Ces paroles sont devenues un mythe, le mythe de l'amertume ou de la culpabilité d'un peuple, dépendant de qui veut bien l'utiliser.

Mon proche était d'accord avec l'idée du mythe mais non avec les raisons que j'invoquais pour en justifier le rappel incessant. Il m'a fait, avec à-propos, constater qu'il était inévitable que dans les moments forts en émotions pour tout un peuple que des mythes se construisent... pour alimenter à la fois la mémoire et l'imagination. Il m'a rappelé justement cette autre phrase, celle-là de René Lévesque, le soir de sa défaite référendaire: «...si je vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire «À LA PROCHAINE FOIS»...

Nous avons conclu, sans doute, sans l'expliciter formellement que les mythes sont nécessaires pour un peuple, c'est la preuve de son existence, de sa réalité. Et personnellement, en écrivant ces quelques mots, j'ai la ferme conviction qu'il est inévitable dans un parcours historique authentique qu'il se crée des mythes en tout genre comme une façon d'enraciner son esprit et son identité dans le temps et dans l'espace.

Nous avons eu le mythe de l'espoir fou en 1980 avec 40 % d'appui à la souveraineté puis celui de l'amertume plus folle encore en 1995 avec 49.6 % du vote. Entre les deux, aurons-nous bientôt celui de la confiance en soi, de l'audace, bref, de la liberté avec, espérons-le, plus de 55 % du vote lors du prochain référendum et une phrase de PKP qui s'inscrira, celle-là, dans le registre de la réconciliation?

 

Denis Forcier

Shefford

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