Coupures à l'aide sociale: l'Envolée espère un financement équitable

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Nicolas Bédard, directeur au Centre de traitement de l'alcoolisme et des toxicomanies pour hommes l'Envolée de Granby.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) L'avenir des centres d'intervention en dépendances de la région n'est peut-être pas aussi sombre que laissaient présager les changements annoncés au programme d'aide sociale. Une mesure transitoire implantée le mois dernier pourrait donner un peu d'air aux gestionnaires.

Les changements sont entrés en vigueur le 1er mai dernier et les choses se passent assez bien, affirme Nicolas Bédard, directeur au Centre de traitement de l'alcoolisme et des toxicomanies pour hommes l'Envolée de Granby. «Quand on a su pour les coupures, on s'était préparés.»

N'empêche, depuis que les prestataires hébergés en centre de thérapie reçoivent un chèque de 200$ par mois pour la durée de leur séjour, ils peuvent difficilement absorber les frais d'hébergement et de traitement. L'établissement, lui, reçoit du gouvernement 49$ par jour pour loger, nourrir et soigner chaque pensionnaire. «Ce n'est pas suffisant. À l'Envolée, on a 111 lits et un taux d'occupation de 95%. On aurait besoin de 300 000$ pour les 18 prochains mois», indique M. Bédard.

Ce délai de 18 mois fait partie de la mesure transitoire. «Le Ministère va venir prendre connaissance de nos budgets, voir comment on fonctionne et combien il nous manque [pour la prochaine année et demie]», résume M. Bédard, en rappelant que cette nouvelle mesure a été annoncée il y a environ un mois.

«On ne passera pas à travers si on n'a pas d'aide, mais la mesure transitoire nous permet de respirer un peu.»

Nouveau regroupement

Il y a quelques semaines, 15 centres d'intervention de la province, totalisant près de 1100 places, ont créé le Regroupement des centres pour l'équité de financement. L'Envolée en fait partie. «On s'est regroupés après s'être rendu compte que 35 centres offrant 696 places au total reçoivent plus de 7 millions$ de financement gouvernemental, même si leur taux d'occupation est parfois à 50%», prétend Nicolas Bédard.

Pourquoi certains centres sont-ils financés et d'autres moins? «Les sommes sont allouées régionalement. Nous, on calcule qu'avec ce 7 millions$, on pourrait donner 12$ par jour par lit occupé à tous les centres de la province. Il resterait encore un surplus de 1,5 million$ au gouvernement et on assurerait la survie de tout le monde.»

Cette semaine, M. Bédard et d'autres membres du Regroupement des centres pour l'équité de financement ont rencontré le chef de cabinet du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, et des représentants du Ministère. «Ce qu'on voulait, c'est que le gouvernement nous paie pour les quatre jours par mois (par pensionnaire) où les lits ne sont pas occupés, car ils sont en visite dans leur famille. Comme on voit dans les CHSLD ou les garderies!», mentionne M. Bédard.

«On a réclamé l'équité et la fin de la discrimination envers les toxicomanes. On a eu de bons échanges et reçu une oreille attentive. On espère avoir des nouvelles de leur part la semaine prochaine.»

La prochaine étape «avant les moyens de pression», dit-il, pourrait se traduire par une demande de rencontre avec Lucie Charlebois, la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique.

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