Le monarque proclamé «trésor national» ?

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Le papillon monarque pourrait-il être reconnu comme «trésor national» au Canada, aux États-Unis, voire au Mexique? C'est la demande qu'a adressée le président-directeur général d'Encore 3, François Simard, aux dirigeants des trois pays.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Le papillon monarque pourrait-il devenir un «trésor national» au Canada, aux États-Unis et au Mexique? C'est la demande qu'a logée François Simard, président-directeur général d'Encore 3, un spin-off de l'entreprise granbyenne Protec-Style. 

M. Simard a récemment écrit (voir la lettre en page 10) aux dirigeants des trois pays, Stephen Harper, Barack Obama et Enrique Peña Nieto, pour leur adresser cette demande.

«De l'innovation, on en fait tous azimuts. Pourquoi ne pas y aller avec une demande politique de faire d'un insecte un trésor national? Ça serait aussi une innovation si plus d'un pays avait le même trésor national», a déclaré François Simard hier à La Voix de l'Est.

Le Canada a déjà le castor comme emblème officiel et les État-Unis, l'aigle à tête blanche. Pourquoi pas le papillon monarque qui a ses habitudes dans les trois pays?

M. Simard fait valoir qu'Encore 3 est vouée à l'exploitation industrielle de l'asclépiade, cette plante qui contribue à la survie du papillon orange et noir, car il s'en nourrit et s'y reproduit. Comme les populations de monarques sont en déclin, Encore 3 affirme ainsi participer au regain de l'insecte migrateur, dont la route migratoire s'étire sur des milliers de kilomètres entre les trois pays.

M. Simard précise que la demande qu'il a formulée aux gouvernements d'Amérique du Nord s'inscrit dans une perspective à long terme. «Nous ne sommes pas assurés d'avoir un retour ou même un acquiescement de la part des gouvernements. Mais l'exercice de la demande nous permet de faire connaître notre entreprise et notre modèle d'affaires qui repose sur l'asclépiade. Notre activité est favorable à l'environnement», affirme-t-il.

Pour l'heure, l'asclépiade a prouvé ses propriétés d'isolation dans les textiles et d'absorbant pétrolier.

Hors Québec

Encore 3 souhaite de cette façon faciliter son implantation hors Québec, fait savoir M. Simard. «Nos ambitions traverseront les frontières parce que nous aurons besoin d'approvisionnement. Pourquoi ne pas préparer le terrain?», relève-t-il.

À l'extérieur du Québec, le potentiel de l'asclépiade demeurerait méconnu. «C'est encore considéré comme une mauvaise herbe», laisse tomber François Simard.

Dans la Belle Province, la culture de cette plante gagne en popularité. «Il n'y a pas si longtemps, en 2011-2012, quand on a commencé à parler de la culture d'asclépiade, les gens disaient: on ne fera pas pousser de la mauvaise herbe. On a réussi à passer cette barrière-là. Aujourd'hui, les gens se mettent en file à la coopérative (Monark) pour en faire pousser», relève le grand patron d'Encore 3.

Cet été, outre la Mauricie, où la coopérative d'agriculteurs a été fondée, l'asclépiade sera cultivée dans la région de Compton dans les Cantons-de-l'Est, de L'Isle-Verte dans le Bas-Saint-Laurent, de même qu'en Beauce. Des producteurs de Brome-Missisquoi ont également manifesté de l'intérêt pour cette plante, mais la disponibilité limitée des semences fait en sorte qu'ils devront attendre jusqu'à l'an prochain, affirme François Simard.

«Notre ambition l'an prochain, c'est d'ensemencer 2000 hectares. Ça commence à être de la grande surface», reprend M. Simard, tout en précisant viser, à terme, avoir une «production d'asclépiade tout au long de la route migratoire du papillon monarque». 

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