Le nouveau procès de Werner Kyling contesté

Werner Kyling, 72 ans, se défend seul.... (photo La Voix de l'Est)

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Werner Kyling, 72 ans, se défend seul.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) L'État doit abandonner les poursuites contre les cinq derniers accusés du projet Cure au nom du simple bon sens financier, plaide la défense.

Me Thomas Walsh allègue que l'investissement de dizaines de millions de dollars dans cette traque d'un présumé réseau de production et de vente de marijuana, mis au jour en 2005 dans la région de Bedford, était exagéré et qu'un nouveau procès ne ferait qu'engloutir plus d'argent.

«C'est comme tuer une souris en faisant semblant que c'est un dragon», a déclaré l'avocat en entrevue, hier, alors que débutaient les audiences sur la requête en annulation de procès pour délais déraisonnables qu'il a déposée.

«En avons-nous pour notre argent? , a-t-il demandé. Je crois que l'expression "assez dépensé" n'est pas assez forte. Ça ne vaut pas le prix que le public a payé.»

Production réduite

Me Walsh - qui représente Brian Bordo, Martin Castilloux, Martin Clohosy et Gilles Couture, tandis que le chef allégué du réseau, Werner Kyling, 72 ans, se défend seul - n'en démord pas: ce qu'on reproche aux accusés est loin de la réalité. Leur production a toujours été réduite.

Alors pourquoi ont-ils été condamnés à huit ans de prison (sauf M. Clohosy) au terme d'un premier procès en 2011? Plusieurs irrégularités sont survenues lors de ce procès, a répondu Me Walsh. Il a d'ailleurs été annulé en Cour d'appel, en 2013, parce que le jury sélectionné n'était pas assez bilingue.

Les tonnes de marijuana alléguées, le vaste réseau actif des deux côtés de la frontière «c'est ce que le public s'est fait raconter», a dit Me Thomas Walsh. Alors pourquoi tant d'acharnement des autorités? «Y'en a pour qui les mégaprocès sont une clé vers une carrière, a laissé tomber l'avocat. C'est aussi une histoire de vengeance et vous le savez.»

«Juste et humain»

Quoi qu'il en soit, les procédures se poursuivent contre les accusés. Le juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, a entendu hier les déclarations préliminaires des avocats au sujet de la requête. Me Walsh en a remis sur la question des coûts, soulignant qu'un nouveau procès minerait la confiance du public envers le système de justice.

Le magistrat n'a pas semblé chaud à ces arguments. «Je n'ai pas besoin d'être convaincu qu'un nouveau procès serait coûteux, a-t-il dit. Mais je ne préside pas une commission d'enquête. La seule préoccupation de la société est que les accusés subissent un procès juste et humain.»

En début de journée, les accusés ont renoncé à leur droit que tous les échanges soient traduits simultanément. Une interprète reste cependant sur place durant toutes les audiences, au besoin. D'autres requêtes sont au menu de Me Walsh, dont une pour écarter la preuve d'écoute électronique et une autre, possiblement, pour abus de procédure.

Me Robert Rouleau, Me Keith Riti et Me Vicky Pilote-Henry occupent pour la Couronne. Selon le juge Cournoyer, un éventuel nouveau procès pour gangstérisme, complot, production et trafic de marijuana n'aura pas lieu avant «trois ou cinq ans».

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