«Son héritage financier va rester»

«On ne s'attend jamais à perdre un géant... (photo Janick Marois)

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«On ne s'attend jamais à perdre un géant comme lui. Ça m'a beaucoup attristé», a indiqué le militant de longue date du PQ, René Maroi

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Maxime Massé
Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) Les hommages ont fusé de toutes parts, hier, après l'annonce de la mort de l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, qui a rendu l'âme à l'âge de 84 ans.

La région n'y a pas échappé alors que plusieurs personnalités d'ici ont aussi tenu à souligner le bel héritage que laisse au Québec celui que l'on surnommait «Monsieur».

Le Granbyen René Marois, militant au sein du Parti québécois depuis une trentaine d'années, admet avoir ressenti un petit frisson lorsqu'il a appris la triste nouvelle.

«J'ai été très surpris. On ne s'attend jamais à perdre un géant comme lui. Ça m'a beaucoup attristé. C'est un homme qui a fait beaucoup pour le Québec, ne serait-ce qu'avec les structures économiques qu'il a mises en place.»

Ce candidat du PQ en 1998 dans Shefford, qui l'a rencontré à quelques reprises, a parlé de lui comme d'un grand homme d'État doté d'un amour indéfectible pour le Québec.

«Il y a d'abord eu Monsieur Lévesque et il y a eu Monsieur Parizeau. Des personnages comme lui, il n'y en a pas à l'heure actuelle. C'est quelque chose de rare. On attend encore le troisième...», a-t-il laissé tomber.

Il retient de lui sa franchise, mais également sa grande acuité intellectuelle. «Il n'y avait pas d'ambiguïté avec lui, pas de double discours. Je l'ai côtoyé dans quelques congrès et quand quelque chose allait à l'encontre de ses idées, il le faisait toujours savoir en argumentant avec intelligence.»

«On perd un grand penseur qui avait des idées et qui était capable de les défendre. Personne ne peut nier le travail qu'il a fait pour la province, notamment au point de vue de l'économie», a-t-il noté.

Un grand legs économique

C'est en effet le legs économique de M. Parizeau, pourtant d'abord reconnu pour son dévouement envers la cause souverainiste, qui lui a attiré le plus d'éloges.

«C'est un homme qui a amené le Québec dans la modernité. Il laisse un héritage économique très important, que l'on pense au Régime d'épargne-actions ou à la Caisse de dépôt et placement du Québec», a souligné le député de Granby, François Bonnardel.

Le porte-parole de la CAQ en matières de finances a aussi vanté ses efforts visant à faire en sorte que le Québec ait tous les atouts afin de faire sa place sur l'échiquier mondial.

«Il voulait un Québec fier qui pourrait jouer à armes égales avec les autres États. Il souhaitait que les Québécois croient en eux et en leur potentiel», a indiqué M. Bonnardel, qui a salué son soutien au développement de la fibre entrepreneuriale des Québécois.

Pierre Bonin, qui a fondé l'aile du PQ dans Shefford vers la fin des années 1960, abonde dans le même sens. Il précise que ce sont d'abord les injustices économiques que subissaient les Québécois à l'époque qui ont incité M. Parizeau à devenir souverainiste.

Il rappelle qu'il a contribué autant à la nationalisation de l'électricité, en prenant part aux négociations avec la Shawinigan Water and Power Company, qu'à la mise en place de l'émission des Obligations d'épargne du Québec à titre de haut fonctionnaire de l'État sous Jean Lesage.

«Il a été l'un des premiers à briser les chaînes de la dépendance du Québec à l'égard du capital financier canadien. C'est un homme qui avait une pensée très profonde sur le Québec et son évolution», a fait valoir M. Bonin.

Un discours repris par son fils et actuel maire de Granby, Pascal Bonin. «J'ai un immense respect pour M. Parizeau qui a été exceptionnel au niveau des finances publiques. Son héritage financier va rester pendant très longtemps.»

«Un grand bâtisseur»

Pour Pierre Bonin, qui dit avoir eu le plaisir de côtoyer M. Parizeau à quelques occasions, c'est toutefois l'ensemble de son oeuvre qu'il faut garder en mémoire, ce qui inclut, dit-il, son grand amour pour la langue fançaise et sa volonté d'améliorer le sort des Québécois.

«On perd un homme de courage et d'action, un grand bâtisseur du Québec. C'est un gars qui a aidé à mettre sur pied la fonction publique et qui a passé très près de faire l'indépendance en 1995. Ça demeure un homme extraordinaire», conclut-il la voix étouffée par l'émotion.

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