Printemps meurtriers: la phrase qui tue

Amélie Boivin Handfield a dirigé par ses questions... (Photo Julie Catudal)

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Amélie Boivin Handfield a dirigé par ses questions les auteurs Laurent Chabin, Martine Latulippe et Hervé Gagnon durant le Rendez-vous coupable portant sur la phrase qui tue.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Knowlton) À chacun a son style, à chacun ses méthodes. Une quinzaine d'auteurs habitués à plonger leurs lecteurs dans l'univers sombre et intrigant du roman policier sont venus ce week-end parler d'eux, de leurs personnages et de leur travail.

Les Printemps meurtriers, un festival international de littérature policière qui se déroule depuis quatre ans dans le village de Knowlton, a offert à plus d'un millier d'amateurs du genre des ateliers et rendez-vous avec des auteurs. Amélie Boivin-Handfield dirigeait par ses questions les auteurs Laurent Chabin (Quand j'avais cinq ans je l'ai tué!), Hervé Gagnon (Jeremiah) et Martine Latulippe (auteure jeunesse qui a aussi signé le recueil de nouvelles Les faits divers n'existent pas), durant le Rendez-vous coupable portant sur la phrase qui tue.

Ils ont discuté une heure durant de la composition d'une phrase qui va capter l'attention de celui qui lit.

Laurent Chabin travaille et retravaille autant la première phrase d'un chapitre que la dernière. Il choisira des phrases plus courtes, tandis qu'Hervé Gagnon optera pour des phrases plus longues, mais tout aussi bien construites.

«J'aime que la dernière phrase d'un chapitre t'oblige à passer au prochain», a-t-il dit devant l'assemblée. Le plus beau compliment qu'un auteur puisse recevoir? Se faire dire par un lecteur qu'il l'a empêché de dormir...

 Martine Latulippe, qui écrit des nouvelles littéraires, aime quant à elle par-dessus tout surprendre. Pour que le texte coule, elle le retravaille et enlève le superflu, «comme un sculpteur qui en enlève pour arriver à ce qu'il veut.»

Certaines phrases ont-elles été difficiles à écrire?

Oui, répond Hervé Gagnon. Il y a même une demi-page complète qu'il n'a jamais voulu relire et qui décrit un viol collectif. Il a envoyé l'extrait à des proches et des collègues pour qu'ils le retravaillent, mais ne l'a jamais relu à ce jour. «Chaque mot me fait peur. Chaque mot me fait des sueurs froides. Les mots sont sortis malgré moi.»

D'un tempérament heureux, Laurent Chabin a fait dans l'humour tout au long du rendez-vous coupable, tout en s'ouvrant aux lecteurs. À la question précédente, il a simplement répondu: «Je fais des phrases comme je fais pipi. C'est souvent, mais c'est sans douleur.» Une réplique qui a aussitôt déclenché l'hilarité générale.

Et, oui, il y a des phrases qu'ils ont regrettées. Même un roman entier, dans le cas d'Hervé Gagnon! Quand la maison d'édition qui l'a publié a fermé ses portes, l'auteur a récupéré ses droits, retranché 45 pages...

«Et c'est toujours mauvais!»

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