Le transport ferroviaire pourrait reprendre à Bedford

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La Central Maine & Quebec Railway, qui a acheté les actifs de la Montreal, Maine & Atlantic Railway l'année dernière, dit avoir investi huit millions de dollars dans son réseau ferroviaire au Québec en 2014, notamment dans le secteur de Sutton. L'entreprise prévoit investir six millions cette année.

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Michel Laliberté
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bedford) L'activité ferroviaire n'a pas été abandonnée sur la ligne entre Bedford et Farnham. La Central Maine&Quebec Railway sonde des entreprises de la région de Bedford pour connaître leur intérêt quant à la reprise du service de transport par train sur la ligne Stanbridge.

«Nous sommes en discussion avec des entreprises et d'anciens clients. On veut leur proposer des solutions de transport», explique Ryan Ratledge, directeur de l'exploitation de la Central Maine&Quebec Railway, l'entreprise américaine qui a acheté en juillet 2014 les actifs de la Montreal, Maine&Atlantic Railway un an après la tragédie de Lac-Mégantic.

Parmi ces entreprises, on note le producteur de chaux Graymont. «Ils ont communiqué avec nous. Ça nous intéresse. On pense au développement à long terme de nos marchés et le train peut nous aider à les atteindre», explique Sébastien Villeneuve, directeur de l'usine. «C'est un bon moyen de transport. Il est efficace, environnemental (faibles impacts) et ça nous permettrait de réduire nos coûts.»

Jusqu'en 2013, Graymont utilisait le train pour transporter une importante partie de sa production vers les États-Unis et vers le Nouveau-Brunswick. Chaque semaine, de 12 à 15 wagons contenant chacun 100 tonnes de chaux quittaient sa petite cour de triage. La faillite de la MMA et l'état de délabrement avancé de la ligne Stanbridge, ralliant Bedford à Farnham (12,57 kilomètres), l'ont cependant forcée à revoir ses activités de transport.

Depuis ce temps, les produits de Graymont sont transportés par camion. L'impossibilité de recourir au train fait que Graymont doit débourser entre 300 000$ et 400 000$ de plus par année pour envoyer des camions vers le Nouveau-Brunswick, a dit M. Villeneuve.

Signe de son fort intérêt pour la ligne Stanbridge, la direction de Graymont considérerait participer financièrement à sa mise au niveau, a dit M. Villeneuve. En retour d'un tarif préférentiel pour l'utiliser, a-t-il ajouté.

Depuis l'acquisition de la MMA, la Central Maine&Quebec Railway a investi huit millions de dollars pour retaper son réseau au Québec, notamment en changeant des dormants sur la ligne qui passe par Sutton, signale M. Ratledge. La compagnie prévoit dépenser six millions de dollars cette année pour moderniser des traverses. «Nous voulons investir dans nos lignes pour bien desservir nos clients», a indiqué M. Ratledge en entrevue à La Voix de l'Est. «Nous sommes conscients que nous avons du travail à faire.»

Ligne à développer

La ligne Stanbridge a un fort potentiel, estime le conseiller industriel du CLD Brome-Missisquoi, Benoit Lévesque. Et la présence de Graymont, qui produit également du calcaire, est la bougie d'allumage, croit-il. «Il y a un grand potentiel de deuxième transformation pour le calcaire. On peut l'utiliser dans la production de papier et de peinture de toute», soutient-il.

Des investisseurs se sont informés auprès du CLD de terrains disponibles près de l'usine Graymont, a dit M. Lévesque. «Le gisement de calcaire est tellement pur que ça intéresse des entreprises. Elles veulent se rapprocher de la ressource.»

L'équipe du CLD veut rencontrer les dirigeants de la CMQR cet été pour discuter du développement industriel de la région de Bedford et des occasions d'affaires suscitées. «Ils ne sont pas au courant de tout le potentiel d'affaires dans le secteur, des entreprises qui vont avoir besoin du train. On veut travailler avec eux», a dit M. Lévesque.

Avant la tragédie de Lac-Mégantic, une douzaine d'entreprises de la MRC Brome-Missisquoi utilisaient les trains de la MMA pour transporter leurs produits. Une dizaine d'entre elles continue de le faire avec la CMQR, souligne M. Lévesque. Le conseiller industriel est convaincu que cette offre ferroviaire finira par intéresser d'autres entreprises à recourir au transport par train.

Des sites industriels de grande valeur et desservis par des voies ferroviaires sont disponibles, note M. Lévesque. Il mentionne les anciennes usines Beaulieu Canada et Collins et Aikmen à Farnham et Consoltex à Cowansville. Des agences immobilières spécialisées se seraient informées de ces sites, a-t-il dit. «On ne peut pas être desservi par train partout pour recevoir des matières premières pour sa production. C'est un atout important à exploiter.»

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