Chevaux à la rescousse d'élèves en difficulté

L' assistante-monitrice Annabelle Boissonneault.  L'adolescente était aux prises... (photo Alain Dion)

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L' assistante-monitrice Annabelle Boissonneault.  L'adolescente était aux prises avec plusieurs difficultés quand elle a commencé à s'impliquer au centre équestre. C'est ce qui l'a raccrochée aux études.

photo Alain Dion

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) D'ordinaire, ils ne sourient pas et s'appliquent peu. Mais les élèves Anthony, Audrey, Erica et Jérémi ont accompli toutes leurs tâches avec joie, hier. Le fait qu'ils tenaient un cheval en bride y est pour quelque chose.

Ces quatre élèves en difficulté de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc (JHL), à Granby, passent un avant-midi par semaine au centre équestre La Chevalerie, à Saint-Paul-d'Abbotsford. Depuis un mois et demi, chaque mardi, ils brossent, sanglent, sellent, brident et montent le cheval qui leur est attitré.

Une série de gestes d'apparence banale, mais qui ont eu un impact considérable sur le quotidien de ces adolescents éprouvés par les échecs scolaires, les problèmes de comportement, la maladie, le deuil ou la toxicomanie.

«Ça a eu un effet sur tous les jeunes, indique Chantal Doyon, instigatrice de l'activité «Quand les chevaux s'en mêlent» et éducatrice en prévention des toxicomanies. Ils sont plus souriants et leur persévérance s'est améliorée.»

À leur arrivée, ils préparent les bêtes, leur donnent des becs... «C'est impressionnant, dit Éric Archambault, du Service d'animation spirituelle et d'engagement communautaire de JHL. Ils deviennent très réceptifs et ça les responsabilise, aussi.»

Motivation

Chacun a son histoire. Érica a perdu quelqu'un de proche. Jérémi est très introverti. Anthony et Audrey avaient de la difficulté en classe. Tous peinaient à trouver la motivation pour rester à l'école. L'idée de Mme Doyon est venue changer la donne.

«Ça me motive à aller à l'école, dit Érica, 15 ans, une blonde avec du caractère. Ça fait du bien, ça décompresse. Ça m'aide aussi à me concentrer à l'école; je me sens moins agressive. Je suis quelqu'un qui a besoin de bouger!»

Entre deux stalles, Anthony dit avoir affiné son estime de soi. «Depuis que je viens ici, j'ai eu de meilleures notes et j'ai plus confiance de réussir, dit l'adolescent ténébreux de 15 ans. On s'amuse toujours avec les chevaux.»

Comment ça fonctionne? Hormis le plaisir de prendre soin d'un animal, Chantal Doyon explique que le cheval «ramène les gens à l'essentiel». «Il est "groundé", dit l'éducatrice. Un lien spécial se fait entre l'élève et lui. C'est unique. Quand on est nerveux, le cheval est nerveux. Quand on s'endort, le cheval s'endort...»

La rumeur veut qu'Anthony ait expérimenté, par effet miroir, la somnolence équine. Depuis, il a promis de ne plus se coucher tard les veilles d'ateliers à La Chevalerie.

Muse

«Quand les chevaux s'en mêlent», qui en est à sa deuxième année, cherche des fonds pour revenir l'an prochain avec quatre nouveaux élèves. Mme Doyon rencontrera le député de Granby François Bonnardel à ce sujet, la semaine prochaine, en compagnie de sa «muse», Annabelle Boissonneault.

Originaire de La Prairie, sur la Rive-Sud, l'adolescente était aux prises avec plusieurs difficultés quand elle a commencé à s'impliquer au centre équestre. C'est ce qui l'a raccrochée aux études.

«Au début, c'était juste une passion, dit la jeune femme de 16 ans. On crée un lien avec l'animal, et il devient un peu comme notre enfant. On s'en occupe et on ne peut s'empêcher de revenir le voir.»

Son dévouement a été si grand qu'elle est devenue bénévole, puis employée à La Chevalerie. C'est même elle qui a fourni une partie de l'argent nécessaire pour que l'activité voie le jour cette année. Une façon pour elle de «donner au suivant».

En compagnie de la monitrice Ginette Maurice, c'est aujourd'hui elle qui assiste les élèves sélectionnés pour participer à cette forme d'équithérapie. Aussi à l'aise au manège que dans les sentiers, elle vise à parfaire sa formation de cavalière et envisage une formation en agroalimentation.

«Voir les yeux qui pétillent chez les élèves, c'est ça, notre plus beau cadeau», dit Mme Maurice.

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