Sentence d'Andrew Davidson: les proches de la victime scandalisés

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Andrew Davidson (à droite) à son arrivée au palais de justice en compagnie de son père Michael.

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) «Vous voulez un commentaire? Je vais vous en donner un. Ce n'est pas correct. C'est une honte!»

Comme plusieurs membres de la famille d'Arthur Charby, sa soeur Penny est sortie en larmes et en colère de la salle d'audience du palais de justice de Granby, hier. «Mon frère est en terre et lui [Andrew Davidson] n'a que deux ans de prison», s'est-elle indignée dans la langue de Shakespeare.

Sa mère, Heather Holmes Charby, était tout aussi choquée. «Il a tué mon fils. Ils ont gagné, a dit la dame de Lac-Brome en évoquant la défense. La loi est folle.» Cinq ou sept ans de prison, comme l'avait demandé la Couronne, auraient été acceptables selon elles.

Tempérament

Le juge Érick Vanchestein a condamné Andrew Davidson, un élagueur et aide fermier de 36 ans, à deux ans de prison moins un jour pour homicide involontaire. Une sentence assortie d'une probation de trois ans et de 200 heures de travaux communautaires. L'accusé a pris le chemin des cellules, l'air contrit.

Domicilié à Austin, en Estrie, il a reconnu avoir tué Arthur Charby le 3 octobre 2012, à Lac-Brome, en roulant sur lui à deux reprises avec son camion de type pick-up. La victime a succombé à un polytraumatisme contondant.

Après son geste, M. Davidson a traîné le corps dans un fossé avant de repartir à pied. Éméchés, les deux hommes s'étaient chamaillés à la sortir du bar Johnny C's, rue Lakeside. Connu pour son tempérament teigneux, M. Charby s'était mis à frapper sur le camion de l'accusé alors que celui-ci cherchait à partir.

Suggestions

Aux antipodes de la Couronne, la défense avait réclamé 90 jours de détention à purger de façon discontinue et 240 heures de travaux communautaires. Le juge a qualifié cette suggestion de «trop basse» et celle du ministère public de «déraisonnable».

Il a souligné que M. Davidson n'avait pas d'antécédent judiciaire, qu'il avait bien collaboré avec la justice - il a plaidé coupable en juin 2014, évitant la tenue d'un procès - et qu'il ne représentait pas une menace pour la société.

Au soutien de sa décision, le magistrat a cité plusieurs jurisprudences et mentionné que le crime de l'accusé se rapprochait davantage de la négligence criminelle que de l'homicide involontaire.

«Il n'y a pas de circonstance aggravante hormis l'infraction elle-même», a-t-il dit, ajoutant que l'accusé était «une personne honorable», «un bon travailleur» père de trois enfants et qu'il avait arrêté de boire. Son alcoolisme passé est aussi à prendre en considération.

M. Davidson ne se souvient pas pourquoi il a roulé sur sa victime; sa famille n'a pas non plus fourni d'explication, le décrivant plutôt comme placide et respectueux.

Empathie

En cour, l'accusé a exprimé des regrets et indiqué qu'il «pense chaque jour à cette nuit-là». «Il devra vivre toute sa vie avec le stigmate d'avoir enlevé une vie, a dit le juge Érick Vanchestein. C'est une situation très triste pour les deux familles.»

Les proches d'Arthur Charby se croient cependant lésés. «Je ne reverrai plus jamais mon frère, mais lui [l'accusé], il va revoir sa famille», a laissé tomber Penny Charby.

Ni Me Karyne Goulet, de la Couronne, ni Me Alexandre Caissie, à la défense, ne se sont adressés aux médias. La famille d'Andrew Davidson a aussi décliné les demandes d'entrevue.

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