Patients sans médecin à Granby : changement de cap pour la clinique d'accès

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La clinique d'accès devrait être relocalisée dans de nouveaux locaux d'ici la fin de l'été.

photo Julie Catudal

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Les coupures en santé auront des répercussions sur la clinique d'accès pour les patients sans médecin de famille. Une refonte des services et du personnel qui gravite au sein de l'organisation est dans les cartons, a appris La Voix de l'Est. De plus, l'établissement de la rue Saint-Jacques doit être implanté ailleurs à Granby d'ici la fin de l'été.

«Dans le réseau de la santé, on jongle actuellement avec certaines contraintes financières. En ce sens, on veut trouver un moyen pour maintenir les services adéquatement. Ce qui est regardé, c'est de relocaliser les activités de la clinique d'accès. Ça demeurera à Granby dans un environnement de proximité», a indiqué en entrevue Stéphane Tremblay, responsable des programmes de santé physique généraux et spécialisés au Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie.

En septembre dernier, la Ville a mis un terme à son aide financière de 120 000 $, représentant la moitié du budget annuel de la clinique. La municipalité avait décidé d'agir ainsi en raison de la performance décevante de l'organisation depuis son ouverture en 2011. Le CSSS de la Haute-Yamaska assumait donc l'ensemble de la facture depuis que Granby s'était retirée du dossier. M. Tremblay a confirmé indirectement que la perte de cette «importante enveloppe» a mené à la restructuration qui pointe à l'horizon. «Au départ, il y avait un projet qui a amené certains résultats. Cette situation n'est pas viable avec les ressources à notre disposition. On se doit de faire des choix différents.»

Cible

Lors de l'inauguration de la clinique, une cible de 4000 visites par année avait été fixée. L'établissement n'a jamais offert le rendement escompté au cours des trois premières années. Il semble que 2015 soit dans la même veine, car 1350 visites avaient été recensées au 1er avril. «Ce n'est pas le premier projet qui n'atteint pas sa cible malgré des investissements, somme toute, considérables. La sagesse, c'est de le reconnaître et de faire les choses autrement.»

Bien que les «détails finaux» n'aient pas encore été ficelés par l'équipe du CIUSSS, M. Tremblay a laissé entendre que la somme consentie à la clinique d'accès granbyenne sera revue à la baisse.

L'ex-dirigeant du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) a mentionné que l'objectif concernant le nombre de visiteurs sera également diminué. «On vise à répondre aux 1300 à 1400 visites annuelles parce qu'on est conscients que c'est un besoin. En ce qui concerne les ressources du réseau de la santé pour répondre à la demande, en terme d'efficience, on peut faire mieux.»

Or, en septembre 2011, 4761 patients étaient sans médecin dans la région (Haute-Yamaska). À ce jour, cette liste compte 8000 personnes. Pour répondre à la demande, la clinique a deux employées à temps plein: une agente administrative puis une infirmière. Selon de récentes données, les omnipraticiens y sont présents en moyenne trois jours par semaine.

Quel constat le CIUSSS dresse-t-il de cette situation? «Les patients sans médecin, c'est un chiffre relativement élevé, a concédé M. Tremblay. À la grandeur du territoire du CIUSSS, on est en train de voir où sont nos difficultés en terme d'accès de première ligne. Pourquoi certaines [régions] ont-elles des taux d'inscription très élevés? Les besoins de la clinique d'accès [de Granby] dépendent aussi des services offerts en salle d'urgence, des groupes de médecins de famille et des cliniques sans rendez-vous. Les gens reçoivent certainement des soins ailleurs [qu'à la clinique d'accès]. Il faut tenir compte de tout ça parce que le modèle actuel n'est pas viable.»

Patients orphelins

Au phénomène des gens sans médecin de famille s'ajoute celui des patients orphelins. Cette réalité fait partie de l'évaluation des services et des effectifs requis pour relancer la clinique d'accès, qui doit voir le jour dans de nouveaux locaux d'ici l'automne, a fait valoir M. Tremblay. «Depuis trois ans, [les départs d'omnipraticiens à la retraite], c'est une situation chronique dans le réseau de la santé. On va regarder quels sont les gestes à poser pour donner un médecin de famille à ceux qui n'en ont pas. Et faire en sorte que ceux qui le perdent soient transférés à un autre collègue sans tomber entre deux chaises, a-t-il imagé. On compte sur tous les leviers pour y arriver, que ce soit via un médecin ou une autre ressource professionnelle.»

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