Quand la fiction frôle la réalité

Un scénario ô combien réaliste est présenté à... (- Photo Alain Dion)

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Un scénario ô combien réaliste est présenté à 3000 élèves du secondaire ces jours-ci à Cowansville. Ils sont sensibilisés aux dangers de la conduite avec les capacités affaiblies par la drogue et l'alcool, de la vitesse au volant et du non-port de la ceinture de sécurité. Des comportements qui entraînent de fâcheuses et irréparables conséquences.

- Photo Alain Dion

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Cowansville) Maxime rentrait chez lui après avoir fait la fête. Alcool et drogue étaient au programme de sa soirée, qui s'est terminée par une grave collision. Il a tué une des passagères du véhicule dans lequel il a foncé, en plus de blesser grièvement le conducteur et l'autre passagère. Les policiers l'arrêtent.

Cette scène montée de toutes pièces est présentée ces jours-ci à 3000 étudiants de 4e et 5e secondaire de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi. À l'approche des bals de finissants et des fêtes qui s'en suivent, les policiers de la Sûreté du Québec et du Service de police de Granby souhaitent sensibiliser les jeunes.

«On a voulu leur démontrer les conséquences d'une conduite avec les capacités affaiblies, que ce soit par l'alcool ou la drogue. Le meilleur moyen de parler aux jeunes est d'aller chercher leurs émotions et leur curiosité», indique le policier Hugo Lizotte, de la SQ dans Brome-Missisquoi.

Un scénario réaliste

Leur but a été atteint. Le scénario était plus vrai que nature.

Une jeune femme en pleurs et paniquée compose le 911 pour réclamer l'aide des secouristes à la suite d'une collision. Les étudiants assis dans les gradins sont attentifs et ne quittent pas des yeux le centre de glace de l'aréna de Cowansville, où l'action se déroule.

Le conducteur responsable de l'accident et sa passagère constatent avec stupeur que l'irréparable vient d'être commis. Une jeune femme git au sol, inconsciente. Elle a été éjectée de la voiture parce qu'elle ne portait pas sa ceinture de sécurité. Le conducteur repose inconscient derrière le volant. L'autre passagère hurle de douleur.

Policiers, premiers répondants, pompiers et paramédicaux entrent en scène. Des manoeuvres de réanimation sont pratiquées sur la victime au sol. Les pompiers utilisent les pinces de désincarcération pour extirper ses deux amis coincés dans la voiture et gravement blessés.

Les policiers interrogent le conducteur fautif, soumis à la mesure zéro alcool, qu'ils soupçonnent d'avoir pris le volant après avoir consommé. Maxime (nom fictif) doit fournir un échantillon d'haleine. Un agent évaluateur, le policier Jean-François Laurin, le soumet à l'épreuve de coordination de mouvements.

Les policiers l'arrêtent. On lui lit ses droits. Les agents découvrent un joint de cannabis dans ses poches. Il est amené au poste. Il sera accusé de conduite dangereuse et de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort.

Les manoeuvres de réanimation sont réalisées sur la femme de 18 ans. Ses amis sont pris en charge par les paramédicaux. L'action se termine sur les écrans géants où on voit les professionnels de la santé au travail.

«C'est le sanctuaire des invincibles en réanimation», dit l'urgentologue Jean Dion, qui a soigné bon nombre de jeunes conducteurs impliqués dans des accidents causés par la drogue, l'alcool, la vitesse et la fatigue.

Les policiers se rendent chez les parents de la victime leur annoncer la triste nouvelle.

«Ce que vous avez vu est une simulation, mais nous on vit dans la vraie vie. J'ai vu une trentaine d'accidents mortels en 20 ans. L'insouciance brise des vies, brise des familles», confie Hugo Brière, du Service des incendies de Lac-Brome qui participait à l'événement.

Susciter la réflexion

Les jeunes, qui ont retenu leur souffle à plusieurs reprises, ont également eu droit à un message vidéo de l'humoriste Maxime Martin, qui les invite à réfléchir avant de commettre l'irréparable. «Sois intelligent et garde ta tête sur tes épaules, dit-il. Il faut que tu penses aux autres avant de penser à toi.»

L'activité, qui captive les étudiants année après année, est organisée depuis 2007. Aucun accident impliquant des jeunes à la suite des après-bals n'a été rapporté sur le territoire de la SQ dans Brome-Missisquoi depuis. Devant une telle réussite, les policiers de Granby se sont joints à ceux de la SQ cette année et participent à la simulation qui se déroule sur deux jours plutôt qu'un seul.

«Le but était de sensibiliser le plus grand nombre de jeunes possible. Tous les jeunes de la commission scolaire (Val-des-Cerfs) et ceux des deux écoles privées de Granby étaient invités cette année, explique la policière Caroline Garand. On sait d'emblée que pour les sensibiliser à un sujet important comme ça, il faut susciter des émotions, il faut les faire réfléchir et je pense que c'était une bonne façon de faire.»

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