Grève symbolique des pharmaciens

Mario Gaudreau, porte-parole des pharmaciens salariés et des... (photos Janick Marois)

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Mario Gaudreau, porte-parole des pharmaciens salariés et des techniciens du Jean Coutu Julie Coderre de Cowansville.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Des dizaines de pharmaciens de Cowansville, Granby, Waterloo et des municipalités avoisinantes ont tenu une grève symbolique, hier. Ils voulaient ainsi dénoncer les coupes prévues par la loi 28, adoptée sous le bâillon par Québec il y a près d'un mois.

Pancartes à la main, les pharmaciens salariés ainsi que leurs collègues techniciens ont bruyamment fait valoir leur mécontentement de 10 h à 11 h, distribuant des tracts aux passants. Le principal objectif de l'initiative orchestrée simultanément aux quatre coins de la province: sensibiliser la population aux répercussions des compressions annoncées par le gouvernement. «Le public ne comprend pas vraiment les enjeux de la loi 28. Souvent, les gens croient que c'est le salaire des [pharmaciens] propriétaires qui va être touché, explique Mario Gaudreau, pharmacien salarié au Jean Coutu Julie Coderre de Cowansville. En fin de compte, ce sont les clients qui vont vivre avec les impacts.»

Rappelons que le projet de loi «mammouth» du ministre des Finances, Carlos Leitão, prévoit notamment une diminution des honoraires réclamés par les pharmaciens à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) de l'ordre de 177 millions de dollars. Les tarifs des prescriptions d'aînés devront également être réduits. «En moyenne, ça représente des pertes d'environ 100 000$ par établissement. C'est majeur! , clame le porte-parole des employés de la succursale Jean Coutu. On ne peut pas accepter ça sans rien dire. C'est pour ça qu'on fait une action concertée dans la région.»

Durant la manifestation, les services en succursales ont été assurés par des effectifs restreints, indique M. Gaudreau. «On ne veut pas pénaliser la population, dit-il, mais on espère se faire entendre.» L'ensemble des participants du mouvement contestataire devait ensuite se diriger vers le bureau de circonscription du ministre de l'Agriculture et responsable de l'Estrie, Pierre Paradis, situé rue du Sud à Cowansville.

Incertitude

Salamicha Poirier, une collègue de Mario Gaudreau, fait valoir que plusieurs employés sont actuellement sur la corde raide. «Il n'y a personne qui peut fonctionner à perte avec un commerce. C'est la même chose en pharmacie. Avec les coupures annoncées, certains employés se sont déjà fait couper des heures. Il n'y a pas encore eu de pertes d'emplois, mais ça pourrait venir. Sans compter les heures d'ouverture qui pourraient diminuer. C'est le service direct à la population qui va être réduit», réitère la pharmacienne salariée.

De son côté, Mario Gaudreau estime que le ministre de la Santé fait la sourde oreille aux arguments de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). «Gaétan Barrette semble oublier tous les services que nous donnons aux patients. En fait, nous sommes en première ligne dans le réseau de la santé. Il y a aussi le projet de loi 41. Pour l'instant, il est sur la tablette, mais on pourrait nous demander d'en faire encore plus, avec moins. On ne peut pas accepter que les gens paient pour les mauvaises décisions du gouvernement», poursuit M. Gaudreau.

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