Des pertes dans les vignobles

Francis Lavoie, propriétaire du Domaine de Lavoie, à... (photo Catherine Trudeau)

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Francis Lavoie, propriétaire du Domaine de Lavoie, à Rougemont, a loué un hélicoptère pour créer un mouvement de convection et ramener l'air chaud vers le sol, dans la nuit de vendredi à samedi.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) La nuit de vendredi à samedi a été longue et pénible pour les vignerons de la région. Le mercure est descendu sous le point de congélation à bien des endroits, mettant en péril la production du précieux raisin.

Un gel plutôt spécial s'est abattu sur la région, selon quatre vignerons interrogés par La Voix de l'Est. Il s'agissait d'une gelée noire, alors que l'on connaît habituellement des gelées blanches au printemps. La gelée blanche arrive avec la rosée et peut être contrée par un mouvement de convection créé par des tours à vent ou un hélicoptère. Cette fois, le froid est arrivé en force et plus tôt.

«C'est une drôle de nuit au niveau du froid, a commenté Francis Lavoie, propriétaire du Domaine de Lavoie à Rougemont, au lendemain du gel. Déjà, à 1 h, il faisait zéro. Avec ce qu'ils annonçaient, ça aurait dû être 2 °C jusqu'à 4 heures.»

À Dunham, le thermomètre de L'Orpailleur est descendu à -1 °C. Même chose au vignoble La Grenouille, à Cowansville. Et à Sutton, la température a atteint un point critique de -4 °C.

«C'est rentré assez vite. À peu près à 21 h, il faisait 4, et à 22 h 30-23 h c'était à zéro. C'était vraiment bizarre, c'était un drôle de gel. On était prêts pareil, on avait à peu près 60 barils éparpillés, on a passé 15 cordes de bois (pour faire des feux), explique Richard Bresee, propriétaire du domaine qui porte le nom de sa famille. Au sol, ça a gelé. Mais ce qui était plus haut qu'un pied et demi a passé à travers. Une chance.»

15% de pertes

«J'ai des vignes qui ne sont pas protégées qui ont gelé complètement. Ce n'est pas merveilleux, commente Daniel L'Heureux, copropriétaire du vignoble La Grenouille. J'ai 300 plants devant le bâtiment pour les clients. Ces branches-là n'ont pas survécu. Des bourgeons secondaires vont sortir. Pour ceux-là, ce sont des raisins de démonstration, ce n'est pas catastrophique pour moi. Dans le champ, il va falloir évaluer dans les prochains jours pour voir si ça décolle.»

Les prochains jours seront cruciaux. Les vignerons attendent avec impatience de connaître la véritable étendue des dommages. La chaleur des dernières semaines avait fait sortir les bourgeons et les grappes de bois jaunes étaient déjà prêtes, explique M. Lavoie.

«De base, on parle de 10-15% de pertes, constate ce dernier. Mais ça se pourrait que ça ne soit pas tout à fait ça. On va pouvoir vous le dire dans deux semaines.»

Au Domaine Bresee, le constat est sensiblement le même. Le propriétaire croit avoir perdu 15 à 20% de ses vignes. «Je vais peut-être perdre 6000 bouteilles. Sur le moment, on est toujours déçu de perdre quelque chose, mais ce que j'ai perdu, c'est la repousse au pied. Mon tronc plus haut est correct. C'était comme un extra au cas où. On va quand même sortir 25 000 bouteilles. On partait une grosse récolte cette année.»

Le propriétaire du vignoble de L'Orpailleur, Charles-Henri de Coussergues, s'en sort à bon compte. «Je n'ai pas eu de dommages. On s'en est bien sortis, mais on a eu peur. C'était limite. Heureusement, on est passé à travers.»

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